Psycho et bien-être

Il y a une croyance populaire qui circule : les femmes indépendantes feraient peur aux hommes. Nous avons tous en tête une femme autonome, épanouie, indépendante financièrement, avec une personnalité bien trempée, qui dit ce qu’elle pense et pense ce qu’elle dit. Peut-être même que vous êtes en train de lire cette chronique parce que vous vous êtes reconnue dans ce titre. Cette semaine, ouvrons les perspectives et posons-nous des questions sur cette croyance bien ancrée.


Qu’entend-on par "les femmes indépendantes" ?

D’abord, mettons-nous d’accord sur ce que l’on entend par là. Le profil type de la femme indépendante à qui colle la croyance qu’elle fait peur aux hommes est le suivant : un certain bagout, une bonne dose de confiance en soi (en apparence en tout cas), une carrière établie et en progression, elle est déterminée, indépendante financièrement, sait prendre des décisions, mène sa vie tel un capitaine son navire ! Elle n’a pas « besoin » d’un homme dans sa vie pour avancer, elle préfère être seule que mal accompagnée et le revendique.

Jusqu’ici, très personnellement, je ne vois pas en quoi c’est effrayant. D’ailleurs, en interrogeant quelques hommes, on constate, qu’en effet, ils n’ont pas peur ! Mais alors où est-ce que ça coince ?

J’imagine que si vous observez votre entourage, vous constatez aussi que beaucoup de femmes célibataires sont plutôt de cette trempe-là, plutôt que l'inverse. Même si le cinéma n’en finit pas de nous servir des histoires de pauvres demoiselles en détresse qui attendent leur prince charmant pour avoir une vie meilleure. Avouez quand même que les films comme Erin Brockovich sont plutôt rares. N’y aurait-il pas une part de la société qui cultiverait un peu ce cliché ?


Retour aux origines

Nous sommes bien obligés de l’admettre : avant que l’on se rende compte que les femmes étaient des êtres humains à part entière, qu'on leur accorde le droit de vote, qu’elles aient le droit de travailler, de revendiquer un salaire égal pour des compétences égales, il a fallu du temps !

Nous sommes peut-être dans une période de réadaptation, vous savez, ce moment où ayant toujours fonctionné d’une certaine façon, on décide de fonctionner complètement à l’opposé. Avant de revenir à quelque chose de plus équilibré.


Un mystérieux paradoxe

Il y a quand même quelque chose de très paradoxal dans tout ça. Je m’explique. On sait aujourd’hui que pour construire une relation saine, il vaut mieux, justement, que les deux protagonistes de la relation soient conscients qu’ils sont deux individus à part entière. La dépendance et le manque d’autonomie s’avèrent être de véritables fléaux à long terme pour un couple. Et ce, quelle que soit la forme qu’ils prennent. Il est donc étrange de constater que beaucoup de femmes célibataires correspondent au profil décrit plus haut.

Y aurait-il quelque chose de plus complexe là-dessous ?


Et les femmes indépendantes dans tout ça ?

Bon, prenons quelques lignes pour regarder de plus près ce qui se cache derrière ces femmes… J’en rencontre beaucoup en consultation et je les observe de très près. Très souvent, je remarque qu’au-delà de leur besoin d’indépendance, se cache en fait une peur de dépendre. Du coup, elles se construisent une vie qui ne laisse que peu de place à un homme. Elles ont souvent souffert, ont assisté à des schémas de dépendance et elles ne veulent surtout pas retomber là-dedans.

Et puis, là-dedans, il y a aussi toutes celles qui se sont forgé une vie tant que bien mal. Pas forcément en recherche désespérée d’indépendance, elles ont avancé parce que d’autres choses, d’autres schémas leur empêchaient de rencontrer quelqu’un. Puis, elles se sont vues coller l’étiquette de « la femme indépendante qui fait peur ».


Comment faire pour sortir de cette croyance ?

Mesdames, ce n’est pas parce que vous êtes indépendante et autonome que vous devez en faire une religion extrémiste. Il n’est pas impossible de conserver cette autonomie ET de partager la vie de quelqu’un. N’ayez pas peur de montrer vos faiblesses en vous laissant courtiser. Il n’est pas non plus nécessaire de vous transformer en petite chose fragile pour plaire. Vous pouvez rester vous-même et aussi trouver agréable de vous reposer sur quelqu’un de temps en temps. L’un n’empêche pas l’autre. Il s’agit de fonctionner en équipe, pas d’être dans une relation de domination. Laissez un peu de place à cet homme qui vous fait envie et tout se passera bien. Être en couple, ce n’est pas renoncer à celle que vous êtes. C’est en faire profiter quelqu’un qui saura l’apprécier.

Messieurs, n’ayez crainte ! Même les femmes indépendantes ont envie de partager des moments intenses en couple. Elles ont simplement peur d’être privées de quelque chose car nous vivons dans une société qui porte encore les marques d’un passé féminin inégal. Accueillez-les comme elles sont, ne soyez pas effrayés (pour autant que vous le soyez), vous aurez mieux compris, je l’espère, quels mécanismes les coincent. Vous savez maintenant que ce n’est qu’une allure. Foncez ! Vous ne serez pas déçu.

À la semaine prochaine.

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