Psycho et bien-être

La fête des mères vient d'avoir lieu, la coach parentale Nathalie Vancrayenest pensent à elles au travers de cette chronique.


Saviez-vous que si le métier de maman existait dans le monde professionnel, personne n’en voudrait ! Des horaires impossibles, des imprévus à gérer non-stop, des tâches multiples et répétitives et presque pas de reconnaissance... Comme cette vidéo entend bien le montrer.

En tant que coach parental, je rassure fréquemment des mères sur leurs compétences. Les conseils, les remarques, les regards désapprobateurs minent leur confiance, leur estime et quand elles osent se plaindre, c’est une avalanche de culpabilisation qui les attend. Comme cette maman qui élève sa fille seule et qui s’en veut d’avoir pensé, « Ma fille est en classe verte, je vais me la couler douce », en plus cette maman a exprimé cette pensée en famille et immédiatement, celle-ci l’a jugée indigne. « Comment peut-elle avoir de telles pensées ? »

Apprécier un moment sans nos enfants ne fait pas de nous des mères indignes, ce n’est pas les désaimer.

Élever un enfant en couple ou seul, c’est éprouvant physiquement, émotionnellement. Éduquer c’est fatigant, car cela demande de la constance, de la congruence, de la disponibilité psychologique pour éprouver de l’empathie et comprendre l’enfant.

Si vous pouvez répondre par un « oui » aux questions suivantes, je vous rassure, vos compétences parentales sont excellentes : votre enfant est-il bien nourri ? Est-il habillé en fonction du temps et des activités qu’il a ? Est-ce que vous lui manifestez votre amour (en dehors des biens matériels) ? Est-ce que vous répondez à ses besoins ? (différenciez les besoins des envies qui peuvent être différées) Est-ce que vous lui consacrez du temps ? Est-ce que vous lui imposez des limites ?

Le « bon parent » se décentre de lui-même pour décoder et comprendre les besoins de ses enfants, cet exercice gourmand en énergie est source de stress ! Prendre soin de soi, ce n’est pas ignorer les besoins de son enfant, comme les parents toxiques autocentrés ignorent et nient totalement ceux de leurs enfants.


Prendre soin de soi, c’est important !

La parentalité est source de stress, l’épuisement et le burn-out des mères sont des réalités (1).

Être efficace dans l’éducation de son enfant demande de pouvoir recharger ses batteries. L’élément déclencheur de la maltraitance ordinaire est souvent le stress.

Profiter d’une semaine de classe verte, de votre semaine sans enfant, dans le cadre d’une garde alternée, s’accorder une soirée ou plus pour satisfaire vos besoins, vos envies à vous, ce n’est pas un crime.

Prendre soin de soi, c’est signifier à vos enfants, votre famille que vous existez avec vos envies, vos besoins personnels. Par cette prise en compte, votre enfant conscientisera lui aussi ses besoins et pourra se différencier et s’individualiser.

Lorsque l’enfant comprend que sa mère a des besoins différents des siens, il parvient à déposer son égocentrisme naturel et apprend à tenir compte des autres. Ce qui l’aidera à communiquer, à s’affirmer, à assurer les responsabilités de son âge et à respecter les règles.

Il est capital pour l’enfant de savoir que son parent sera « heureux », durant son absence, car il ne doit pas se sentir responsable du bien-être de ses parents. Ce sont les parents qui sont responsables du bien-être de leurs enfants, pas le contraire (2) !

Une maman qui ressent du bien-être partage ce sentiment, elle est disponible et elle est plus à même de soutenir son enfant, que lorsqu’elle se sent éreintée et embourbée dans les problèmes.


Prendre soin de soi, lever le pied !

La perfection n’existe pas et nos enfants n’ont pas besoin de parents parfaits, mais d’une maman humaine. Si les parents étaient parfaits, nous stresserions nos enfants qui auraient peur de ne pas être à la hauteur de notre perfection.

Pour la plupart des mères, prendre soin de soi et lever le pied, c’est en faire moins !

Alors, triez vos obligations et tâches. Attention, pas de « non » catégorique ! Pour chaque contrainte, posez-vous la question « Est-ce que ce serait grave, si…. ? »

Si vous avez répondu « oui » à toutes les questions, reprenez votre liste et posez-vous la question suivante « Quelle serait la pire des choses qui puisse arriver, si je ne remplis pas cette obligation ? » Si la réponse est de l’ordre de « je suis une mauvaise mère », ne restez pas seule, vous êtes en danger !

Prenez le temps d’un café, d’une pause déjeuner pour sortir de votre isolement. Le manque de soutien, le manque d’échange et l’image de la « mère parfaite » véhiculée par les magazines sont aussi parmi les causes de burn-out maternel.

Responsabiliser ses enfants, prendre part aux travaux ménagers c’est normal ! Expliquez-leur qu’ainsi vous serez plus disponible pour les câlins et les jeux. Ils seront ravis de vous aider. Montrez-leur comment s’y prendre, ne les grondez pas si ce n’est pas parfait. La maison n’est pas un hôtel et les servir n’est pas une bonne chose ! Les adolescents sont capables d’utiliser un smartphone, un ordinateur, ils sont aussi capables d’utiliser un lave-linge et les autres électroménagers.

Pensez aux routines qui rendent les enfants et adolescents autonomes, ils se sentiront plus indépendants, rassurés et valorisés. Et vous gagnerez en temps, profitez de celui-ci pour vous faire du bien et pour partager des moments agréables avec vos enfants, vous rechargerez vos batteries et eux aussi.


Et surtout... Ignorez les critiques ! Quand une mère fait quelque chose pour son enfant c’est normal et personne ne s’en émeut. Quand un papa change une couche, promène son bébé, il devient un héros des temps modernes !

Mes excuses aux papas qui se sont reconnus dans cette chronique et que j’ai écartés.


(1) Violaine Guéritault, la fatigue émotionnelle et physique des mères, Odile Jacob, 2008

(2) La parentalisation ou parentification est un processus qui amène l’enfant, l’adolescent à prendre en charge le bien-être de l’un de ses parents, voire des deux et assume des responsabilités qui ne sont pas celles de son âge. Le phénomène est récurrent chez les parents pervers narcissiques, alcooliques, drogués, dépendants…et le parent qui élève seul son enfant sera attentif à bien marquer la différence entre les rôles de l’adulte et de l’enfant.