Psycho et bien-être

Parmi la vague de mouvements féministes, un nouvel hashtag vient d'émerger: #objectifbikinifermetagueule. Parmi ses objectifs: combattre la grossophobie, un phénomène récemment défini.

Qui dit l'arrivée de l'été, dit les espoirs d'avoir un corps sculpté et bronzé, dit la fierté de pouvoir l'exposer en toute tranquillité. C'est bien l'aspiration de beaucoup d'entre nous: avoir un corps de rêve dans lequel on se sent bien. Et s'il était possible de se sentir bien avec son propre corps sans envier celui de la mannequin Emilie Ratachovsky? C'est le combat que mène Laura Calu.

Youtubeuse et comédienne, Laura Calu est à l'origine du nouvel hashtag: #objectifbikinifermetagueule. Lancé sur Instagram fin avril, ce nouveau mouvement d'acceptation de soi apparaît à côté d'autres initiatives lancées par des militantes rondes comme #effyourbeautystandards ou #fatbikini.

L'humoriste de 28 ans invite ainsi les femmes à poster des photos d'elles, en oubliant leurs complexes et les normes imposées par la société et la publicité. Sur le réseau social, plus de 3000 personnes ont déjà posté des photos de leurs bourrelets ou de leurs cicatrices.



La grossophobie, un problème de taille même en Belgique

En Belgique, 12% de la population adulte souffre d’obésité et 20% des moins de 16 ans sont en surcharge pondérale. Au-delà des kilos en trop s’ajoute une charge plus lourde encore à porter : la grossophobie.

La "grossophobie" est un terme récemment ajouté au dictionnaire, qui désigne les stigmatisations et les discriminations subies par les personnes en surpoids ou obèses.

Interviewée par Franceinfo, Gabrielle Deydier, l'auteur du livre "On ne naît pas grosse, on le devient", considère la grossophobie comme une "discrimination totalement tolérée dans notre société".

"Dans l'esprit collectif, être gros serait une sorte de choix de vie. On mériterait le traitement qu'on reçoit. Il y a de la maltraitance. Elle peut être au travail par exemple, où on peut se faire harceler constamment", relève la jeune femme de 37 ans.

"Plusieurs fois, j'ai moi-même été convoquée par mes patrons pour me demander de maigrir alors que j'avais des postes de standardiste ou quand je travaillais dans une école avec des enfants handicapés", se confie-t-elle à Franceinfo.

Elle a également déjà été confrontée à plusieurs remarques déplacées de la part de son médecin: "Il peut arriver qu'un gynécologue vous dise que ça ne sert à rien de vous visiter parce qu'il y a trop de gras autour ou qu'on ne vous prescrive pas une contraception parce qu'on estime qu'il n'y a pas de rapports sexuels quand on est gros".

La grossophobie n'en finit pas de rabaisser les personnes en surpoids, alors qu'un Belge sur deux en souffre.