Psycho et bien-être Jamais satisfait, à la recherche constante de la perfection, beaucoup d’entre nous se reconnaîtront dans ces états d’esprit. Vouloir s’améliorer, c’est une chose. Mais être en constant combat avec soi-même et les autres pour faire mieux et parfait, cela peut faire de gros dégâts. Cette semaine, focus sur ces gens qui ne sont jamais satisfaits parce que toujours à la recherche de la perfection. La chronique désormais bimensuelle de Julie Arcoulin, notre spécialiste en développement personnel et relationnel.


Qu’est-ce que la perfection ?

C’est là une question essentielle. Car le gros problème des personnes perfectionnistes, c’est qu’elle se font une idée de ce que devraient être les choses mais en mettant la barre bien trop haut et souvent en tentant d’atteindre l’inaccessible. De plus, quand elles sont proches du but, elles remontent la barre encore un peu plus haut et ne l’atteignent donc jamais.

La perfection est une notion extrêmement relative. C’est quoi quelque chose de parfait ? Ce qui est parfait pour l’un, ne le sera pas pour l’autre. Et inversement. Comment donc arriver à satisfaire tout le monde ?

Je vous l’accorde, c’est souvent un challenge de soi à soi. Les perfectionnistes sont champions pour se mettre la pression tout seul sans que personne ne le leur demande. Ils s’inventent des contraintes et des exigences qui leur font perdre un temps considérable, j’y reviendrai.


Les dangers du perfectionnisme

La perte de temps, vous disais-je. Pendant que les perfectionnistes sont en train de relire, recorriger, recommencer, peaufiner, remettre en question leur travail et/ou tâches à accomplir, les autres arrivent plus facilement à profiter du moment présent et à s’octroyer du temps libre. Ce degré d’exigence demande beaucoup de temps, temps qu’il est donc impossible de passer avec d’autres personnes ou à faire d’autres activités.

L’un des autres dangers de cette manie est que lorsqu’on a un tel niveau d’exigence envers soi, on l’a aussi envers les autres. Cela peut sérieusement nuire aux relations que vous tissez avec votre entourage. Si vous vous reconnaissez dans le profil du perfectionniste, mettez-vous bien en tête que vous ne pouvez pas imposer cela à tout le monde. D’abord parce que ça vous appartient, ensuite parce que, comme je vous le disais, la notion de perfection est très relative.

Le perfectionnisme pousse aussi à l’intolérance dans certains cas. Et cela se répercute forcément sur l’estime de soi des uns et des autres.


D’où vient ce besoin ?

Difficile d’identifier une origine valable pour tout le monde une fois pour toutes, évidemment. Ce que l’on constate chez les personnes perfectionnistes, c’est qu’elles sont dans la recherche de la performance. Être le/la meilleur(e), le/la plus rapide, l’employé(e) de l’année, la maman parfaite, l’épouse parfaite (et ça marche aussi au masculin). Mais pourquoi ? Pour qui ? Cela cache très souvent un besoin d’être aimé et reconnu.

Ces personnes ont également été élevées dans le culte de la performance : tu dois être le premier de la classe, le meilleur en sport,… Ou alors, au contraire, n’ayant pas été poussé(e) étant enfant, elles se sont fait la promesse qu’elles seront les meilleures dans tout une fois adulte.

Cela peut aussi répondre à des injonctions familiales puissantes : « Sois parfait(e) !" par exemple. Je pense aussi à une maman, reçue en consultation, pour qui il était essentiel d’avoir une famille parfaite parce que sa mère avait complètement raté la sienne.

Les origines de cette recherche de la perfection peuvent être multiples, comme vous le constatez. Il est important, comme toujours, de définir si c’est bien vous qui êtes à la recherche de cette perfection inatteignable ou si vous obéissez à quelqu’un, à une injonction, si vous pensez obtenir la reconnaissance ou l’amour par le biais de la perfection. Interrogez ce besoin d’être parfait, c’est déjà le début de la liberté.


Comment relativiser et diminuer son niveau d’exigence ?

La première étape, je vous le disais, consiste à interroger ce besoin de perfectionnisme. Si vous vous rendez compte qu’il n’est en fait « pas à vous », ayez conscience que vous pouvez vous en détacher et vous en libérer et que cela fera terriblement diminuer la pression avec laquelle vous vivez.

Relativisez ! Est-ce si grave de ne pas atteindre la perfection ? Qu’est-ce que cela changera fondamentalement dans votre vie si vous l’atteignez et, même et surtout, si vous ne l’atteignez pas ?

Demandez-vous quel est le sens que vous mettez au perfectionnisme et ce qu’il vous permet d’atteindre : le bonheur ? La reconnaissance ? Qu’est-ce que cela vous apporte réellement ?

Cette recherche est un cercle vicieux. Vous avez le chic pour monter la barre chaque fois un peu plus haut et ainsi ne jamais être satisfait. Le danger est de ne pas éprouver de plaisir à force d’être dans la recherche du « toujours plus ».

D’autre part, il n’est pas question d’abandonner la totalité de votre perfectionnisme, cela a du bon. Mais diminuez votre niveau d’exigence envers vous-même vous permettra de goûter au plaisir de faire les choses bien et d’avoir en même temps du temps pour le reste. Soyez indulgents envers vous-même.

Je vous recommande de lire également cette chronique si vous êtes du genre perfectionniste.

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