Psycho et bien-être Et la réponse utile de notre chroniqueuse, la coach scolaire et parentale, Nathalie Vancrayenest, sans avoir recours aux cigognes, roses et choux !


Beaucoup de parents redoutent cette question à laquelle ils seront pourtant confrontés un jour ou l'autre : "Comment on fait les bébés?". Ils estiment difficile de parler de sexualité avec leurs enfants ou adolescents. Comment expliquer sans choquer, sans être intrusif, quels mots utiliser ?

Avant 3 ans. C’est souvent l’arrivée d’un bébé qui occasionne la question, mais les enfants ne s’interrogent que rarement sur le sujet avant 3 ans. Toutefois, répondez aux questions qu’ils se posent.

4-5 ans. Si jusqu’ici, il n’avait pas montré de curiosité, c’est à vous de lui apprendre qui il est et d’où il vient et pas aux copains dans la cour de récréation. L’enfant qui n’entend pas ses parents parler de sexualité (entendons-nous avec des mots d’enfant) peut s’imaginer que le sujet est tabou et se faire un film erroné et perturbant. Entre 4 et 5 ans, ils aiment les imagiers et c’est là une bonne occasion d’apprendre les différentes parties de son corps.


Comment répondre à leurs questions ? Comment aborder la question ?

Profitez de l’arrivée d’un bébé dans la famille, des interrogations sur « le gros ventre » de la dame, ou du « pourquoi la maman et le bébé sont à l’hôpital ? »

Cela vous évitera les questions qui surprennent à la caisse du supermarché, chez le boulanger ou lors d’une fête de famille. Si cela vous arrive, pas de panique ! Dites-lui que le sujet est très sérieux et que vous allez répondre à sa question, lorsque vous serez rentrés à la maison. Si vous ne vous sentez pas à l’aise, faites appel à la littérature pour enfant (ma sélection est en fin d’article).

Installez-vous confortablement et prenez votre temps pour répondre à ces questions qui concernent la vie. Félicitez-le et demandez-lui de vous expliquer ce qu’il sait, ce sera votre base pour rétablir la vérité et donner quelques explications. Aux plus jeunes vous parlerez de la petite graine que le papa dépose dans le ventre de la maman, sans faire un cours d’anatomie. Avec les 5-6 ans, vous pouvez donner plus de détails anatomiques, appuyez-vous sur les imagiers et les albums, c’est tellement plus confortable et vous serez sûr de respecter leur pudeur. Vers 7 ans, c’est au parent du même sexe de répondre aux questions qui deviennent de plus en plus précises. Cela permet à l’enfant d’être reconnu dans son sexe.

Vous pouvez finir en lui assurant que chaque fois qu’il aura des questions sur le sujet il pourra venir vous les poser.

Quel que soit l’âge de l’enfant, n’abordez pas la sexualité de votre couple. Parlez toujours de relations amoureuses en général.


Ce sont les plus petits qui posent le plus de questions

Durant la période de latence, c’est-à-dire de 8 à 12 ans, la pudeur s’installe et l’amour devient « dégoûtant ». « Je ne ferai jamais ça ! » vous lance votre enfant en mimant deux adolescents qui s’embrassent. Alors qu’ils auraient besoin qu’on les laisse tranquilles, la sexualité, les images érotiques s’insinuent partout dans leur univers : films, publicité. C’est aussi la trame de certaines télé-réalités. Et cela stimule leur curiosité, mais leur vole une partie de leur enfance en les faisant grandir trop vite.

C’est l’âge où ils miment avec moult gestes et bruits des scènes sexuelles et les questions se font plus provocatrices.

Confortez l’enfant dans le fait qu’il connaît déjà beaucoup de choses pour son âge et utilisez un vocabulaire exact et respectueux. Partez de ses connaissances, pour donner des explications et rectifier le vocabulaire. Vous pouvez aussi le renvoyer aux livres que vous lisiez avec lui lorsqu’il était plus jeune. En cas de mimes, dites-lui que vous n’acceptez pas qu’il se moque des adolescents ou des adultes. Et aussi que l’acte d’amour entre deux adultes consentants n’est pas interdit.

J’insiste toujours auprès des parents qui me consultent sur le fait que les enfants n’ont pas besoin de détails. Ils construiront leur sexualité personnelle au fur et à mesure de leurs expériences. Par contre, il est fondamental à tous les âges de leur rappeler que l’amour c’est le respect de soi, le respect de l’autre et un consentement mutuel. Que les papas et les mamans se choisissent et choisissent de faire des enfants parce qu’ils s’aiment.


Et avec nos adolescents ?

© Pexels

L’adolescence n’est pas la période la plus judicieuse pour parler sexualité. Car, ils vivent, alors, nos explications comme un envahissement de leur intimité et leur pudeur en est blessée.

Nos adolescents oscillent entre un discours technico-hygiéniste diffusé par l’école : appareil reproducteur, protection contre les MST, prévention des grossesses d’une part. Et d’autre part, la pornographie sur internet, l’érotisation dans la pub, les séries, les films qui renvoient à des stéréotypes archaïques et à une sexualité violente.

La pornographie et la pression sociale accentuent le stress de performance qu’ils peuvent ressentir. Ils ont besoin d’être rassurés sur leur normalité sexuelle. C’est chez leurs pairs et à l’extérieur de la famille qu’ils iront chercher des réponses. Aussi, il est utile de leur rappeler l’aide qu’ils peuvent trouver auprès des plannings familiaux, du médecin de famille (en toute discrétion évidemment). Éventuellement, faites l’acquisition d’un ouvrage de référence que vous glisserez dans la bibliothèque.

Pour les parents, il est alors possible de réaffirmer qu’en matière de relation amoureuse et sexuelle chacun à un rythme personnel à respecter. Que ce qui est important dans une relation amoureuse ou sexuelle se résume en trois choses : se respecter, respecter l’autre et être tous les deux consentants .


Les règles d’or pour parler « sexualité » avec nos enfants

Ne jamais mentionner sa propre sexualité, cela crée un climat « incestuel » .

Ne jamais éluder les questions.

Répondre en partant de ce qu’ils savent déjà avec un vocabulaire approprié et respectueux.

Respecter l’intimité et la pudeur de vos enfants, adolescents. Leur sexualité ne vous regarde pas !


Ma sélection d’albums et livres

3- 6 ans. Zizis et zézettes, Camille Laurans et Jess Pauwels, Collection mes P’tits Pourquoi ? Milan

A partir de 6 ans. Zizis et zézettes, l’histoire des garçons et des filles, Vittoria Facchini, Aux couleurs du monde, Circonflexe.

9/13 ans. Le guide du zizi sexuel, Hèlene Bruller et Zep, Glénat

Pour les adolescents. Doc ? J’ai une love life ! Docteur Christian Spitz, le Doc de Lovin’Fun, Jouvence - Ados, amour et sexualité, version fille, Dr I. Borten-Krivine et Dr D. Winaver, Albin Michel - Ados, amour et sexualité, version garçon, Dr S. Mimoun et R. Etienne, Albin Michel


>>  Grandir en Confiance