Sorties La maison de champagne Ruinart évoque dom Thierry Ruinart à travers une oeuvre d'une beauté rare de Jaume Plensa et donne carte blanche à une descendante de l'aventureuse Mathilde Ruinart. Et l'art naît !


La maison de champagne Ruinart dont les origines remontent à 1729 à Reims a une longue et belle histoire avec l'art et notamment l'art contemporain. Chaque année, elle ouvre les portes de ses archives, de ses caves (classées) et de son riche passé à des artistes internationaux. Il en ressort des oeuvres pleines de sens, dede beau, de vrai : peintures, sculptures, gravures, ...


Dom Thierry Ruinart, le penseur

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La dernière collaboration a mis en relation la Maison avec Jaume Plensa, un sculpteur qui utilise la fonte la plupart du temps, sa passion pour le corps humain et et les lettres et les signes pour s'exprimer. Sa mission : exprimer l'essence de dom Thierry Ruinart, l'oncle du fondateur Nicolas Ruinart, un homme éclairé du temps des Lumières pour qui les mots et l'art comptaient plus que tout. Plensa a sculpté de lettres en acier inox poli un corps d'homme assis et penseur d'une beauté forte.

Une façon de faire exister l'histoire de Ruinart et d'évoquer ces êtres qui en sont à l'origine.



Mathilde Ruinart, femme forte et libre

Et c'est cette philosophie qui a donné jour à un autre projet d'envergure : celui de la photographe Giada Ripa.

Cette artiste italienne née à Londres et élevée à Bruxelles est une descendante de Mathilde Ruinart, femme forte et aventureuse qui fut une des premières à visiter le Japon avec son mari italien diplomate dans les années 1860. Dans le grenier du château familial dans le Piémont, Giada va trouver un portfolio de 53 tirages en noir et blanc, coloré à la main, du célèbre photographe de la fin du XIXème siècle, Felice Beato.

Un trésor au sens propre comme au figuré pour cette jeune femme vive et passionnée qui va en plus découvrir quelques jours plus tard, un manuscrit intitulé "Voyage au Japon" écrit à la main par Mathilde. Ces deux-là ont dû se rencontrer ! Elle enquête et se lance dans un projet : partir sur les traces du célèbre photographe et de son illustre ancêtre, artiste également qui parcourut le japon en Amazone sur son cheval, risquant sa vie pour assouvir sa curiosité.

Son arrivée à Yokohama, près de 150 ans après celle de Mathilde « a été un vrai choc ». Le Yokohama Project est né : elle a pris sur le vif des paysages, des ambiances, des palais et des portraits en les mettant en parallèle avec les croquis réalisés par Mathilde ou les photos de Felice Beato.

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Ses photos à elle vont s'entremêler aux oeuvres et à la vie de ces êtres du passé, avec qui elle semble établir un dialogue. Dans ce qu'a lu Giada Ripa, Mathilde Ruinart, aristocrate fougueuse qui n'avait pas besoin d'argent mais d'aventure et de contacts sociaux a fasciné tous ceux qu'elle a pu croiser. Et dans ses écrits, elle se prenait à rêver qu'on puisse raconter son histoire japonaise, qu'elle sentait si extraordinaire. 150 ans après, son histoire est là, contée par une arrière-arrière petite-fille, également éprise de l'Asie d'une manière artistique, aidée en cela par son illustre famille champenoise... Champagne !

Giada réalise alors une vingtaine de clichés, présentés face à des dessins, des images ou des objets familiaux. A voir dans le bar Ruinart de Art Brussels pour un bel aperçu mais à découvrir aussi sur son compte Instagram et sur theyokohamaproject.com où l'on peut voir une vidéo qui retrace le parcours initiatique de Giada Ripa sur les traces de Mathilde et Beato dans un Japon où le temps semble suspendu.


Infos pratiques : Art Brussels , Tour & Taxis, 86c, avenue du Port, 1000 Bruxelles. Du vendredi 21 au dimanche 23 avril, de 11 à 19h. Shuttle gratuit entre les gares du Nord et du Midi et Tour & Taxis.