Psycho et bien-être

Le développement personnel, ce n’est pas que des sujets psycho. La santé, l’alimentation, le bien-être holistique, prendre soin de soi de l’intérieur, c’est aussi du développement personnel. C’est pourquoi j’ai choisi de vous parler d'un livre « Vous êtes fous d’avaler ça ! », écrit par Christophe Brusset qui a travaillé pendant longtemps dans le secteur agroalimentaire. Dans ce livre, il dénonce les pratiques effarantes du secteur qui se font en dépit du bon sens et de la santé publique. Accrochez-vous, ce livre est décapant !


Consommateurs, c’est vous qui avez le pouvoir

Ca commence fort... Le prologue nous donne le pouvoir, à nous consommateurs. Et, pour ma part, je pense que c’est là le message essentiel à retenir de ce livre. Cela dit, la lecture vaut la peine d’être poursuivie. Vous ne regarderez plus jamais un champignon, un sachet de thé ou un pot de miel de la même façon. Dès le départ, Christophe Brusset nous rappelle que ce sont nos habitudes de consommation qui déterminent ce que nous trouvons dans les rayons de nos supermarchés et la qualité de ce que nous y trouvons. « Nous sommes ce que nous mangeons » dit-il et nous invite à nous interroger sur plusieurs choses : « Savez-vous manger ? Vous êtes-vous déjà interrogé sur la place de la nourriture dans votre vie ? Sur ce qui est bon ? Sur ce que « manger sain » signifie ? »

Autant de questions que nous sommes de plus en plus à nous poser. Il n’y a qu’à voir la croissance des rayons bios et des produits naturels. La prise de conscience est progressive. En plus de vous parler de ce livre, cette chronique vous invite à vous interroger sur votre alimentation. Vous êtes-vous déjà demandé ce qu’il y avait dans ce jambon si rose ? Dans ce sachet de thé ? Dans ce plat préparé que vous enfournez ? En plus des questions sur la qualité de ce que nous avalons, j’ai envie de pousser un peu plus loin et de vous interpeller sur la quantité. La quantité que l’on mange, mais aussi la quantité que l’on jette. Il est urgent de consommer différemment, nous le savons.


Bernez le con… sommateur !

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Encore un chapitre prometteur. L’auteur nous rappelle que l’objectif des industries, des entreprises agro-alimentaires n’est pas d’améliorer la santé publique mais de faire du profit. De l’argent, quoi. Et ce au prix de votre santé justement. Tout au long de ses pages, il nous explique que les préoccupations des entreprises sont bien loin des nôtres. Nous nous demandons de plus en plus comment faire pour manger mieux, pour manger sain, pour que notre alimentation fasse partie de ce que nous mettons en place pour notre bien-être. Et pourtant, notre méconnaissance du secteur et de ses pratiques nous fait avaler n’importe quoi. Au propre comme au figuré. Les scandales éclatent, nous nous offusquons, quelques semaines passent et nous reprenons nos bonnes vieilles mauvaises habitudes. Sous prétexte d’un emballage un peu plus vert, nous pensons (consciemment ou inconsciemment) que le produit est meilleur pour nous. Et pourtant…

Saviez-vous qu’il suffit qu’un produit soit transformé dans un pays pour pouvoir dire qu’il vient de ce pays ? Prenons les escargots de Bourgogne comme exemple. Ils arrivent congelés de Russie, Lituanie, Pologne ou autre. Certaines espèces comestibles viennent de Turquie, et certaines viennent même en bloc congelés d’Indonésie. Celles-là n’ont même pas droit à l’appellation « escargot ». Mais… Il est tout à fait légal d’étiqueter « Escargots de Bourgogne travaillés en France », si la toute dernière étape (mettre un peu de beurre persillé dans la coquille) est faite en France. Incroyable, non ?

Le livre entier est truffé d’histoires et d’exemples de ce genre. C’est à ne plus savoir quoi acheter. Mais rassurez-vous, il y a un petit guide de survie en magasin à la fin du livre. L’auteur a vraiment pensé à tout !


Les vertus du miel, hmm hmm...

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Le miel est connu pour ses propriétés. Il est efficace en cas de maux de gorge, c’est un antitussif, on peut l’appliquer sur la peau pour hydrater ou cicatriser, il est efficace contre l’acné. Oui mais pas n’importe lequel ! Le chapitre consacré au miel est hallucinant. La Chine en est un grand exportateur. Il en exporte plus qu’il ne peut en produire. Oui, oui ! Vous avez bien lu. Pourquoi ? Parce que c’est très facile de frauder sur le miel. Comment ?

En le coupant avec de l’eau, par exemple. Mais s’il y a trop d’eau, il fermente. S’il fermente, on y ajoute des grandes doses d’antibiotiques. On peut aussi y ajouter des sucres exogènes, qui n’ont rien à faire là. Pour augmenter le poids des fûts, les entreprises chinoises ajoutent des batteries de voiture au fond de ceux-ci. Résultat, le miel est moins cher et les consommateurs en redemandent. Nous avons notre part de responsabilité dans ce que l’on nous vend.


Le piment aromatisé

Cet exemple-là m’a complètement convaincue que nous devons être bien plus attentifs à ce que nous achetons et mangeons. Dans l’une des sociétés où a travaillé l’auteur, des tonnes de piments sont arrivées un jour en entrepôt en étant pleine de crottes de rats et de souris. Il a donc fallu trouver une solution pour écouler les stocks quand même. Après l’un ou l'autre traitement pour évacuer une partie des éléments indésirables, les piments ont été réduit en poudre. Comme les produits peuvent contenir 0,5% de matière étrangère, les consommateurs n’y ont vu que du feu. Je vous fais un résumé très bref du chapitre consacré au piment modifié. Mais vous avez compris le principe j’imagine. Oui, les personnes qui ont acheté des épices issues de ce lot de piments moulus ont assaisonné leurs plats à coups de crottes en poudre également.


Mais alors, que faire ?

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Ce livre, je vous le disais, est à la fois merveilleux et édifiant. Merveilleux parce qu’il nous informe, sans langue de bois. Il est aussi édifiant parce qu’on finit par ne plus savoir quoi acheter. Lire ce livre vous guidera évidemment. Vous serez plus attentifs à ce que vous mettrez dans votre chariot, croyez-moi. Mais il ne s’agit pas que de ça. C’est notre façon de consommer qui est entièrement à modifier : favoriser le fait maison, consommer moins pour pouvoir consommer mieux.

Beaucoup d’entre nous décident de prendre l’argument financier pour justifier leur « non-envie » de consommer différemment. Oui, certaines choses coûtent plus cher. Mais tout ça c’est une question globale. Comment pouvez-vous consommer plus équitablement ? Plus modérément ? Si vous réduisiez votre consommation d’alcool par exemple, cela vous permettrait d’acheter autre chose de plus sain. Si vous aviez uniquement un pantalon noir dans votre garde-robe, au lieu de 6 modèles différents, vous pourriez prendre soin de votre santé à travers votre alimentation. Voir plus petit pour votre voiture permettrait d'allouer un budget supplémentaire au bien manger.

Informez-vous, lisez les étiquettes, cuisinez maison, évitez le sucre, surveillez l’origine des produits. Par quelques gestes simples et non coûteux, vous pouvez déjà induire du changement. Et, ce changement est important sur bien des plans individuels et collectifs.

>> "Vous êtes fous d’avaler ça !" De Christophe Brusset, Ed. Flammarion Document. Env. 19€

À la semaine prochaine.

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