Psycho et bien-être

Cette semaine je vous propose d’aborder une notion un peu complexe. Je vais tenter de la rendre abordable afin que tous ceux qui souffrent de ce fameux syndrome de l’abandon puissent l’identifier. La prise de conscience est le premier pas sur le chemin de la guérison. La chronique de Julie Arcoulin, spécialiste en développement personnel et relationnel.


D’où vient-elle ?

Elle trouve son origine dans l’enfance. À un moment donné, l’enfant que vous étiez s’est senti abandonné, délaissé, pas suffisamment aimé par l’un de ses parents, ou les deux. Il n’a pas forcément effectivement été abandonné. L’arrivée d’un frère ou d’une sœur peut également nourrir un syndrome d’abandon. Comme la séparation des parents, même si les choses sont faites correctement et le mieux possible.

Bien sûr, l’absence réelle et concrète d’un parent peut également être à l’origine de cette blessure. Cela va sans dire. Mais pas obligatoirement.


Ai-je cette blessure d’abandon ?

© Reporters

Peut-être vous posez-vous cette question. Voici quelques indices qui pourraient vous aider à y répondre. N’oubliez pas que pour ce genre de blessure, il est recommandé de consulter un spécialiste. Il est souvent difficile de l’identifier soi-même car cela implique une grande honnêteté envers soi. Et nous avons tous beaucoup de facilité à nous raconter des histoires.

  • vous êtes dépendant des autres, de leur regard, de leur affection

  • vous faites tout, ou presque, pour être aimé(e) et apprécié(e)

  • vous n’aimez pas la solitude

  • vous avez besoin de beaucoup d’attention et êtes malheureux(se) si vous n’en avez pas. Si vous en manquez, vous avez l’impression de ne pas être aimé(e)

  • vous avez tendance a vous engager dans des relations dans lesquelles vous êtes prêt(e) à tout pour « garder » l’autre. Même à accepter les pires traitements

  • vous faites passer les autres avant vous pour leur plaire et ne pas les perdre

  • au contraire, vous avez peur d’entrer en relation avec les autres car la peur de les perdre et d’être abandonné(e) vous tiraille

Cette liste est très loin d’être exhaustive. Cependant ce sont les plus gros points communs des personnes souffrant de cette peur de l’abandon. Voyons maintenant quels impacts cela peut avoir sur vos relations.


Impacts sur les relations

© Reporters

La dépendance affective semble être un gros morceau de la blessure d’abandon. Si vous êtes dépendant(e), cela veut dire que vous attendez beaucoup des autres et de vos relations. Même totalement inconsciemment.

Avoir peur d’être abandonné(e), cela veut dire être dans l’attente que l’autre comble vos manques affectifs. Si vous êtes dans ce genre d’attentes, vous en demandez trop. L’autre n’est pas là pour ça. Il n’y a que vous qui puissiez combler ces manques et mettre un bouchon à votre baignoire pour éviter qu’elle ne se vide quoi que vous y mettiez.

Vous avez aussi, probablement, tendance à vous plier en quatre pour les autres, à les faire passer avant vous, à vous sacrifier. Cela ne traduit pas forcément une nature généreuse et altruiste. Il se cache, sans doute, derrière ça un besoin intarissable d’être aimé(e). Ce qui met trop de pression sur les épaules de vos relations.

Bizarrement, vous attirez peut-être des personnes incapables de vous donner ce dont vous avez besoin. Ce n’est pas un pied de nez de la vie pour, encore, vous faire souffrir. C’est simplement un message pour vous faire comprendre que tout est en vous. Des relations saines et équilibrées vous en aurez quand vous aurez intégré que vous êtes un bon compagnon/une bonne compagne pour vous-même.


Comment en guérir ?

Je vous le redis, faites-vous accompagner par un professonniel sur ce chemin. Il sera plus confortable si vous êtes guidée. Peu importe la nature de la discipline, à vous de sentir ce qui vous convient le mieux.

Apprenez à vous aimer, à vous donner ce que vous attendez des autres. Appréciez votre compagnie afin de ne plus avoir peur de la solitude, changez ce qui vous fait attirer les mauvaises personnes.

Prenez de la hauteur et du recul, dédramatisez. Finalement, est-ce si grave si une relation s’arrête ? Ne pouvez-vous vraiment pas survivre sans lui/elle ? Nous avons cette tendance à accorder trop d’importance aux relations alors que parfois il suffit de les laisser partir.

Faites les deuils qui sont nécessaires, acceptez que vos parents ont fait comme ils ont pu...

À la semaine prochaine.


www.juliearcoulin.com - Suivez-moi sur Facebook