Psycho et bien-être Je vous le disais la semaine passée, le burn-out est un fléau contemporain qui s’étend dans tous les métiers. Mais il semble qu’il y ait un accroissement des burn-out au sein des métiers d’aide. Cette semaine allons voir ce qu’il se passe du côté de ces métiers où le don de soi est la règle numéro 1. La chronique de Julie Arcoulin, spécialiste en développement personnel et relationnel.


Médecins, infirmiers et infirmières, assistants sociaux, psy, logopèdes, puéricultrices, aide-soignants, institutrices et instituteurs, personnel médical, et tous ceux que j’oublie, sont autant de métiers qui sont propices au burn-out.

Les personnes qui travaillent dans ces métiers côtoient la souffrance, la maladie, la mort, les conflits, la misère sociale pendant toute une carrière. Il est impossible, quand il s’agit d’une vocation en tout cas, que cela ne produise aucun effet sur le moral, la santé et l’équilibre psychologique.


Des métiers usants

Usant de par la constante confrontation avec les drames, la misère, la douleur, les demandes (trop) fortes des patients au sens très large du terme. Les travailleurs sociaux donnent de leur personne. Empathie, bienveillance, don de soi, écoute, disponibilité, désir d’aider sont autant de qualités dont sont dotés ces travailleurs.

Certes, ces qualités sont nobles et merveilleuses mais elles ont aussi un côté pile. Celui qui pousse à en faire toujours plus et à ne pas écouter ses limites. J’y reviendrai en fin de chronique lorsque j’aborderai les pistes de prévention et de « réparation ».

Il y a aussi une fatigue physique qui peut s’installer de par les horaires décalés, les gardes,… La charge du travail qui grandit mais le personnel qui se réduit. Le système entier devrait se remettre profondément en question pour améliorer les conditions de travail et éviter ainsi l’épuisement professionnel trop fréquent.


Les valeurs dangereuses

Dans une précédente chronique, je vous invitais à connaître et prendre soin de vos valeurs afin de mieux vivre en accord avec celles-ci. Faire ce petit exercice vous permettra également de repérer si vous avez des valeurs « dangereuses » lorsqu’on fait un métier d’aide, mais aussi dans n’importe quel type de job.

Voici quelques-unes des valeurs qui pourraient vous faire sombrer dans le burn-out, je vous expliquerai pourquoi ensuite :

  • engagement

  • fidélité, loyauté

  • don de soi

  • justice

  • amour des autres

Ces valeurs sont à double tranchant. Tout d’abord parce qu’on oublie souvent de se les appliquer à soi-même. Mais aussi parce qu’elles sont tournées vers les autres et qu’elles nous piègent dans des engagements dont on a du mal à se sortir.

Prenons comme exemple la valeur « engagement ». Si vous avez cette valeur, il y a de fortes chances pour que vous soyez aveuglé, emprisonné même, dans ce que vous vous êtes promis d’accomplir dans votre travail. Cela veut dire que vous faites forcément passer les autres avant vous et avant vos limites. Ceci conduit tout droit au burn-out.

Lorsque je reçois en consultation des personnes étant en burn-out, elles sont souvent étonnées de se rendre compte que se redresser et ne plus se laisser glisser vers le burn-out implique de faire un travail de fond. Notamment pour ne plus être piégé par ses propres valeurs.


Comment prévenir le burn-out ?

Le burn-out, je vous le rappelle, est un épuisement physique et psychologique qui arrive lorsque nous vivons du stress sur une période trop longue.

Pour éviter cette accumulation, il est important de faire des vraies pauses régulièrement. On a souvent constaté que ne pas débrancher, être constamment connecté au boulot, favorise le burn-out.

Lorsque le boulot est au centre de la vie, la pente devient glissante également. Il est donc important de relativiser, de ne pas vouloir en faire trop, de se respecter.

Il faut également apprendre à mettre ses limites, se forcer à avoir des week-ends de 2 jours consécutifs. Veillez également à être en accord avec vos valeurs et à ne pas perdre le sens que vous trouvez dans votre travail. Faites-vous aider si vous le souhaitez pour vous recentrer.

Votre corps vous parle. Ecoutez les signes, les messages qu’il vous envoie et faites les choix qui s’imposent.


Sortir du burn-out

Je voudrais insister sur le fait que se relever d’un burn-out peut être un processus long et variable. Le temps est votre meilleur allié. Mais bien sûr, le temps ne réglera pas tout pour vous. Vous devez aussi tirer les leçons de votre épuisement et, quand vous aurez récupéré un peu d’énergie, voir de quelles façons vous allez pouvoir changer pour ne plus retomber dans les mêmes schémas.

S’il est vrai que les entreprises ont un rôle à jouer dans la prévention du burn-out, il appartient aussi à chacun de nous d’être attentif à lui-même, de se respecter, de mettre ses limites, de prendre du temps pour soi,…

Voyez le burn-out comme une « belle » opportunité d’évolution et comme une alarme qui vous prévient qu’il y a des choses à changer pour refonctionner sur le long terme.


À la semaine prochaine. www.juliearcoulin.com - Suivez-moi sur Facebook