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Porte ouverte vers un tout possible, « l’Inde est un choc ». Plongez dans le récit et les images du photographe Pascal Mannaerts, témoin rêvé d’une exploration qui s’étire du Kerala au Rajasthan.

Quelle a été votre première impression en posant le pied en Inde ?

Une perte de repères. D’un côté, j’assistais à une sorte de chaos super organisé, d’un autre, j’étais plongé dans une magie jusqu’alors jamais éprouvée. Survenant n’importe où et n’importe quand, c’est le parfum du jasmin, un regard d’enfant, un mur qui semble porter le poids de son histoire… Soudain, le temps s’arrête.

© WANTOTRAVEL

L’Inde, comme booster d’énergie ?

Complètement. On a le sentiment d’être tombé dans un pays pas comme les autres. La première fois, je devais y rester 30 jours et finalement, j’y suis resté trois mois. Par la suite, j’y suis retourné dix fois, car c’est une source d’inspiration énorme : artistique, documentaire, humaine, spirituelle aussi…

D’où vient la force puisée dans ce voyage ?

De l’intensité et de la variété des émotions, découvertes, expériences. Un jour, on se retrouve au milieu de la foule dans une célébration ancestrale, comme la fête des couleurs de Holi [dont la prochaine édition se déroulera le 21 mars 2019, NDLR]. Un autre, on se retrouve dans le silence d’un ashram, à quelques kilomètres de là… L’Inde, c’est un monde en soi, si riche qu’on pourrait y passer une vie.

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Dans quel ordre découvrir l’Inde ?

Je commencerais par « prendre l’apéro » dans le nord, car il est très intense. Le Rajasthan est le petit bijou de l’Inde. C’est peut-être là que le choc est le plus fort. Après cette entrée en matière, j’attaquerais le sud, plus nature, farniente : on vogue sur les Backwaters du Kerala, ensuite on passe à une cure ayurvédique et on se laisse envoûter par les temples-cités du Tamil Nadu…

Quelles sont vos pépites sur les routes de l’Inde ?

Sans hésiter, Varanasi, sur la rive gauche du Gange, une des sept villes saintes de l’hindouisme. À une dizaine de kilomètres au nord, je m’arrêterais à Sarnath, un endroit calme, lieu du premier sermon de Bouddha. Enfin, je prendrais un vol intérieur pour rejoindre Bodhgaya, incroyable lieu de pèlerinage bouddhiste. La plupart des touristes le font en 24 heures. C’est trop peu. Je pense qu’il faut terminer son voyage par deux ou trois jours de repos sur les rives du Gange.

Comment résumer ce pays « fou » ?

L’Inde est une porte qu’on entrouvre, un livre dont on ne voit jamais la fin, un dialogue éternel. C’est une terre de contrastes entre l’authenticité réelle du patrimoine culturel, encore très vivant, et l’ultra-présence à chaque coin de rue du futur. L’Inde est juste un choc.

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Une experte, trois conseils

Catherine Janne, travel designer au sein de l’agence de voyages WantoTravel, donne trois conseils aux voyageurs tentés par un séjour dans le nord ou dans le sud du pays :

1. « Anticipez votre voyage en vous plongeant dans un bon livre consacré à l’histoire de l’Inde, sa culture, ses traditions, ses codes, afin d’être prêt à rencontrer cette population dans le respect de ses traditions. Pas un luxe… un plaisir nécessaire. »

2. « Profitez du voyage pour découvrir le régime végétarien (au cas où il ne fait pas votre quotidien…). Cela vous permettra d’éviter les intoxications alimentaires… et vous rapprochera encore de la population indienne. 30 % des Indiens sont végétariens ! »

3. « Peu importe la destination, prévoyez au moins un déplacement en train, plutôt qu’en voiture, pour vous imprégner au maximum de l’ambiance et du rythme local. »

Avant de partir

- La meilleure période : de novembre à février. Le climat est parfait dans pratiquement tout le pays.

- Se déplacer sur place : en avion, moyen le plus simple pour les longues distances. En train express, pour l’expérience unique. Le rickshaw, mythique.

- Décalage horaire : l’Inde est à GMT + 5h30 toute l’année. Vous aurez donc trois heures et demie de décalage en été et quatre heures et demie en hiver.