Psycho et bien-être La phobie est une peur irrationnelle, un mécanisme d’anxiété qui n’a rien à voir avec le danger réel. Facile à dire… Pour en venir à bout, il faut rééduquer son cerveau en s’y exposant progressivement.

Vous ne pouvez pas prendre l’avion

"L’avion est le moyen de transport le plus sûr du monde". C’est une réalité que tous les chiffres officiels confirment. Il arrive très, très loin devant les deux-roues et la voiture, le bus et le train. D’après les statistiques comparant les accidents et le nombre de passagers transportés, la fiabilité du transport aérien s’élève à 99,99998 %. Pour aller mieux : la désensibilisation peut se faire en regardant des photos, puis des vidéos d’avion. Une fois à l’aise, on complique les choses en visionnant des images de crashs. "Plus on les regarde, plus le cerveau s’habitue et les digère", dit Vincent Trybou.

Cela semble contre-intuitif ? "Ce n’est pas la confrontation avec la peur qui aggrave la phobie", répond le psychologue. C’est l’évitement, car c’est lui qui renforce l’idée qu’il y a un danger." Les spécialistes conseillent aussi de visualiser le trajet en avion. Confortablement assis, on ferme les yeux et on effectue plusieurs respirations profondes. Puis on imagine le voyage, étape par étape : l’embarquement, la fermeture des portes, le décollage… On continue à respirer lentement pour réduire l’angoisse, et on répète l’exercice.

Face à la peur de faire une attaque de panique, Vincent Trybou conseille la thérapie d’acceptation et d’engagement (ACT). "Il s’agit de travailler sur l’acceptation de l’angoisse, comme une étape nécessaire pour retrouver une vie normale", précise-t-il. Plutôt que de chercher à la combattre à tout prix, on accepte la probabilité d’une crise de panique de 15 minutes, avec, pour récompense, de pouvoir faire ce voyage que l’on souhaite tant. "Quand la personne est dans l’avion et qu’elle sent monter l’angoisse, elle se dit ‘Eh bien tant pis ! Je préfère faire une crise passagère plutôt que de me priver de ce qui me plaît’. Cela va stopper l’attaque de panique."


Vous craignez les insectes ou les serpents

Les araignées, les guêpes ou les couleuvres semblent imprévisibles et dangereuses. On craint d’être attaqué, voire de les avaler et de s’étouffer, pour les premières. Pourtant, leur but n’est pas de nous blesser, mais de trouver de la nourriture ou un partenaire. 

Pour Vincent Trybou, il est important de prendre du recul : "Si on pense avoir raison, cela décuple l’angoisse." Pour aller mieux : on commence par se désensibiliser au mot lui-même, en demandant à un proche de le prononcer. Une fois que l’on se sent à l’aise, on continue avec des images, puis des photos. On se confronte ensuite à des vidéos sans le son, puis avec, en prenant le temps de s’habituer à chaque étape : d’abord quelques secondes, puis de plus en plus longtemps, jusqu’à atteindre 40 minutes. 

On fait des pauses pour respirer profondément. "Il faut rester suffisamment longtemps dans chaque situation pour que le cerveau ait le temps d’enregistrer le message", dit Vincent Trybou.