Voyages On sait que Goa, ancien paradis hippie, est devenu une destination balnéaire à la mode. Mais saviez-vous que chrétien, tolérant, fêtard, cet Etat indien un peu à part séduit de plus en plus de voyageurs pour des raisons autres que ses plages ?

Ma première image de Goa ? Des vaches qui se prélassent nonchalamment sur le sable. Cette vision représente à elle seule l’atmosphère de cet ancien paradis hippie, blotti entre le Karnataka et le Maharashtra, au Sud de l’Inde. Goa est à la fois une destination balnéaire à la mode et le fragment d’un pays riche en traditions.

Ici, les vaches sont sacrées et se promènent partout, autant que les chiens sans collier. Les femmes se baignent vêtues de saris colorés aux côtés des touristes en bikini. Sous les paillotes du bord de plage, on se délecte de poissons grillés baignant dans de savoureux curries où tremper avec allégresse son morceau de Naan, le pain traditionnel. Et dans les rues, les passants en tongs chinent de friperies en magasins d’encens, au milieu de scooters pétaradants emportant des familles entières : les hommes au volant, les femmes en amazones à l’arrière et les enfants au milieu !

Avec son aéroport international, Goa est une étape idéale en fin de voyage, pour profiter de deux ou trois jours de détente. Avec ses atouts de charme, elle peut aussi représenter un voyage en soi, qu’on aille y grappiller un peu de soleil, s’adonner au yoga, faire la fête ou découvrir un patrimoine culturel mêlant l’Orient et l’Occident. Car Goa offre un peu tout cela.

© D.R.

Goa, la culturelle

Goa a toujours été un Etat indien un peu à part. D’abord parce qu’il est en majorité chrétien, dans un pays principalement hindou. Ses couvents, cathédrales et églises blanchies à la chaux en témoignent. Arrivés en 1510, les Portugais y restèrent bien après l’indépendance accordée par les Britanniques. Il fallut attendre décembre 1961, quatre siècles plus tard, pour que l’Inde récupère enfin son domaine.

L’héritage de cette so

uveraineté portugaise est omniprésent, principalement dans le Old Goa, l’ancienne capitale florissante, où une dizaine de monuments sont inscrits au patrimoine de l’humanité. Parmi les édifices chrétiens les plus célèbres, la Basilica do Bom Jesus renferme la dépouille de Saint-François-Xavier et la Cathédrale Sainte-Catherine, qui est la plus grande église d’Asie.

Le Old Goa mérite une excursion d’une demi-journée et est accessible facilement depuis Panaji, la capitale actuelle de Goa. Celle-ci ne manque pas non plus d’attrait avec ses ruelles bordées de maisons colorées, ses édifices coloniaux, ses bons restaurants et une poignée d’hôtels de charme.

Où dormir ? Au Old Quarter Hotel pour son cadre sympathique. A quelques pas, le Panjim inn fait partie des adresses chic de la ville.

Où manger ? Au Viva Panjim pour un vrai repas goanais.

© D.R.

Goa, la sauvage

Délimité à l’ouest par l’océan Indien, Goa étire ses plages bordées de cocotiers sur plus d’une centaine de kilomètres. Au nord, les plages de Mandrem, Anjuna, Vagator ou Morjim se remplissent dès le mois de novembre de touristes fêtards. L’alcool n’y est pas cher et les boîtes de nuit y crachent des musiques techno qui explosent chaque nuit les décibels. Sans comparaison, le sud de l’Etat a heureusement davantage conservé son âme. Les plages d’Agonda, de Cola et de Palolem continuent à dérouler leurs langues de sable avec flegme. Louer des mobylettes reste la meilleure manière de passer de l’une à l’autre et de visiter l’intérieur des terres couvertes de champs d’épices, de forêt vierge et de cascades. En bord de mer, les pêcheurs proposent des tours en bateau pour observer les oiseaux et les dauphins.

© D.R.

Goa, la bonne vivante

Ouvert et tolérant, Goa est un électron libre dans la société indienne. Ancien eldorado hippie, il est un paradis pour les jeunes Indiens fuyant les conventions sociales de Delhi ou de Mumbai. La nuit tombée, des tables de fortune sont posées sur la plage et s’illuminent de bougies , points de repères précieux lors des fréquentes pannes de courant nocturnes. Dans les ruelles, les restaurants et bars ne désemplissent plus, dégageant les parfums des thali, assortiments de petits plats typiquement indiens. Les musiques des gargotes s’entremêlent et certains vendeurs se montrent plus pressants. Les boutiques fermeront tard, beaucoup plus tard. Lorsque la fête sera finie.

© D.R.

Goa, la spirituelle

Malgré son héritage chrétien, Goa offre une kyrielle de stages de yoga . Il y en a pour tous les goûts. Le hahta yoga s’adresse à ceux qui veulent s’étirer en toute tranquillité. Le ashtanga est, lui, plus physique. Certains lodges proposent de combiner hébergement et apprentissage. Il faut l’admettre, la plupart sont fréquentés par des voyageurs occidentaux à la recherche d’une ambiance zen… mais boudés par les Indiens ! Parmi eux, le Purple Valley Yoga retreat ( www.yogagoa.com ) et Yoga Magic ( www.yogamagic.net ).


Goa par 3

Y aller. Thomson Airways (TUI) propose des vols directs Londres-Goa pour une bouchée de pain ( www.tui.co.uk/flight/ ). Depuis Bruxelles, au minimum une escale à Delhi ou Mumbai.

Quand ? De nombreuses adresses sont fermées jusqu’à la fin des pluies en octobre. La haute saison s’étend ensuite jusqu’à avril.

Budget. Goa a connu une forte hausse des prix ces dernières années. Comptez 70 euros la nuit pour une chambre double de catégorie moyenne.