Psycho et bien-être On sait que l’on vit une époque où l’apparence a son importance et où il fait bon paraître jeune. Mais saviez-vous que les actes esthétiques, chirurgicaux ou non, ont de plus en plus de succès en Belgique ? Tendances Laurence Dardenne

Qu’il s’agisse d’actes chirurgicaux, ou non, les interventions esthétiques ont le vent en poupe. Dans le monde, les Etats-Unis arrivant en tête, devant le Brésil, suivi du Japon, qui précède l’Italie, le Mexique, la Russie, l’Inde, la Turquie, l’Allemagne et la France. Mais aussi en Belgique où, en moyenne, 770 interventions esthétiques sont effectuées chaque jour (ouvrable), soit un total de 195 665 actes réalisés en 2016.

Toutes interventions confondues, chirurgicales et non chirurgicales, on enregistre une augmentation globale de 9 % par rapport à l’an dernier, selon le dernier rapport de la Société internationale de chirurgie esthétique (ISAPS). Les opérations esthétiques les plus populaires demeurent l’augmentation mammaire, devant la liposuccion, la chirurgie des paupières, la rhinoplastie (correction du nez) et l’abdominoplastie. Cependant, celles qui ont connu la plus forte croissance sont la labiaplastie (réduction des petites lèvres au niveau de la vulve chez la femme) (+45 %), devant le lifting (réduction de volume) des membres inférieurs (29 %), suivi de celui du haut du corps (au niveau du ventre), de l’augmentation mammaire et du lifting des fesses. En Belgique, avec 18 000 interventions réalisées l’an dernier, c’est la correction des paupières qui est le plus pratiquée.

Rayon non chirurgical : laser et injections

A côté de la chirurgie plastique, la médecine esthétique semble, elle aussi, avoir de beaux jours devant elle. Le 18 novembre prochain se tiendra d’ailleurs dans notre capitale le 4e Brussels Dermato-Esthetic Symposium, à l’initiative du Pr Jan Gutermuth, chef du service de dermatologie à l’UZ Brussel. Ce sera l’occasion de découvrir les dernières nouveautés en matière de traitements au laser, injections de toxine botulique et autres techniques visant à améliorer l’aspect esthétique. Par rapport aux chirurgiens plasticiens, qui réalisent notamment les liposuccions ou liftings du visage, "les dermatologues et les médecins esthétiques vont traiter l’aspect de la peau comme les rides en injectant par exemple de la toxine botulique, mais ils peuvent aussi changer la morphologie du visage sans intervention chirurgicale", nous explique le Dr Samira Baharlou, chef de clinique, dermatologue et responsable de l’Unité esthétique, laser et traitement lumière à l’Universiteit Ziekenhuis Brussel.

En ce qui concerne les nouveautés, "nous utilisons bien sûr déjà les produits de comblement, le laser, les traitements avec la lumière, la radiofréquence pour tendre la peau relâchée, la dermo-cosmétique, la cryolipolyse pour faire fondre la graisse sur le ventre, les bras, les cuisses, le menton…, poursuit la spécialiste, mais disons que la nouveauté réside davantage dans les meilleures performances des appareils et des produits, ainsi que dans la combinaison de plusieurs traitements, plus ciblés mais aussi moins agressifs et moins invasifs. Grâce à cela, aujourd’hui, on arrive à obtenir des résultats assez rapides, et souvent réversibles, donc à renouveler, tout en diminuant les effets secondaires des post-traitements. La gestion des complications éventuelles est très importante car le patient qui vient nous consulter se présente en bonne santé, en principe, et l’acte esthétique constitue un plus qu’on lui apporte. Il s’agit donc de prendre toutes les précautions qui s’imposent".

Les fils tenseurs, la grande mode

Une tendance aujourd’hui très en vogue est l’insertion de fils tenseurs sous la peau du visage. Résorbables, ces fils ont un effet lifting d’une durée d’environ un an. "Il s’agit d’un acte minimal invasif car on ne fait que de toutes petites ponctions dans la peau", souligne la dermatologue. "Après quelques semaines, on peut même réaliser des injections de produits de comblement." L’opération la plus courante ? "Dans ma pratique, le premier motif de consultation est la ride du lion, entre les deux sourcils, un petit acte par lequel les patients(e) s font généralement connaissance avec la médecine esthétique. Puis viennent les pattes d’oie, le front et les rides autour des lèvres…" Vous savez, ce disgracieux code-barres qui, à un certain âge, se dessine entre la bouche et le nez…



Des cheveux transplantés, quasi un par un

La chute chronique de cheveux ou alopécie androgénétique (AAG) est la chute de cheveux la plus fréquente. Entre 35 et 45 ans, une femme sur quatre en est atteinte. A 50 ans, ce pourcentage se situe entre 35 et 45 % alors qu’un homme sur deux de cet âge-là est touché. Quand les lotions (de type Minoxidil) ne fonctionnent plus, ils et elles sont de plus en plus nombreux et nombreuses à penser aussitôt "greffe de cheveux". D’un million d’interventions avec la technique FUE (Follicular Unit Extraction) dans le monde en 2015, on devrait passer à 1,8 million en 2017 !

Par rapport à la chirurgie par bandelette, la méthode FUE consiste, comme son nom l’indique, à prélever généralement à l’arrière de la tête des unités folliculaires, micro-greffons de 1 à 4 cheveux qui seront aussitôt réimplantés aux endroits clairsemés. "Ces interventions peu douloureuses peuvent se faire de septembre à juin", explique le Dr Frédéric Menu, chirurgien français au DermoMedical Center, spécialiste de la greffe de cheveux. "Le patient peut se faire un shampooing dès le lendemain et la cicatrisation, car il y a bien une cicatrice, se fera en une semaine. Cela dit, la cicatrice sur la zone occipitale est invisible du fait de la petite taille des greffons. Les résultats sont naturels." Cette technique est généralement utilisée pour corriger les calvities moyennement importantes, les zones traitées étant le golfe, la petite tonsure. Mais aussi, chez les hommes, pour compléter une barbe ou une moustache peu fournies. "Pour obtenir les résultats définitifs, il faut attendre entre le 6e et le 12e mois, soit le temps de repousse du cheveu. Le nombre de séances dépend de la zone à recouvrir. On compte de 1500 à 2500 cheveux transplantés par session, d’une durée de 3 à 4 heures."


Des injections de plasma enrichi

Pour compléter la greffe de cheveux ou comme solution alternative, "il est possible de recourir aux PRP, qui sont des injections de plasma enrichi en plaquettes, obtenu suite à une prise de sang chez le patient, dont la composition est riche en cytokines et facteurs de croissance impliqués dans la régénération cellulaire et notamment celle du cheveu", explique le Dr Nadine Pomarède, dermatologue au DermoMedicalCenter, à Paris et à Bruxelles. "Ces injections sont connues pour leur capacité de régénération cellulaire. Au niveau des résultats, progressif dès la première session avec un pic entre la 3e et la 5e, on observe une diminution de la chute des cheveux, un épaississement de ceux-ci et de leur densité."

Tout cela a un coût, selon les zones et les praticiens, on estime le montant de la séance FUE de 3500 à 6000 € et la session PRP à environ 500 €, sachant qu’il faut compter de 1 à 3 séances, avec ensuite des séances d’entretien tous les six mois.