Psycho et bien-être Quel que soit le milieu dans lequel vous côtoyez un ou une manipulateur/trice, les dégâts sont les mêmes. Cette semaine, zoom sur les impacts les plus fréquents. La chronique de Julie Arcoulin, spécialiste en développement personnel et relationnel.


Au bureau, en famille ou en couple, les manipulateurs sévissent. D’ailleurs, si vous en avez un sur votre chemin au boulot, il y en a sûrement d’autres autour de vous. Celui du boulot est probablement l’arbre qui cache la forêt.


En famille

Si vous avez un parent manipulateur, pervers narcissique, vous êtes un peu comme Obélix : tombé dedans quand vous étiez petit. Sauf que ce n’est pas dans une marmite de potion magique mais de poison infâme. Il a eu tout le temps nécessaire pour s’infiltrer en vous et vous détruire petit à petit dès le plus jeune âge. Résultat : vous ne savez pas qui vous êtes, vous confondez votre identité et celle des autres, vous n’avez pas confiance en vous, pas d’estime de vous.

Vous êtes sans doute un adulte qui se plie en quatre pour les autres, vous êtes fiable, digne de confiance et peut-être même un peu « bonne poire ». Vous avez du mal à mettre vos limites, à dire non, vous êtes du genre sauveur/sauveuse. Tout cela sont les conséquences d’une enfance auprès d’un parent manipulateur.

Plus que probablement, vous vous sentez redevable, coupable d’un tas de choses, vous vous sentez à peine le droit d’exister. Vous avez aussi développé une série de croyances limitantes telles que :

  • Je ne suis pas aimable

  • Je ne mérite pas d’être heureuse

  • Je ne suis pas une priorité

  • Les autres passent avant moi

Toutes ces croyances ne vous appartiennent pas. Elles ont été ancrées en vous à coup de dévalorisation, d’insultes, d’attaques sournoises. Renvoyez les à l’expéditeur. En tant qu’enfant maltraité physiquement et/ou psychologiquement, vous n’êtes pas obligé de continuer à accepter les mauvais traitements. Vous avez le droit de les refuser et de vous positionner. Être parent ne donne pas tous les droits.


En couple

Lors d’une précédente chronique, je répondais à la question « Pourquoi ai-je attiré un manipulateur ? ». Il est important de répondre à cette question afin de ne plus reproduire le même schéma éternellement. Mais en attendant, voici les dégâts que peuvent faire les manipulateurs et manipulatrices en couple.

Pendant et après une relation avec un manipulateur, il arrive souvent que la personne sous emprise soit totalement déconnectée d’elle-même. Elle ne sait plus qui elle est, ce qu’elle aime, ne connaît plus son plat préféré. Bien souvent, si vous avez des enfants avec un manipulateur, il s’arrange pour détourner vers lui tout votre instinct maternel et vos enfants en payent les conséquences.

Vous êtes dévalorisé(e), diminué(e), amoindri(e), vous vous sentez coupable à l’idée d’envisager une rupture. Peut-être êtes-vous entrain de reproduire un schéma que vous connaissez bien ?

Difficile de croire en l’amour après une relation comme celle-là. Difficile aussi de faire confiance à quelqu’un. Si vous avez vécu une histoire « d’amour » avec un(e) manipulateur/trice, vous avez probablement quelques peurs qui se sont infiltrées en vous :

  • J’ai peur de souffrir

  • Je vais en attirer un(e) autre

  • Moi à nouveau en couple ? Jamais !

  • Le prochain sera pareil

Ne jetez pas le bébé avec l’eau du bain ! Ce n’est pas parce que vous avez tiré un mauvais numéro que vous êtes condamné(e). Sachez aussi qu’en couple on ne s’abandonne pas. On se quitte. Si l’autre le perçoit comme un abandon, ça lui appartient. Ce n’est pas à vous de réparer ça ou de vous priver du bonheur par sacrifice.


Au boulot

Vous vous êtes reconnu(e) dans les profils précédents ? Bon, alors ce n’est pas étonnant que vous en ayez croisé au bureau ! Lorsque vous avez affaire à un collègue ou à un chef manipulateur, le burn-out n’est jamais loin. Vos limites sont extrêmement extensibles, vous êtes du genre à vous surinvestir dans vos tâches, à être perfectionniste, à voir la solution au problème avant tout le monde, à vous battre pour vos valeurs.

Tout ceci est la composition parfaite pour l’épuisement professionnel, souvent mal compris et sous-estimé. Les entreprises (et la sécurité sociale) feraient des économies si elles armaient mieux leurs collaborateurs, si elles prenaient les impacts de ce genre de personnage au sérieux.

Malheureusement, ce que je constate en consultation c’est que ce sont les employés victimes qui finissent par partir parce qu’il n’y a pas d’autre issue. Les victimes sont rarement prises au sérieux et le harcèlement trop souvent mis sur le tapis. Les bons éléments finissent donc par s’en aller.


Le point commun de toutes les victimes

Ce fameux sentiment d’injustice. En famille, en couple ou au boulot, c’est rarement le bourreau qui s’écarte. C’est la victime qui finit par faire ce choix avec les conséquences que cela implique. Mais la paix et la liberté ont un prix, celui de la justice.


À la semaine prochaine.

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