Psycho et bien-être

Le burn-out parental touche un parent sur dix, en moyenne. Les parents “avec un niveau d’éducation” élevé seraient les plus touchés. En cette période de Noël, le sentiment de mal-être et de stress de ces personnes perdues peut s’accentuer.


Fatigue psychique et physique, tristesse, envie de tout plaquer et de quitter les siens… Le burn-out parental est une réalité de plus en plus fréquente.

Selon Isabelle Roskam, professeur à l’Institut de recherche en sciences psychologiques de l’Université Catholique de Louvain (UCL), le burn-out parental toucherait “entre 3 et 12 % des parents. En réalité, la vérité se trouve au milieu des deux. Plus ou moins 6 % des parents en souffrent.”

Un phénomène en expansion

Concrètement, les parents à bout s’épuisent dans le noyau familial au lieu d’y puiser leur énergie. Ils veulent tout contrôler, tout faire de façon parfaite et devenir des parents modèles, à l’image des familles qui les font fantasmer. Or, l’enjeu de la perfection devient vite un piège duquel les parents en détresse ont du mal à sortir… Ce type de burn-out se repère à trois symptômes : une impression de fatigue intense liée au lien parent/enfant, une distance émotionnelle et, enfin, la culpabilisation et l’impression d’être un mauvais parent.

Les cas de burn-out parental sont nombreux. Un phénomène en expansion. “On est confrontés à de plus en plus de mères dépassées”, constate le Dr Maryam Bastan, responsable de la clinique du stress au CHU Brugmann.

Un nombre grandissant de cas parce qu’un tabou se lève ? “Non”, répond la psychiatre. “C’est probablement lié à l’évolution. Avant, les femmes n’avaient pas d’emploi ou avaient des jobs à temps partiel. Aujourd’hui, les femmes sont plus nombreuses à essayer de mener de front une carrière et une vie de couple, une vie de famille. Ce qui n’est pas sans difficulté pour celles qui cherchent à exceller dans tous les domaines et n’osent pas dire non. Car dire non revient à faire un choix, à renoncer à certaines choses.”

La psychiatre bruxelloise explique que le burn-out affecte plus souvent les personnes avides de bien faire, consciencieuses et qui “ont des difficultés à dire non. Elles recherchent la perfection.”

Mères en détresse

Dès lors, les fêtes de fin d’années, fortement chargées émotionnellement, peuvent vite devenir un calvaire pour un parent qui éprouve un stress intense à être chez lui. “L’organisation des fêtes demande une certaine énergie : le parent en burn-out peut se sentir dépassé par les tâches à accomplir pour que la fête soit parfaite. Demander de l’aide est très difficile, le sentiment culpabilité peut s’accentuer… Ou, au contraire, les personnes qui ont profité des fêtes peuvent souffrir d’un blues post-fêtes, aggravant la situation quotidienne.”

Maryam Bastan remarque que le burn-out parental affecte plus souvent les mères. “En plus de la gestion quotidienne, le travail est exigeant. Même si la répartition des tâches ménagères est mieux répartie, il n’est pas rare de constater que l’on se repose plus sur les femmes que les hommes. Lors des fêtes, on compte plus facilement sur la mère pour les repas, les courses, les idées cadeaux, la décoration… Il reste un certain déséquilibre dans ce partage des tâches.”

Le regard des autres et sur les autres peut aussi empirer la situation. On se compare aux autres, on fantasme sur certaines images familiales… “Arrêter de travailler pour s’occuper à temps plein de ses enfants n’est, aujourd’hui, plus considéré comme une fonction à part entière”, regrette le Dr Maryam Bastan. “On souffre aussi de la comparaison aux autres, du fait de ne pas pouvoir demander de l’aide et de ne pas fixer des limites. L’épuisement n’est pas loin…”

Il faut se préserver et écouter son corps, précisent les médecins. “On doit s’écouter, écouter son corps et poser ses limites quand on ressent une grande fatigue, un épuisement ou des maux psychosomatiques tels que des maux de dos”, détaille le Dr Maryam Bastan. Et oser en parler et demander de l’aide au besoin.