Psycho et bien-être

Examinons quelles pourraient être les causes du manque d’autorité avec Nathalie Vancrayenest, coach parentale et scolaire.


La première cause de confusion est à rechercher dans l’éducation stricte et autoritaire reçue par le ou les parents. Pour l’avoir vécue, beaucoup d’adultes craignent de faire preuve d’autorité avec leurs enfants au risque de devenir laxistes, démagogues.

Ils confondent autorité et autoritarisme, ce dernier représentant le commandement brutal, en se donnant des droits et des privilèges. Dans l’éducation d’un enfant, cela se traduit par des ordres et des décisions arbitraires. Le parent justifie son autoritarisme par des valeurs auxquelles l’enfant doit se conformer. Ce parent est centré sur ses pulsions, ses besoins, son confort et cela même au détriment de l’enfant.

L’autorité est une responsabilité à trois composantes : les compétences, les droits et les devoirs. Elle exige un équilibre entre fermeté et souplesse. L’adulte transmet à l’enfant la "loi" qui permet le "vivre ensemble". L’autorité, c’est expliquer et faire respecter les règles.

Une seconde cause est certainement à chercher dans la place centrale que prennent nos enfants dans la famille. Pour une majorité d’entre eux, ils ont été désirés et ne sont pas le fruit du hasard. Les parents les aiment et attendent de la réciprocité de leur part. Ils croyent qu’ils les aimeront moins s'ils ne satisfont pas à tous leurs désirs.

Une troisième cause fréquente du refus d’autorité des parents réside dans le fait que nous travaillons beaucoup et que nous souhaitons partager avec nos enfants des moments de plaisirs, prendre du bon temps avec eux sans leur imposer de règles et de limites.

Bien des raisons sont envisageables et chaque parent pourra s’interroger sur son éducation et les traces qu’il en conserve.


L’autorité bienveillante

L’autorité n’exclut pas l’amour et le respect. L’apprentissage des règles, des limites est indispensable à la vie en collectivité et au bonheur de nos enfants.

Ceux-ci sont en construction et ils ne peuvent pas renoncer seuls à leur toute-puissance et au principe de plaisir. Ils ont besoin d’adultes pour les guider, pour leur offrir un cadre sécurisant et stable dans lequel ils peuvent agir en toute autonomie. Dès lors, l’autorité bienveillante apprend à l’enfant à se comporter en être civilisé. Elle l’aide à comprendre et intégrer les lois. Je ne parle pas d’une obéissance aveugle ni d’une soumission au plus fort.


Quelques idées pour ne pas tout accepter, sans lui dire "non" en permanence

Prenez le temps de déterminer ce qui est négociable et ce qui ne l’est pas comme la sécurité, la santé, les soins, l’enseignement… Négociable ne veut pas dire instable et selon le bon vouloir du moment.

Fixez des règles claires et précises. Elles seront en accord avec les valeurs qui ont du sens pour vous et que vous incarnez au quotidien. Les enfants sont très sensibles à la cohérence. Ils n’adhèrent pas à une valeur affichée, mais non incarnée par leurs parents « fais comme je dis, pas comme je fais » ne les aide pas à grandir.

Définissez quelques règles simples, exprimez-les de manière impersonnelle pour renforcer l’idée qu’elles s’appliquent à tout le monde, adultes y compris « On éteint son GSM lors du repas » par exemple.

Les règles doivent être stables et contextualisées « Les enfants de maternelle se couchent à 20h, les enfants de primaire à 20h15 les veilles d’école ». Ce qui vous laissera de la souplesse pour les week-ends et les vacances. Si la règle change, expliquez la raison du changement, attention aux exceptions que l’enfant tend à généraliser.


Et si ça ne marche pas...

La règle devra être répétée encore et encore (l’éducation s’apparente souvent à un 45 tours rayé). Les transgressions seront le choix de l’enfant, la sanction suit la transgression. Eh oui, la règle sans sanction n’a pas de valeur. La sanction aide l’enfant à prendre conscience de ses actes en rappelant la règle, elle l’aide à réparer, à sortir de la culpabilité, à regagner son estime de soi. La sanction doit être décidée à froid (avant si possible, mais vous ne pouvez pas tout prévoir), proportionnelle, limitée dans le temps, rapidement mise en œuvre et équivalente pour tous.

Ensuite, vous vous attacherez à comprendre pourquoi il y a eu infraction : est-ce une méconnaissance, des limites trop vagues, une règle inapplicable, un besoin d’attention, un besoin insatisfait ? La transgression indique souvent que l'évolution de la loi devient nécessaire.

Jouez avec vos enfants pour leur transmettre l’envie de respecter les règles, jouer favorise aussi la cohésion familiale.

Faites-leur découvrir les effets de causalité de la nature, des sciences. Faites-leur prendre conscience des lois, règlements, codes qui les entourent.

Acceptez que votre autorité soit contestée, cela prouve sa légitimité, la remise en cause ne pourra pas intervenir au moment d’une sanction (trop facile). C’est aussi le signe que votre enfant a une pensée indépendante.

Écoutez les envies de l’enfant avant de dire « non ». Questionnez-le sur son envie « Il est comment le camion de pompier que tu veux ? …… Je te propose de l’inscrire, de le dessiner sur ta liste de cadeaux pour ton anniversaire.

Proposez des choix secondaires, lorsque la règle n’est pas négociable “Se laver est non négociable, le parfum du savon peut l’être”.

Et si vous profitiez des vacances et de la rentrée scolaire pour mettre tout cela en application ?

>> Grandir en confiance