Psycho et bien-être

On l'a conçu dans la joie et l'allégresse. On l'a attendu avec impatience et curiosité. Maintenant qu'il est là, on avoue être un peu déboussolé, voire complètement à côté de la plaque. Bonne nouvelle : ça finit par s'arranger.


"J'ai le baby-blues"

Malgré le bonheur et la joie, maman traverse une phase de tristesse, de doute, d’anxiété quelques jours après la naissance. Ce petit passage à vide, appelé baby blues (à ne pas confondre avec la dépression postnatale, plus durable) est un phénomène fréquent et heureusement éphémère. Il s'agit d'un contrecoup émotionnel et physique qui correspond d'abord à la chute brutale du taux d’hormones de grossesse, mais aussi à l’augmentation des taux d’ocytocine (qui correspond à la montée de lait) et de prolactine (qui favorise la lactation). Il faut ajouter à cela les douleurs et inconforts liés à l'accouchement et une certaine détresse devant les pleurs de l'enfant.

"En arrivant à la maison, j'étais nouée, prête à pleurer pour un rien. Heureusement, Jean-Philippe était calme et ça m'a beaucoup aidée", se souvient Clara. Il est, en effet, important que la femme ne reste pas seule face à ses inquiétudes et trouve le moyen de s’en libérer en parlant avec son compagnon notamment. Bonne nouvelle : le baby blues ne dure que quelques jours. Si cela ne suffit pas, il ne faut pas hésiter à recourir à des remèdes doux comme l'homéopathie, la sophrologie, la relaxation. Consulter un médecin si cela dure plus d'une semaine.


"Je n'arrive pas à suivre"

La chambre de bébé a beau être fin prête et son lit rempli de doudous, les petits vêtements méthodiquement pliés dans l'armoire, les langes rangés sous la table à langer avec toute la panoplie de toilette, maman et papa ont l'impression de pédaler dans la choucroute. "On pensait profiter du congé de maternité et de paternité pour se promener, mais on n'arrivait pas à suivre entre les biberons, les couches, les réveils nocturnes, les coliques, les soins... On est pourtant des personnes organisées, mais ça a été le bazar dans nos vies. A tel point que j'étais content de recommencer le travail", témoigne Jonathan.

Devenir parents, c'est dans le cours naturel des choses, mais comme pour conduire une voiture, ce n'est pas inné. Pour faciliter le retour de la maternité, veillez à avoir le frigo et le congélateur remplis de plats – maison de préférence, mais une pizza peut faire l'affaire de temps en temps – qu'il suffit de réchauffer. Et une gentille voisine/maman/amie qui vous réapprovisionne. Il faut aussi prévoir, avant l'accouchement, une aide-ménagère, qu'il s'agisse d'une professionnelle ou d'un coup de main familial. Au début, s'occuper de bébé prend toute la journée. Il est normal de ne pas trouver de temps pour la cuisine et le ménage. Bonne nouvelle : ça s'améliore après quelques semaines. "On a trouvé notre routine au fil des jours. Il faut courir, mais on s'adapte", raconte Valérie après-coup.


"Je n'arrive pas à dormir"

Les premières semaines de sa vie, voire le premier mois, bébé n'a aucune notion du jour et de la nuit. Résultat : il se réveille dès qu'il a faim. A son rythme : toutes les quatre heures (Alléluia !) ou toutes les deux heures (bouhouhou !). C'est ce qui explique les cernes sous les yeux des jeunes parents. D'autant plus que papa, une fois son congé de paternité terminé, doit assurer au boulot malgré ses nuits entrecoupées de pleurs. Et que maman n'arrive pas à récupérer en journée même si elle est seule avec bébé à la maison. La situation semble désespérée, elle ne l'est pas, rassurez-vous.

