Sorties

On adore décidément ce festival qui a compris que les festivaliers aimant la musique et le jazz apprécient aussi de chiller au soleil... confortablement. Et le cadre de l'ancienne abbaye qu'est le Bijloke s'y prête. Récit d'une soirée délicieuse.


Le soleil commence à baisser doucement sur le Bijloke à Gand et le vent caresse les joues. Jouxtant le centre-ville, l'ancien couvent des moniales et ancien hôpital devenu un centre dédié à la musique, se transforme gentiment en ruche. Ce n'est pas encore la foule, il est 17h30 et seul Ghostpoet, la formation de l'énigmatique chanteur et musicien britannique Obaro Ejimiwe a déjà fait entendre quelques notes depuis la petite scène du jardin. Vendredi 29 juin, premier jour du Gent Jazz Festival. On ne pouvait rêver mieux : les organisateurs doivent se frotter les mains, eux qui ont décidé d'avancer d'une semaine ce festival qui débutait auparavant vers le 7 juillet !


Pause jardin et Baxter Dury, "enfoiré" magnifique


Au programme de cette soirée sur la main stage, le plutôt pop et très anglais Baxter Dury, la funky Nneka et l'inénarrable David Byrne.

Sous la tente pour l'instant, juste quelques techniciens faisant des réglages : les festivaliers qui sont arrivés préfèrent se balader entre les deux grands jardins hérissés de table et prendre le pouls des foodtrucks qui se sont installés l'un à côté de l'autre : crêpes, food healthy, petits plats indiens, frites bien sûr, tex-mex, burgers home-made, glaces : il y a de tout, à trois endroits différents. Au fur et à mesure que l'heure passe, les tables se remplissent et les verres (en verre véritable, pas en plastique) pareil : Duvel ou petites coupes de sparkling rosé, qu'importe: le soleil joue avec les transparences des boissons et les sourires sont partout.

Ils sont également sur les visages de Baxter Dury et son band. Le chanteur arrive, impeccablement habillé en banquier de la City dont on sent vite le côté trash: il jauge la foule (peu nombreuse au départ, vendredi de fin de semaine, de vacances, de soleil, ...) et se lance. Mission : attirer de plus en plus de festivaliers et ça marche ! Les écrans installés ça et là montrent à quel point il investit la scène par des déhanchés qui n'appartiennent qu'à lui. Le fils de Ian Dury (le chanteur de "Sex & Drugs & Rock n' Roll" !) a la musique pop mais l'attitude rock et le rire facile. Les claviers saturent le son, la salle se remplit. Tout du long, Baxter va interpréter un "connard" faussement confiant, le fil conducteur de son album « Prince Of Tears ». La tente très large permet à chacun de s'approcher de la scène et deux écrans retransmettent le concert. Cela commence bien.

Entre deux concerts, les 45 minutes de battements permettent de filer à la Garden Stage, où l'ambiance est intimiste et le son clairement jazz. Car le Gent jazz Festival le revendique : c'est le mélange des genres qui l'a emporté depuis quelques années et après tout, comme le dit en souriant Baxter Dury (qui semble étonné lui-même d'être ici) le jazz c'est aussi une attitude et une âme !


Relax-attitude et David Byrne de folie


On peut aussi avoir la relax-attitude et s'installer tout en vivant d'un peu plus loin les rythmes endiablés. On se laisse vite prendre à la dolce vita qu'inspire le lieu.

Mais on se laisse tout aussi vite happer par la musique. Nneka, la chanteuse nigériane qui a une sacrée présence attire le monde et quand, au final, elle reprend son tube planétaire Heartbeat, la foule saute. Mais quand même juste un peu moins que quand David Byrne arrivera avec son band. La nuit est presque tombée, la foule se fait dense sous la tente, il fait chaud, de cette chaleur humaine réconfortante qu'on ne ressent qu'en concert et ça fait du bien : la fraîcheur des jardins et des grands espaces se fait sentir, même durant les jours les plus chauds (pensez à rendre une petite laine!). La scène s'est transformée en boite grise comme le costume du chanteur et guitariste de Talking Heads. Chaque musicien porte son instrument sur lui et a un micro sans fil : une vraie fanfare où chacun est en autonomie. ça bouge, ça chante c'est joyeux et fort et Byrne, pince-sans-rire, fait le fou et tout le monde danse !

Le lendemain, dimanche, c'est Melanie de Biasio qui était la grande tête d'affiche. Après un jour de relâche lundi, le festival se poursuit mardi 3 juillet. L'ambiance devrait y être on ne peut plus caliente avec Sir Tom Jones qui va faire se déhancher tous les festivaliers du Gent Jazz Festival avec ses tubes “It’s Not Unusual”, “Delilah”, “She’s A Lady”, “What’s New Pussycat” ou “Sexbomb”. To be continued !

>> Le festival de jazz de Gand se poursuit ensuite du jeudi 5 au dimanche 87 juillet. Au programme : Jef neve, Paolo Conte, Sal La Rocca, Hudson, Vijay Iyer Sextet, Selah Sue et beaucoup beaucoup d'autres

>> Rés. gentjazz.com