Psycho et bien-être

Les fans de Johnny Hallyday se sont réveillés un peu groggy ce 6 décembre. Une vague impressionnante d'hommages s'est manifestée le jour-même. Un mouvement de solidarité que tous ne comprennent pas.

Certains se laissent aller au chagrin, tandis que d'autres s'étonnent de la vague d'empathie envers le chanteur. Comment la disparition d'une personne que l'on n'a jamais rencontré personnellement peut-elle à ce point nous toucher ? Selon David Kaplan, directeur de l'American Counseling Association, "le deuil n'obéit à aucune règle". Il est difficile de savoir pourquoi certaines personnes réagissent de manière disproportionnée. Toutefois, comme l'explique le Huffington Post, "si nous ne pouvons pas l'expliquer, nous ne pouvons pas non plus faire comme si ce sentiment n'existait pas".

"Nous grandissons à leurs côtés. Nous voyons leurs films, écoutons leur musique régulièrement et finissons par les connaître. Dans un sens, elles font partie de la famille, surtout celles que nous aimons vraiment. Lorsqu'elles meurent, c'est comme si un membre de notre famille éloignée nous quittait. C'est quelqu'un que nous avions l'impression de connaître", illustre David Kaplan.

"Ces décès nous touchent personnellement parce qu'ils trouvent en nous un écho profond. Peut-être rêvions-nous de suivre la même trajectoire, ou bien nous ramènent-ils à notre propre mortalité", explique-t-il.

Les réseaux sociaux exacerberaient ce sentiment de perte puis de guérison. L'actualisation permanente des médias, la publication d'articles et l'omniprésence de la nouvelle, y compris dans notre entourage, deviennent presque étouffantes pour certains. Mais surtout, elles rendent inévitable le sujet.

"Nous sommes des êtres sociaux. Nous avons besoin des autres face à l'adversité et cela se traduit de manière différente selon les générations. Etre avec les autres physiquement (...) ou bien en ligne. Que des centaines de personnes disent comprendre ce que l'on ressent contribue à notre guérison." La disparition d'un personnage public crée donc selon David Kaplan une connexion universelle entre les gens. 

Selon Samantha Jeffries, coach d'affaires et blogueuse, "publier ce que l'on ressent sur les réseaux sociaux fait naître un sentiment de communauté. En offrant nos pensées et nos expériences au regard des autres, c'est presque comme si nous vivions ce deuil ensemble".