Voyages Si monter au-haut du mythique rocher était dans vos projets, il va falloir vous dépêcher car en octobre 2019, les autorités australiennes comptent fermer l'accès au site.

On ne compte plus les photos de touristes ayant gravi le très connu rocher Uluru en Australie. Ce lieu emblématique du pays est occupé depuis des milliers d'années par la communauté aborigène d'Anangu. En effet, les archéologues ont relevé des traces de l'activité aborigène remontant à plus de 30.000 ans. Et selon les autorités du parc, il est temps que ce lieu sacré revienne de droit aux tribus de la région.

Le conseil d'administration du parc national a en effet annoncé sa décision prise à l'unanimité d'interdire l'ascension du mont. Pourquoi ? Car "C’est un endroit extrêmement important, pas une pleine de jeu ou un parc à thème comme Disney Land", explique Sammy Wilson, le président du conseil d’administration.

"Certains dans l’industrie du tourisme ou dans le gouvernement par exemple peuvent avoir affirmé qu’il faut garder le site accessible, mais ce n’est pas leur loi qui est d’application sur cette terre", a-t-il poursuivi sur la chaîne australienne ABC. "Le gouvernement doit respecter ce que nous disons au sujet de notre culture de la même sorte qu’il attend de nous de respecter la loi", conclut-il.

Le dôme rocheux rouge-orangé de 348 mètres et d'une circonférence de 9,4 kilomètres au milieu du désert australien est visité par des touristes du monde entier. Son ascension est à ce jour tolérée si les conditions climatiques le permettent. Mais cette ouverture au public a longtemps été controversée, notamment pour la valeur sacrée du site pour la communauté Anandu et pour les nombreux accidents qui s'y sont produits. Selon le conseil d'administration du site, 36 personnes y ont péri depuis 1950, et le dernier accident fatal remonte à 2010.

Au fur et à mesure des années, les touristes ont été sensibilisés au caractère sacré du site et les ascencions ont connu un déclin. Dans les années 90, 74% des touristes se lançaient à l'assaut du rocher, contre 38% en 2010, année où le conseil a annoncé son intention d'en réduire l'accès, et 16,2% en 2015.

"La fermeture ne doit pas être source de chagrin mais de célébrations", a encore souligné M. Wilson. "Les Blancs voient la terre en termes économiques, alors que les Anandus la voit en termes culturels ('tjukurpa'). Nous voulons conserver notre culture - si nous ne le faisons pas, elle pourrait diparaître complètement d'ici 50 à 100 ans", met en garde cet aîné de la communauté, cité par The Guardian Australia.

Les opérateurs touristiques ont longtemps mis en garde contre un déclin de popularité du site en cas de fermeture de l'accès au sommet mais ils s'accordent désormais à penser que des activités didactiques pourront donner lieu à un regain d'intérêt.

Vous pourrez néanmoins toujours faire de magnifiques photos du lieu... mais d'en-bas.