Psycho et bien-être

A condition de les aimer, de les respecter, nos animaux de compagnie nous apportent bien plus qu'une simple présence.

Chiens, chats, lapins, chevaux … Ils font partie de notre famille, de notre entourage. D'ailleurs, qui ne connaît pas au moins un ami qui possède un animal de compagnie ? En Belgique, on compte près de deux chats ou 1,4 chiens pour dix habitants. Et les ménages n'hésitent pas à y consacrer une partie de leur budget, en moyenne 0,8%, ce qui représentait un montant total de 1,3 milliard d'euros en 2014. S'ils sont mignons, qu'ils mettent de la vie dans la maison, nos compagnons à quatre pattes nous apportent tant de bienfaits sur notre santé mentale et physique, à condition bien entendu d'apprécier leur présence et de les respecter. Comme le rappelle le centre d'étude et d'information sur la relation homme/animal Ethologia plus, l'animal n'est pas un médicament, ni un outil. « Le bien-être ressenti n'est pas lié à l'animal en tant que tel, mais à la relation qui s'établit avec lui. Si quelqu'un en a peur, ce n'est pas la peine de se forcer, sa présence ne sera pas bénéfique, que du contraire », prévient Françoise Sion, administratrice déléguée.

© REPORTERS


Ils dopent notre santé

L'animal est un lien avec la nature. Sa présence permet aussi de prendre du recul dans la vie, de se détendre, d'apaiser les angoisses et le stress. Les études l'ont prouvé, passer du temps avec son compagnon à quatre pattes régule la tension artérielle et diminue le risque de maladies cardiovasculaire. D'ailleurs, les personnes qui cajolent régulièrement leur chien, leur chat ou leur lapin consultent moins souvent le médecin.

Les animaux de compagnie exigent des soins. Leur maître doit donc s'en occuper. Cela valorise la personne, la motive, et lui offre également une certaine régularité dans son quotidien. « Une dame âgée se laissait aller au point qu'elle n'allumait même plus le chauffage en hiver. Le médecin lui a conseillé de le mettre en marche pour le bien de ses chats. Du coup, elle a eu le déclic. L'animal nous remet dans la routine et nous pousse à prendre soin de nous-même. On se lève le matin pour promener le chien, on prend l'air, on bouge, on doit le nourrir régulièrement, on ne reste pas sédentaire », explique Françoise Sion.


Un ami à sa manière

En présence d'un animal domestique, l'humain se sent moins seul. Il peut se confier à son oreille bienveillante : « il partage tous les bons moments, mais aussi les plus tristes. Il traverse toutes les situations avec son maître. Il écoute, prête une attention et ne juge jamais. Il absorbe tout. Il est réceptif aux émotions et perçoit le chagrin, la colère, le bonheur. Il est capable de venir vous consoler ou de vous solliciter pour jouer quand c'est le bon moment. Son amour est inconditionnel.»

© REPORTERS


Créateur de liens sociaux

Les animaux encouragent le lien social. Nos compagnons à quatre pattes éveillent l'intérêt, engendrent des conversations qu'on aurait peut-être jamais eues avec des amis ou même des inconnus toutes générations confondues. Ils attirent aussi la sympathie des enfants. « Lorsque vous sortez promener votre chien, vous remarquerez que des passants vous adressent la parole. Des personnes se rencontrent ou se retrouvent tous les jours au même endroit en compagnie de leur chien. Et puis, il y a aussi une forme d'échange. Lorsque vous partez en vacances par exemple, des amis s'occupent de votre animal. De votre côté, vous leur rendez un autre service pour les remercier ».


Attention, l'animal n'est pas un substitut de l'humain

© REPORTERS

Son compagnon à quatre pattes, on s'y attache, on le chouchoute, on lui confie tout. Si cette relation est bénéfique, elle ne le restera que si elle est saine. L'animal n'est pas un substitut de l'homme, il ne remplace pas le contact humain. Il y a danger lorsque ce lien éloigne certaines personnes des autres. On attribue alors à son chien ou son chat des capacités qu'il ne possède pas. Il est également essentiel de ne pas tomber dans l'anthropomorphisme : « ils ont leur comportement d'animaux et leurs propres besoins qui sont bien entendus différents des nôtres. Parfumer son chien, lui faire porter des bijoux, le maquiller, et d'autres comportements typiquement humains relèvent, on peut le dire, de la maltraitance. L'animal accepte vu qu'il n'a pas la parole pour se plaindre. Ici, c'est l'homme qui se fait plaisir uniquement. Il y a des chiens qui ne courent jamais car ils sont exposés dans des poussettes comme des poupées ou portés sans arrêt dans des sacs. Ils ne se dépensent pas et n'ont plus leur vie de chien », prévient Françoise Sion.


Un chien en ville ?

© REPORTERS

Lorsqu'on désire adopter un animal de compagnie, il faut être conscient de l'engagement qu'on prend. C'est une responsabilité ! On ne se précipite pas sans prendre le temps d'y réfléchir. Tant d'animaux sont abandonnés car en grandissant, il prennent trop de place, ou parce qu'il n'y a pas d'autres alternatives aux absences, et qu'au final on n'a pas de temps pour s'en occuper. « Un chiot Bouvier bernois, c'est adorable. Mais ce n'est pas une peluche. Quand il grandit, il a besoin d'espace pour vivre. Cela dit, un chien en ville, ce n'est pas incompatible. Tout dépend de son caractère, pas spécialement de sa taille. Un Jack Russel par exemple est un petit chien, mais très actif et qui a besoin de courir », explique Françoise Sion. « Maintenant, tout dépend du lieu de vie. C'est plus facile lorsqu'on habite près d'un parc. De plus en plus d'espaces canins ont également été installés en ville. C'est une bonne alternative, d'autant qu'il ne faut pas oublier que toutes les déjections ne se ramassent pas (l'urine, la diarrhée). Sans oublier que les personnes âgées ont des difficultés à s'abaisser pour le faire ».


Animal et enfant

© REPORTERS

  • L'animal de compagnie responsabilise l'enfant. Tout dépend de son âge, il s'en occupe en fonction de ses capacités.

  • C'est un éveil à la nature. L'enfant prend conscience qu'il s'agit d'un être vivant. Il le soigne quand il est malade, comprend qu'il veut jouer ou non, que lui tirer la queue est douloureux, il affronte la mort, etc.

  • L'animal stimule la motricité. L'enfant court avec lui, joue, sort dans le jardin. Très tôt, il lui parle et développe son langage par la même occasion.

  • C'est un confident, un ami complice qui ne le trahira jamais. Un compagnon essentiel pour les enfants uniques.

  • Il contribue au développement des capacités sociales et favorise l'estime de soi.


Animal et senior ou personne à mobilité réduite

© REPORTERS

  • Il offre une compagnie aux personnes âgées.

  • Il stimule et pousse les personnes à sortir, à marcher, à bouger. Certains homes accueillent d'ailleurs un chien et organisent des activités avec les résidents.

  • Il permet de garder contact avec la réalité, de stimuler la mémoire, la concentration, de garder les sens en éveil.

  • Il rassure et permet de conserver une certaine autonomie.

  • Les chiens d'assistance (formés par des associations) épaulent les personnes à mobilité réduite ou les victimes de maladies comme l'Alzheimer dans leur quotidien (connaît le chemin pour rentrer à la maison, ramasse un objet, ouvre les portes, alerte en cas de chute, etc.)