Royals La défense du Prince est sortie du silence jeudi dernier. Le Parlement est prêt à l’entendre, comme elle le demande.

Le prince Laurent est, depuis le mois d’août, au centre d’une polémique qui le mine. Sa présence à une réception de l’ambassade de Chine, sans en avoir informé le ministre des Affaires étrangères, irrite le gouvernement. Le Premier ministre, Charles Michel, a fait part de sa volonté de raboter sa dotation de 15%, soit près de 46.200 euros de moins pour l’année 2018.

"On déplore qu’une sanction ait été annoncée dès le mois d’août, avant qu’on ne soit entendus", regrette Me Laurent Arnauts, l’avocat du prince Laurent. Pour sa défense, la présence du prince Laurent à la réception à l’ambassade de Chine n’a pas "d’impact politique. C’était une réception de 600 personnes à laquelle il a été convié, ce n’était pas un rendez-vous avec une autorité. Il a fait acte de présence. Cela se fait dans un contexte où les relations diplomatiques avec la Chine sont excellentes. Le prince Philippe y est allé cinq fois, et il y a eu deux visites d’État de part et d’autre. Cette année-ci encore, huit traités commerciaux ont été signés avec la Chine. C’était une activité de représentation du Prince, comme il en a d’autres. Il y avait le chef de la Marine belge et le chef de la Défense de l’Union européenne à cette réception, parmi les 600 invités. C’est au gouvernement de démontrer un impact politique, on aimerait bien savoir lequel."

Plutôt loquace habituellement, le Prince a choisi de se retrancher derrière un mur de silence et de laisser parler son conseil. Le silence est également un indicateur de son mal-être. "Le Prince est affecté par les inexactitudes colportées sur lui, surtout qu’il s’est tu depuis quatre mois", indique Laurent Arnauts. "On rappelle régulièrement des soi-disant antécédents qui en réalité n’en sont pas. Aujourd’hui, il espère que l’on soit attentif aux explications qu’il va donner au Parlement."

Les activités du Prince, comme sa fondation (qui était injoignable ces vendredi et lundi quand nous avons appelé), sont-elles affectées par l’affaire ? L’avocat bruxellois ne peut nous répondre : "Je ne suis pas le représentant de la fondation. Il est clair qu’il n’est jamais agréable pour l’entourage du Prince d’être au centre de ce type de polémique. Mais le but du Prince n’est pas de se soustraire à la loi, au contraire. Mais la loi sur les dotations est trop vague, chacun peut y voir ce qu’il a envie. Nous avons élaboré un projet de document détaillé de neuf pages qui précise très clairement les obligations qui en découlent. Si on veut véritablement éviter tout problème à l’avenir, c’est la seule solution, je suis un peu étonné que le gouvernement ne semble pas intéressé."

Quant à la proposition de sanction, jugée "disproportionnée", elle reste entre les mains du Parlement. La défense ne parle pas encore d’appel éventuel. "Nous souhaitons être entendus, au moins par voie écrite, et oralement selon des modalités à déterminer par le Parlement", précise l’avocat du frère du Roi.