Psycho et bien-être

Je serais curieuse de savoir si le titre vous a fait peur ou envie. Je ne sais pas vous, mais moi je suis chaque année un peu plus interpellée par le manque d’engouement envers les fêtes. Il y a, je vous l’accorde, une légère différence entre Noël et la Saint-Sylvestre, mais quand même…

Voyons cela de plus près pour la dernière chronique de l’année de Julie Arcoulin.


Passer Noël seul(e) ?

Pour certains et certaines, les fêtes ont perdu totalement leur esprit de bonne volonté, de partage et de convivialité et sont surtout synonymes de conflits et de disputes familiales. Eh oui, les connotations liées à Noël sont diverses et variées. Finalement, je ne sais pas vous, mais moi j’entends peu de gens parler de Noël uniquement en positif. Il y a toujours un côté "obligation" qui obscurcit le tableau.

Evidemment, il y a aussi ceux qui se transforment en lutin dès le 1er décembre. Ces personnes-là frétillent et s'affairent, d'autres enfilent joyeusement leur pull de Noël et tous se réjouissent de fêter la naissance du divin enfant ou tout simplement de cultiver les traditions de Noël autour du sapin. Eux, seront moins tentés de passer Noël seuls forcément...

L’idée ne vous a jamais traversé l’esprit ? Vraiment ? L’effusion de Noël, les dépenses, le monde dans les magasins, les personnes qu’on doit se farcir avec la dinde. Afficher un sourire alors que, peut-être, on n’en a pas envie. Qu’y aurait-il de mal, finalement, à rester seul avec soi-même lorsque l'on est célibataire ? Certains en ont envie, j’en suis sûre, mais n’osent pas à cause de la pression sociale, ou parce qu’ils ne veulent pas « faire de la peine » à quelqu’un.

Et puis, il y a aussi ces années plus compliquées. Certains sont fatigués, tristes et rêvent en fait de se coucher tôt. Les convenances, les obligations, les devoirs, … on ferait bien de se donner le droit de s’en libérer de temps en temps.


Et le Nouvel an alors ?

Parlons-en ! Allez, avouez-le. De quoi avez-vous vraiment envie ? De faire la fête ? De vous réveiller avec une gueule de bois monumentale le 1er et d’enchaîner avec le dîner familial en ayant la nausée ? Ah oui, il y a aussi les prix majorés. Personnellement, je suis un peu réticente à l’idée de payer le double, voire le triple, du prix de d’habitude rien que parce que c’est le 31 décembre.

Si vous preniez une minute pour faire une pause et vous demander de quoi vous avez vraiment envie ? Vous ne serez pas obligé(e) de révéler le fruit de vos introspections. N’y a-t-il pas quelque chose de l’ordre de « ne rien faire c’est passer pour un loser » qui vous pousse à vous infliger une soirée qui ne vous emballe pas plus que ça ?


Nous craignons souvent la réaction des autres

Le regard des autres, leurs réactions tant redoutées et qui nous privent souvent de faire exactement ce qu’on a envie de faire. Difficile de dire à votre mère : « Maman, cette année, je passe Noël chez moi, tranquillement. » Ou encore de dire à vos amis : « Moi le 31, je passe la soirée devant la télé, seul(e) avec moi-même ». Certains vont comprendre et seront même impressionnés par votre audace ! D’autres, en revanche, seront désespérés pour vous, le prendront personnellement et/ou ne comprendront absolument pas votre démarche. Mais au fond, est-ce tellement important d’être compris ? Ce qui compte n’est-ce pas de vous respecter, de vous écouter et de suivre vos envies ? C’est vrai, cela va peut-être vous coûter cher en justifications. Bien que, selon moi, nous ne devrions pas avoir à nous justifier sur ce genre d’envies.

Briser les conventions et la dictature des fêtes remplies de paillettes et de cotillons demande du courage et de la détermination. Si vous n’êtes pas suffisamment à l’aise avec vous-même pour vous affirmer, il sera difficile de ne pas céder à la pression sociale. Car c’est bien de ça qu’il s’agit, n’est-ce pas ? De pression sociale. Ce qu’on ne fait pas sous la coupe des « ça se fait » et des « ça se fait pas »… Avez-vous déjà réfléchi à la part de libre arbitre que vous avez encore sur ces questions ?


Et si tout ça n’était qu’une question de perspective ?

Finalement, celles et ceux qui vous regarderont bizarrement à votre annonce de passer les fêtes seul(e), ne feront que projeter leurs propres peurs de la solitude et leurs propres croyances. Cette histoire de fêtes, d’engouement, d’obligations, n’est qu’une question de perspective. Vous pouvez très bien décider de passer les fêtes seul(e) et vous réjouir de ce moment calme et serein, seul(e) avec vous. Vous pourrez manger ce que vous voulez, boire ce que vous voulez, regarder ce que vous voulez, aller vous coucher à l’heure que vous voulez. C’est quand même plus alléchant que de vous contraindre à faire des choses que vous n’avez pas envie de faire, non ?

Quoiqu’il en soit, que vous passiez les fêtes seul(e), en groupe ou en très grand groupe, je vous les souhaite belles, sereines et lumineuses. Qu’elles correspondent à ce que vous avez envie de vivre ces soirs-là et rien qu’à cela. Donnez-vous le droit de vous affranchir et de colorer les fêtes exactement comme vous le souhaitez.

Je vous retrouve l’année prochaine avec grand plaisir pour de nouvelles chroniques.


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