"On a placé le lit d’Émilie dans notre chambre, au moins dans les premiers temps. De cette façon, on a pu s'habituer à ses rythmes et reconnaître les signes annonciateurs de la fin de ses phases de sommeil : cela nous a permis d'avoir, elle et nous, des réveils plus en douceur", raconte Sibylle. Faire dormir bébé dans la chambre n'est pas déconseillé les premiers mois, surtout si maman allaite. S'il est nourri au biberon, pourquoi ne pas tenter un tour de garde. Papa se lève pour donner le bibi une nuit sur deux et l'autre met des bouchons d'oreilles pour ne pas se réveiller. De son côté, maman ne doit pas culpabiliser à dormir dès que son bout de chou est à la sieste, ne serait-ce que par périodes de 20 minutes. "Les parents perdent jusqu'à 44 nuits de sommeil la première année après l'arrivée de bébé", affirme la psychothérapeute Michèle Freud. "A la longue, le manque de sommeil peut provoquer des troubles de la mémoire, de l'attention, de vigilance, d’efficacité, mais aussi des troubles de l'humeur et de l'immunité."

D'où l'importance d'inciter le nouveau-né à faire ses nuits. En le mettant dormir dans l'obscurité totale la nuit et avec un peu de lumière naturelle la journée. "Ce que je dis aux parents épuisés, c'est qu'à partir de deux mois de vie, il faut lui faire comprendre qu'il n'y a rien d'intéressant pour lui la nuit, révèle une pédiatre namuroise. Quand on se lève pour le nourrir, il ne faut pas allumer la lumière, pas lui parler, pas faire de câlins, le nourrir et le remettre au lit. Au bout de quelques jours, il devrait faire ses nuits". Et maman récupérer son teint de jeune fille, ouf !


"On n'a plus de vie de couple"

Si l’enfant devient bien naturellement le centre de l’attention, les nouveaux parents doivent aussi savoir se ménager des moments à eux. Recharger ses batteries, ne pas sacrifier systématiquement ses besoins, ne pas faire passer son conjoint ou ses proches au second plan... Facile à dire. Comment faire lorsqu'on nourrit son bébé et que, dès lors, on ne peut passer plus de deux heures loin de lui. Comment arriver à quitter ce petit être aussi dépendant de nous ? Avec un peu d'aide et en mettant de côté son sentiment de culpabilité. Lorsqu'il ne travaille pas, le samedi par exemple, papa sera sans doute ravi de gazouiller quelques heures sans témoin embarrassant. Mamy sera certainement fière d'avoir la responsabilité de bébé, ne fut-ce que pendant une après-midi.

Pour les mamans allaitantes, il est possible de réserver son lait au frigo dans un biberon et de le faire réchauffer (au bain-marie, pas au micro-ondes) par quelqu'un d'autre pendant son absence. Et contrairement à ce que les intégristes de l'allaitement affirment : ce n'est pas un bibi de temps en temps qui l'éloignera de votre sein. Mieux vaut une maman épanouie qu'une loque prisonnière de son bébé ! "C’est vrai qu’au début, je culpabilisais à l’idée de laisser Emilie, ne serait-ce qu’une après-midi pour aller chez le coiffeur", se souvient Delphine. "Mais j’ai réalisé qu’il fallait aussi que je prenne un peu de temps pour moi et pour mon couple. Ne serait-ce qu’en allant acheter une nouvelle robe pour notre anniversaire de mariage. Ou en s’accordant une sortie en amoureux pour ne pas oublier qu'on est aussi un couple et pas seulement des parents. "


"C'est que du bonheur !"

Heureusement, l'arrivée de bébé dans le foyer n'est pas seulement synonyme de tracas et d'angoisses. La plupart du temps, il s'agit d'un moment de félicité que les deux parents peuvent partager d'autant plus qu'ils prennent ensemble leur congé de maternité et de paternité. Si le couple vit ensemble ce chamboulement, il se retrouvera encore plus soudé qu'auparavant. Malgré la disparition des sorties imprévues et d'une certaine insouciance, il entre dans une nouvelle dimension. "Les premiers mois sont de véritables épreuves. Mais ils sont aussi des instants uniques, précieux, irremplaçables, exceptionnels, essentiels, inestimables… Ce petit sourire que je vois chaque matin sur le visage de mon enfant le mérite tellement !", assure Élisa. "C’est vrai que c’est un bouleversement et même une rupture dans la vie d’un couple", ajoute son compagnon Étienne. "Mais en même temps, cela marque le prolongement et l’approfondissement de notre relation amoureuse."