Psycho et bien-être Certains en rêvent, d’autres le redoutent et d’autres encore se disent : « Moi ? Jamais ! ». Qui sont ces personnes qui voyagent seules ? Que cherchent-elles ? Comment font-elles ? Pour cette dernière chronique avant les vacances, Julie Arcoulin fait le point sur ce phénomène en vogue.


D'abord, une question. Y a-t-il un type de voyageur solitaire ? Ce qui est certain, c’est qu’il faut avoir apprivoisé la peur de la solitude et avoir confiance en soi. Pour partir à l’aventure, il faut croire en ses capacités de débrouillardise, de réaction et d’adaptation. Si vous pensez que vous êtes incapable de voyager seul(e) parce que vous ne savez pas vous débrouiller, commencez par faire un travail sur vous-même afin de vous autonomiser. Que vous décidiez de voyager seul(e) ou pas, ce sera bénéfique.

Les voyageurs/euses solitaires sont souvent à la recherche de quelques chose : plus de liberté, une rencontre avec soi, la possibilité de faire ce qu’ils/elles veulent, découvrir des horizons différents, faire une pause. Les motivations sont diverses et variées. Parfois, il s’agit simplement d’une envie de découvrir un pays qui ne tente personne d’autre. Pourquoi se priver sous prétexte que personne ne veut vous accompagner ?

Célibataire ou en couple, le voyageur solitaire a besoin de prendre du temps pour lui dans un espace où il se sent libre et où il n’est pas obligé de prendre quelqu’un d’autre en compte.


Les excuses sont faites pour s’en servir

Vous en rêvez, mais vous n’osez pas ? Et vous attendez que quelqu’un soit disponible pour aller visiter cet endroit qui vous fait tant envie. C’est dommage de dépendre de l’agenda des autres pour ses propres envies d’évasion, non ?

La peur de voyager seul(e) cache souvent autre chose. Peur d’être face à soi-même, peur de l’abandon, dépendance aux autres,… Le fait de rejeter complètement la possibilité de voyager seul(e) est, en tout cas, le signe de quelque chose. Bien sûr, voyager en couple, à plusieurs, entre amis, présente des avantages, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit ! Mais ce sont deux approches totalement différentes et compatibles.


Ils/elles ont osé

© Marc Rafanell Lopez on Unsplash

Je me souviens d’une jeune femme que j’ai accompagné quelque temps. Elle sortait d’une rupture difficile et rêvait, depuis longtemps, de faire le tour du monde ! Elle n’osait pas, ce n’était pas raisonnable, ce n’était pas le bon moment,… Finalement, un jour elle est arrivée à notre rendez-vous en me disant : je pars ! J’étais sincèrement heureuse pour elle. Lors de son périple, j’ai reçu quelques nouvelles. Des bonnes nouvelles ! Elle était enchantée d’avoir osé et ce qu’elle découvrait la comblait. Pas seulement ce qu’elle voyait et apprenait des pays et régions qu’elle visitait. Mais surtout ce qu’elle découvrait d’elle-même.

Une autre femme m’a un jour raconté, pleine de nostalgie : « Voyager seule, c’est goûter à une liberté difficilement accessible dans nos vies quotidiennes. On est étriqués dans des horaires, des habitudes, des responsabilités. Loin, seul(e) avec soi-même, on a la chance de faire ce que bon nous semble. Ne pas se demander ce dont l’autre a envie, ne pas sacrifier sa propre envie parce que son compagnon de voyage en a une autre. C’est aussi faire une rencontre incroyable avec soi-même, se dépasser, se rendre compte que l’on peut être un très bon compagnon pour soi. Lorsqu’on revient d’un voyage solo, on n’est plus tout à fait pareil. Notre relation avec nous-même a changé, notre relation aux autres. On voit les choses différemment et on a qu’une envie : recommencer. »


Est-ce que tout le monde est fait pour ça ?

Difficile à dire. Il me semble que tout le monde en est capable en tout cas. La condition de base est d’en avoir envie. Evidemment, vous avez le droit de ne pas être tenté(e). Je vous invite, tout simplement, à vous demander pourquoi vous redoutez de voyager seul(e). Cela vous donnera de bonnes indications sur les parts de vous-même à apprivoiser.

De plus, il n’est pas obligatoire de partir à l’autre bout du monde. Vous pouvez commencer par des destinations proches et des séjours courts. Mais attention, vous risquez d’y prendre goût ! S’offrir une pause avec soi-même de temps en temps est un luxe.

Voyager seul(e) n’est pas forcément sans embûche. Beaucoup de voyageurs solos avouent volontiers qu’ils passent par des moments sombres. La solitude, la nostalgie, l’ennui, l’envie (parfois) de pouvoir partager ce paysage ou cette aventure avec quelqu’un. Il y a même des moments tristes. Mais finalement, lorsque l'on voyage en solitaire, on ne le reste pas longtemps si l’on décide d’aller vers les autres.


Lancez-vous

Si c’est une idée qui vous titille depuis un moment, allez-y ! Offrez-vous un week-end pas trop loin de chez vous pour commencer. Voyez comment vous vous sentez, apprenez à vous connaître en voyageur/euse solo. Faites l’expérience au moins une fois afin de décider, ensuite, si oui ou non c’est fait pour vous. C’est dommage de rejeter l’expérience parce qu’elle vous fait peur. Il faut au moins expérimenter avant de décider.

Et puis, au pire, il vous reste les vacances en famille ou entre amis. C’est pas si mal non plus.

Je vous souhaite un été ressourçant et apaisant, où et avec qui vous le passiez…

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