Psycho et bien-être

Lors de précédentes chroniques, j’ai expliqué le phénomène de l’emprise et évoqué les conséquences sur un enfant. Mais je n’ai pas encore parlé des « outils » utilisés par les manipulateurs pour asseoir leur pouvoir et leur emprise.


Encore une fois, il existe autant de manipulateurs que de manipulatrices, mais le masculin l’emportant sur le féminin en grammaire française, je respecterai la règle.

En voici donc quelques uns, ainsi que quelques pistes pour ne pas tomber dans le piège.


La culpabilisation

Nous avons tous, un jour ou l’autre, appuyé sur le bouton culpabilisation pour obtenir ce dont nous avions besoin. C’est la répétition qui en fait un outil dangereux. Un manipulateur pathologique va pour tout et tout le temps utiliser la culpabilisation pour mieux tirer les ficelles qui dirigent les faits et gestes de sa victime. Il va la rendre responsable de tout, lui faire croire que tout sera de sa faute et sa victime va y croire. Ce qui la bloquera dans ses décisions et dans ses choix.

Pour sortir de la culpabilité, il faut arrêter de prendre ce qui ne vous appartient pas. Ce n’est pas votre faute s’il perd son boulot, fait un burn-out, ne mange pas parce que vous n’avez pas cuisiné, s’il n’obtient pas sa promotion, si vous n’êtes pas exactement comme il voudrait que vous soyez, si votre enfant est malade,… Ne prenez pas les responsabilités qui ne vous appartiennent pas. Vous êtes, l’un et l’autre, adulte et capable de vous assumer seul.


La projection

Encore une fois, nous en faisons tous. Il s’agit de projeter sur les autres des choses non résolues, des sentiments difficiles à gérer. Nous les projetons parce que nous ne les acceptons pas et n’arrivons pas à les gérer. Le manipulateur va projeter sur sa victime absolument tout ce qu’il ne supporte pas chez lui. De sa relation avec ses parents à ses défauts, en passant par les insultes.

Pour ne plus être affecté par cela, ayez bien en tête qu’il parle de lui, pas de vous. Tout ce qu’il dit lui appartient et vous n’avez pas à le prendre. S’il vous dit que vous n’êtes pas capable de conserver vos amitiés, il parle de lui. S’il vous dit que vous n’êtes bon(ne) à rien, il parle de lui aussi. S’il vous dit que vous avez grossi, même chose. Lorsqu’il vous fait des reproches, c’est sa part à lui qu’il projette. Celle qu’il ne supporte pas et qu’il est obligé de projeter sur les autres pour survivre.

© Reporters


La dévalorisation

À force de frapper sur un clou, il finit par rentrer. À force de dire à quelqu’un qu’il est stupide, moins que rien, qu’il ne sert à rien, qu’il n’est bon à rien (et je reste polie), il finit forcément par en douter et par y croire. En privé ou en public, le manipulateur dévalorise ses victimes au point de les convaincre de ce qu’il dit. Finalement, la victime ne sait plus qui elle est, ne sait plus quelles sont ses ressources, etc.

Pour ne plus trop vous laisser atteindre, rappelez-vous que c’est une technique, pas une vérité. Faites un travail sur vous pour augmenter votre confiance en vous et lutter contre le travail de sape.


Le déni/transformation de la réalité

La réalité est bien trop insupportable pour que les manipulateurs la supportent. Alors, leur stratégie de survie est de la transformer complètement. Souvent, elle ne ressemble plus du tout à la réalité. Elle en est même très loin. Ils s’arrangent pour la remanier à leur avantage en plus. De quoi rendre l’entourage complètement marteau.

Ne tombez pas dans le piège et n’essayez pas de leur montrer par A + B qu’ils ont tort. Vous n’y arriverez pas. Cette énergie est complètement perdue et vous pourriez la dépenser à autre chose. Ne perdez plus votre temps, même si c’est très frustrant.

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Le contrôle

Variante : l’envahissement. Il fait passer ses dizaines d’appels, ses centaines d’appels par jour pour de l’attention. Mais il n’en n’est rien. C’est simplement une façon de vous contrôler, de vous surveiller, d’être omniprésent pour créer la dépendance. Il ne supporte pas de ne pas savoir où vous êtes et quand vous y êtes. L’étape d’après est l’isolement. Nous y reviendrons.

Ne cédez pas à la tentation de décrocher pour avoir la paix. Vous ne l’aurez pas. Et tant que vous répondrez présent(e) à son harcèlement et ses tentatives de contrôle, il continuera. C’est à vous de mettre les limites.


L’isolement

Petit à petit, votre entourage ne trouvera plus grâce à ses yeux, il souhaitera passer du temps avec vous et uniquement avec vous, les autres ne seront plus vraiment des gens biens ou bons pour vous. Pour éviter les conflits, vous éviterez aussi les moments avec vos proches. Ou alors tout simplement parce que les moments que vous passez à deux peuvent être d’une qualité et d’une intensité rare. Pourquoi passer du temps ailleurs ?

Soyez attentif(ve) au temps que vous passez avec les personnes que vous aimez. Si elles sont importantes pour vous, vous n’avez aucune raison de les maintenir à distance.

Si vous avez reconnu des choses que vous vivez, la meilleure chose à faire est de partir. N’espérez pas qu’il ou elle changera. Ces quelques outils de l’emprise ne sont qu’une infime partie de tous ceux utilisés. Mais ils ont le mérite d’être communs à tous les cas que j’ai rencontrés.

À la semaine prochaine.


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