Voyages On sait que c’est à Greenwich que se rejoignent les deux hémisphères. Mais saviez-vous que ce quartier riche de son passé, offre une charmante respiration en marge de la pression urbaine ? Tantôt à l’Est, tantôt à l’Ouest .


Greenwich, c’est un village ! A 20 minutes en transports en commun du cœur de Londres, il s’agit d’un arrêt obligatoire entre deux achats sur Oxford Street. Pour les passionnés d’Histoire en général et d’histoire maritime en particulier, l’escale se révèle passionnante entre le célèbre observatoire (voir par ailleurs), le National Maritime Museum (entrée gratuite) et le "Cutty Sark", fier clipper qui croisait sur la route du thé au XIXe siècle. Greenwich, c’est aussi la Queen’s House, ancien palais royal qui vit naître un grand nombre de membres de la famille des Tudor, dont Henri VIII d’Angleterre et Élizabeth I. Greenwich Park offre une belle respiration, c’est là que se disputèrent les épreuves équestres lors des JO de Londres en 2012. Pour la détente, Greenwich c’est aussi un marché couvert bien achalandé, de très bons restaurants (mais oui) et des pubs (public houses) à la patine séculaire. Bref, un quartier à la discrétion toute britannique mais qui vaut assurément le détour.

Bruxelles-Midi à Londres Saint-Pancras en 2h 1 avec Eurostar (10 trains par jour) à partir de 39 euros le trajet.


Se déplacer "malin"

Navettes fluviales. On n’y pense pas forcément mais les navettes fluviales sur la Tamise offrent un excellent moyen d’éviter la cohue du métro ou les embouteillages. En sus, café bien chaud à la main, vous pourrez admirer les richesses architecturales de Londres. Il y a aussi le Wi-Fi à bord.

--> Il est, en règle générale, demandé d’acheter son titre de transport à l’avance à un vendeur de billets, au guichet, sur le quai de départ. Il est cependant possible d’acheter son billet à bord. Grâce à la Oyster Card (carte porte-monnaie), on peut voyager dans les River Bus en payant le prix minimum, qui dans tous les cas n’excède pas six livres sterling.


S'envoyer en l'air

Emirates Air Line. Si vous n’êtes pas sujet au vertige, l’Emirates Air Line vous offrira une traversée de la Tamise en - très - haute altitude (90 mètres quand même). Construit juste à temps pour les Jeux olympiques, cet unique téléphérique urbain construit au Royaume-Uni a largement été financé par une compagnie aérienne, d’où son nom. Aujourd’hui, il est géré comme l’ensemble des transports en commun de Londres. De la péninsule de Greenwich à la station Royal Victoria, la vue sur Londres est à couper le souffle. Vous pourrez quasiment survoler l’O2 Arena, l’immense salle de spectacles, les tours de Canary Wharf mais aussi apercevoir la cathédrale Saint-Paul.

--> Le trajet unique pour un adulte est de 4,5 £ et 2,30 £ pour les enfants de 5 à 15 ans. Gratuit pour les moins de 5 ans.


© D.R.


Voyage dans l’espace-temps

Perché sur une butte (vue imprenable sur Londres) au cœur de Greenwich Park, l’Observatoire royal ne manque pas d’attirer les touristes qui se plaisent à se photographier un pied de part et d’autre d’une bande métallique qui marque la jonction des deux hémisphères.

A quoi sert le méridien de Greenwich ? A se situer sur la terre (mais surtout en mer) en croisant parallèles et méridiens (lignes imaginaires qui relient respectivement des points de même latitude et longitude). A la différence des parallèles qui sont définis scientifiquement par l’axe de rotation de la Terre, le choix du méridien de Greenwich comme référence est totalement arbitraire et d’autres méridiens furent utilisés au cours de l’histoire (comme le méridien de Paris, par exemple).

Pourquoi donc à Greenwich ? C’est là que les travaux d’astronomie furent les plus poussés pour mesurer exactement le mouvement de la Terre, notamment par l’entremise de John Flamsteed, premier astronome royal. La puissance de la flotte marchande britannique pesa également de son poids lorsque Greenwich fut désigné comme méridien zéro (ou méridien d’origine) lors de la conférence internationale qui s’est tenue à Washington en 1884.

Et les fuseaux horaires ? Le temps moyen de Greenwich (GMT = Greenwich Mean Time) est directement lié à l’avènement des fuseaux horaires. En 1911, alors que le désir d’unifier et d’équilibrer le temps (avant ça, chaque pays dans le monde avait sa propre heure locale) se fait sentir de façon internationale, une convention mondiale est établie. On décide de partager la terre en vingt-quatre parties égales qui sont limitées par les méridiens, à raison d’une amplitude de quinze degrés chacune, que l’on appellera fuseaux. Pour la petite histoire, la France qui s’était abstenue lors du vote de Washington, a été contrainte d’abandonner le méridien de Paris en 1911 pour adopter l’heure GMT, en échange de quoi la Grande-Bretagne s’était engagée à appliquer le système métrique établi par les révolutionnaires français. Mais cet engagement n’a pas vraiment été respecté.

Le méridien de Greenwich n’est pas à la bonne place. Damned ! Avec l’apparition du GPS, de simples touristes se sont aperçus en 1984 (soit pile un siècle après sa mise en place) que le méridien zéro n’était pas à la bonne place. Ce dernier a donc été décalé de 102,5 mètres afin d’être enfin positionné de la bonne manière. A qui la faute ? Aux chercheurs de l’époque n’ayant pas pensé à prendre en compte les variations locales de gravité qui sont le fait de la densité de matières située dans le sous-sol.

--> Royal Observatory Greenwich. Découvrez les merveilles de l’astronomie du passé, du présent et du futur au centre du temps ! Entrée adultes 9,5 livres (enfants : 5 livres). Audioguides en français.