Psycho et bien-être La période des vacances est proche. C’est l’occasion de se pencher sur le sens que nous leur donnons et de voir comment nous les occupons. Trop souvent, on veut les rentabiliser au maximum, perdant en cela le côté régénérant des congés. Géraldine Hennixdal, psychologue et coach spécialisée en psychologie positive fait le point.


Pour la majorité d’entre-nous, les congés annuels sont attendus avec beaucoup d’impatience. Voici enfin cette période de l’année qui va nous permettre de nous couper du travail, de nous vider la tête, de vivre sans contraintes et de récupérer de cette satanée fatigue, car c’est une évidence : travailler c’est fatigant.


La situation de départ

Partons du scénario classique qui se répète tous les matins et parfois week-end compris pour les plus actifs d’entre-nous: vous vous levez épuisé physiquement et psychiquement, vous n’en pouvez plus de ce réveil qui sonne à l’aube, de la course à laquelle vous participez et qui consiste à ce que tout le monde soit prêt et ait petit-déjeuné avant l’heure fatidique du départ, de ces embouteillages tellement prévisibles et inévitables. Bref, vous avez besoin de vacances. Cela tombe bien, vous avez trois semaines de repos qui se profilent et vous comptez bien en profiter. Profiter… le mot est lâché.


La rentabilité des congés

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De manière générale, lorsque nous préparons notre séjour, celui-ci doit être rentabilisé en termes d’activités. Pas question de partir en Toscane, de s’installer à l’hôtel et de ne rien faire durant tout ce temps. Ce serait vraiment dommage de ne pas visiter la région, de ne pas flâner de village en village, de ne pas fréquenter les marchés locaux et d’y acheter les délicieux produits que nous cuisinerons une fois revenus au logement, de ne pas tester les activités sportives et culturelles si dépaysantes proposées par l’office du tourisme,… Il faut pro-fi-ter du temps passé sur place.

Cette manière de faire et de penser est absolument compréhensible. Rester inactif et/ou s’éclater dans un hôtel all-in sans sortir de l’enceinte n’est pas du goût de tout le monde et il reste important de mener ses vacances comme bon nous semble, en fonction de ce qui nous plaît.


Le cerveau en détresse

Le problème peut se poser lorsque l’on impose un programme chargé et soutenu à un corps fatigué physiquement et mentalement, qui est à la limite du burn-out voire carrément dedans.

Il faut prendre conscience que pour notre cerveau, c’est la même chose que de :

  • se lever à l’aube pour aller travailler ou pour aller visiter un site qui offre un magnifique lever de soleil ;

  • subir l’embouteillage sur la route du travail qui nous mène à Bruxelles ou sur la route qui nous mène à Marseille, que nous comptons visiter de fond en comble ;

  • cuisiner à la maison ou dans une magnifique villa sur la côte d’Azur ;

  • presser les enfants pour qu’ils arrivent à l’heure à l’école ou les presser pour ne pas arriver trop tard au marché local ou au parc d’attractions.

Je vous laisse continuer la liste avec vos exemples personnels car je suis certaine que vous en avez. Nous nous fourvoyons en nous convainquant que ce n’est pas la même chose, que les conditions sont différentes car nous sommes en vacances mais ce petit bijou d’intelligence qu’est notre cerveau ne se laisse pas leurrer aussi facilement.

Ceci explique en partie pourquoi nous sommes parfois aussi fatigués lorsque nous revenons de vacances et pourquoi leurs bienfaits ne tiennent pas aussi longtemps qu’on le souhaiterait. Notre cerveau et notre corps ne se sont pas reposés autant qu’ils en avaient besoin.


Les solutions

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Ne vous méprenez pas sur mes propos : je ne suis pas en train de dire que tout le monde devrait partir à l’hôtel et ne rien faire de ses journées. Que l’on parte dans des contrées lointaines ou que l’on reste à la maison, les vacances doivent rester du plaisir et vous êtes le seul à savoir comment se définit ce plaisir.

Par contre, je vous propose d’adapter vos congés à votre état de santé actuel et de trouver les compromis nécessaires afin que tout le monde puisse profiter sainement de cette joyeuse période.

Voici quelques exemples :

  • Offrez-vous tous les jours une vraie pause d’une demi-heure durant laquelle vous vous allongez sans rien faire (sans lire, sans regarder la télé, sans parler,…) ;

  • Alternez des jours d’activité avec des jours d’inactivité, où l’on reste tranquillement sur place pour que chacun fasse ce qu’il a envie ;

  • Accordez-vous le droit de refuser votre participation à une activité qui vous semble trop fatigante et stressante ;

  • Faites la sieste si vous en avez envie et besoin ;

  • Laissez vos enfants ne rien faire, s’ennuyer et évitez de leur imposer une cadence trop élevée, semblable à la cadence quotidienne, afin qu’ils puissent également se reposer.