Voyages

Au nord-ouest de l’Argentine, dans les contreforts de la cordillère des Andes, se loge une région méconnue, préservée et magique. Paysages sublimes, océans de cactus et traditions andines. Ici aussi, el cóndor pasa .

Le contraste est surprenant quand on vient de Buenos Aires, la vibrante capitale de l’ Argentine . Mère du tango, des piropos (compliments lancés aux femmes à tous les coins de rue) et de la contestation, Buenos Aires ressemble davantage à une ville d’Europe que d’Amérique du Sud. Ici, dans le Nord-Ouest argentin – NOA, pour les amis - c’est une tout autre ambiance qui s’offre au visiteur. Un autre monde, d’autres mœurs, presque une autre époque. Cette région proche de la frontière bolivienne est encore méconnue des touristes, qui s’éparpillent plutôt entre les chutes d’Iguazú et les plaines de Patagonie. Et ça tombe bien : que rien ne vienne perturber cet équilibre millénaire et cette culture ancrée dans la montagne.

© WantoTravel

Un rêve en couleurs

L’Argentine andine et ses terres colorées ne laissent aucun répit aux amateurs de lumière et de photographies. Couleurs des paysages, d’abord : montagnes ocre, violettes, rouges, jaunes, orange, écrues, qui varient en fonction des nuages et du soleil. Blancheur des salines, ensuite, qui contraste avec le bleu du ciel et éblouit les yeux. Enfin, couleurs vives des tissus, des vêtements et des objets d’artisanat. Un nuancier sans fin.

Sur la route argentine

De la capitale provinciale Salta, de style colonial, les voyageurs rejoignent Cachi, Cafayate, Purmamarca ou Humahuaca, au volant de leur voiture, savourant la grandeur et la beauté du décor qui défile sous leurs yeux. Un espace grand ouvert pour amoureux solitaires. Paysages lunaires, vallées verdoyantes, étendues désertiques, canyons rougeoyants, vignobles prometteurs, cactus par milliers. Puis, des petits villages du bout du monde avec leurs maisons en pisé et leurs traditions artisanales et culinaires bien préservées. À l’heure de l’apéro, on s’y arrête pour prendre un verre de blanc fruité torrontés, le cépage de Cafayate, connu pour être le vin le plus haut perché du monde. On le déguste face à la cordillère des Andes où le soleil s’effondre. Et dans le ciel, des condors passent.

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Une experte, trois conseils

Amélie Desrousseaux, travel designer au sein de l’agence de voyages WantoTravel, donne trois conseils aux voyageurs tentés par un séjour dans le pays :

1. « Si découvrir le Nord-Ouest pendant la semaine sainte est une expérience unique, avec l’immersion au cœur des traditions religieuses, ne vous aventurez pas à Iguazú : l’affluence touristique y est telle qu’il devient difficile de profiter de la beauté des chutes (en plus des heures d’attente pour entrer dans le site). »

2. « Pour lutter contre le mal d’altitude, mâchez de la coca. Vous en trouverez un peu partout dans le Nord-Ouest (seul endroit où sa consommation est légale). Son goût très amer ne plaît pas à tout le monde, mais ses effets sont miraculeux ! »

3. « La plupart des distributeurs automatiques argentins limitent les retraits à 3.500 pesos (150 euros), souvent majorés de huit à dix euros de frais bancaires. Ils sont assez rapidement « vides », donc peu fiables, dans les villages du NOA. Emportez des euros. Vous pourrez les échanger à taux réel en arrivant à l’aéroport de Buenos Aires et serez tranquilles pour une bonne partie du voyage. »

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Avant de partir

- La meilleure période : les saisons sont inversées par rapport à l’Europe. À Noël, on sort les parasols à Buenos Aires. Dans le Nord-Ouest, plus désertique, le climat est doux et sec en hiver (c’est-à-dire entre juin et septembre) et parfois très chaud en été.

- Se déplacer sur place : en voiture, dans des paysages ébouriffants.

Décalage horaire : Buenos Aires est à GMT - 3h00 toute l’année. Vous aurez donc cinq heures de décalage en été et quatre heures en hiver.