Psycho et bien-être Si tous les adultes ou presque aspirent aux vacances, pour certains enfants de couples séparés, les grandes vacances sont une période éprouvante, car elles riment avec éloignement. La dernière chronique de la coach scolaire et parentale Nathalie Vancrayenest.


Bien sûr, un accord, un jugement prévoit le découpage des vacances en deux parties équitables ! Mais comment partager au mieux cette période pour le bien-être des enfants ? Le partage le plus répandu est celui par quinzaine. Mais voilà, pour un enfant de moins de 10 ans, cette période de 15 jours peut paraître longue et insécurisante.


La perception du temps est variable

Les enfants en fonction de leur âge ont une perception du temps complètement différente de celle des adultes.

Les bébés de 0 à 3 ans. À cet âge, les enfants n’ont pas encore suffisamment de mémoire cognitive pour se souvenir d’un objet ou d’une personne hors de leur champ de vision ; lorsque maman ou papa se cache derrière leurs mains, elle/il disparaît, n’existe plus. Avant 3 ans, une rupture d’une semaine ou plus avec sa figure d’attachement primaire aura des conséquences au niveau de la santé mentale du tout petit. L’insécurité vécue par le bébé est double : non seulement il ne peut pas faire appel à sa base de sécurité et en plus il est privé de ses repères spatiaux familiers (lieux, objets,). Les bébés et les jeunes enfants développent des troubles affectifs liés au sentiment d’insécurité qu’ils ont ressenti.

Les bébés et les très jeunes enfants ont besoin de stabilité, de permanence, de continuité, mais pas de vacances loin de leur figure d’attachement primaire.

Les 3 à 5 ans. Ils ont intégré la permanence de l’objet et ils ont une image plus claire d’eux, ils savent aussi qu’ils sont des individus à part entière, détachés de papa et maman. Mais ils ne sont pas encore capables de surmonter de longues périodes sans leur figure d’attachement primaire, s’ils n’ont plus besoin de l’avoir en visuel, ils doivent la savoir accessible pour assurer leur sécurité et leur confiance.

De 6 à 12 ans. À cet âge, ils sont capables, moyennant quelques objets transitionnels et un contact en cas de coup dur, de s’éloigner 1 à 2 semaines de leur figure d’attachement primaire. Prudence, si ce sont vos premières vacances depuis la séparation. En effet, votre enfant n’a certainement pas encore restauré sa confiance et il est probable qu’il se sente en insécurité. Impliquez-le dans l’organisation des vacances. Arrangez-vous pour qu’elles ne l’empêchent pas de participer aux camps scouts et stages qu’il affectionne…

Les 13 -18 ans. C’est certainement avec eux qu’il est le plus facile de voyager. Encore faut-il que les parents s’entendent et respectent leurs impératifs d’ado : camps scouts, stages… et même voyages entre copains. Tenez compte de leur avis dans l’organisation.

Lorsque les enfants n'expriment pas leurs émotions, c’est leur comportement qui les révèle. Il est important d’observer le comportement des enfants lorsqu’ils sont éloignés d’un de leurs parents. Un comportement a toujours une raison, il est toujours lié à une pensée, une émotion.

Tout se passe pour le mieux et d’un seul coup le comportement de votre “bout'chou” change.


Quels sont les comportements qui doivent vous alerter ?

Tous les changements de comportement sont annonciateurs d’une perturbation dans l’émotionnel de votre enfant : que ce soit la perte d’appétit, l’agressivité, la colère, une opposition plus virulente, des pleurs, de la morosité, de la tristesse. Toutes leurs émotions sont à prendre au sérieux.

Un comportement suradapté cache souvent une colère que l’enfant n’ose pas extérioriser. Les comportements bruyants, revendicatifs masquent l’incertitude et les peurs. Les attitudes “pot de colle” sont l’expression des peurs, de l’insécurité qu’il vit.

Toutes les régressions signalent le mal-être de l'enfant. Les terreurs nocturnes et les cauchemars sont d’autres symptômes du stress important qu'il ressent.

Il se peut aussi que l’enfant développe des comportements obsessionnels, qu’il somatise son état par des maux de tête, de ventre, d’eczéma, d'asthme…

Les comportements figés, de repli, le regard vide et fixe (durant plusieurs heures) sont des signes d’un sentiment dépressif chez l’enfant.

C'est au retour auprès du parent qu’il considère comme sa base de sécurité qu'il exprimera par des coups de poing, de pied toute la colère qu’il a contenue.


Comment aider son enfant ?

Choisissez des destinations en fonction de l’âge des enfants, fractionnez les périodes.

Ne rentrez pas dans la surenchère des destinations lointaines. Pour les moins de 5 ans découvrir les éléphants c’est drôle au Jardin zoologique pas dans la savane africaine.

Acceptez les objets transitionnels comme les doudous (même pour les plus grands), une photo de l’autre parent ou tout autre objet important pour lui.

Ne le culpabilisez pas parce qu’il ressent une certaine tristesse durant les vacances. Le temps sans l’autre parent peut lui paraître long, il peut aussi culpabiliser et s’inquiéter pour celui qui est absent. Dans ce cas, organisez un rendez-vous téléphonique ou mieux un appel vidéo.

Donnez explicitement la permission à votre enfant de s’amuser pour qu’il puisse apprécier les moments qu’il passe sans vous.

N’imposez pas à vos enfants votre nouveau conjoint et sa famille pour la première fois.


>> Passez de bonnes vacances, amusez-vous ! Je vous retrouve, avec plaisir, en septembre. L'été de grandir en confiance