Voyages On sait que les îles Vierges britanniques constituent un territoire d’outre-mer du Royaume-Uni reconnu pour être un paradis fiscal. Mais saviez-vous que cet archipel des Antilles est également un havre de paix tropical constitué d’une cinquantaine d’îles et d’îlots, jusqu’ici, préservés du tourisme de masse ?

British Virgin Islands. Si l’ancien président des Etats-Unis, Barack Obama, a choisi - au terme de ses deux mandats présidentiels - de se retirer avec sa petite famille dans les "BVI", singulièrement à Necker Island (pour les plus curieux, sur l’île du milliardaire Richard Branson), pour prendre un peu de repos, ce n’est pas par hasard. Johann, notre skipper de la semaine, a finalement tout bien dit : "Si vous recherchez un endroit paradisiaque entre terre et mer discret, retiré de tout, presque secret même, alors les BVI sont faites pour vous". Message reçu, Capitaine !

Logées à l’est de Porto Rico dans la Mer des Caraïbes, les îles Vierges britanniques sont aujourd’hui très peu connues des touristes européens et belges. C’est précisément ce qui en fait leur valeur, leur saveur même. La mer y est paisible, et les îles - une cinquantaine environ - ainsi que leurs délicieuses plages de sable fin y sont somptueuses.

Les BVI, pas vraiment "so British"

Un véritable petit coin de paradis qui vit et évolue aujourd’hui sous l’autorité exécutive de la Reine Elizabeth II. Les BVI constituent en effet un territoire d’outre-mer à gouvernement interne autonome du Royaume-Uni. Ceci étant, force est de constater que l’archipel, encore ici et là culturellement "British", a depuis longtemps succombé aux "charmes" économiques des Etats-Unis. Notez plutôt : dans les BVI, on roule à gauche mais avec des véhicules à conduite américaine. Les plus attentifs d’entre vous reconnaîtront néanmoins le portrait, soigneusement reproduit, de la souveraine d’Angleterre sur les plaques d’immatriculation des voitures locales. Exit la livre sterling aussi, c’est le dollar américain qui y est légion. Mais passons.

Sur et sous la Mer des Caraïbes

Et prenons le large, sans tarder. Car notre voilier-catamaran nous attend au port. Avec ou sans équipage, le périple antillais s’annonce mémorable. La compagnie "The Moorings", qui dispose de flottes de qualité et de services haut de gamme, sera notre choix. Johann, notre skipper en chef, est à la barre; Toni, son bras droit, est aux fourneaux. Quelques vérifications avant le grand départ vers les îles, puis cette unique question venue du capitaine : "Où voulez-vous que je vous emmène ?".

Commençons par les fonds marins de l’archipel et sa faune hors du commun. Poissons multicolores, tortues marines et autres petits requins inoffensifs… autant dire que les snorkeleurs et plongeurs auront de quoi y trouver leur bonheur.

Notre coup de cœur, sans conteste : l’épave du RMS Rhone, un vapeur coulé en 1867 par un ouragan au large de Salt Island. Gîsant aujourd’hui à plus de 25 mètres de profondeur, le navire échoué il y a 150 ans emporta avec lui une centaine de passagers de l’île. Les plongeurs (un peu) expérimentés apprécieront cet endroit, unique, considéré comme l’un des spots de plongée les plus incontournables du monde. Pour la petite histoire, c’est là que fut tourné en 1977 le thriller américain "The Deep" ("Les Grands Fonds") du réalisateur Peter Yates. Le lieu est aujourd’hui classé "parc national".

Farniente, reggae et rhum à volonté

Pour ceux qui affectionneraient davantage la surface aquatique que les grandes profondeurs, point d’inquiétude. La mer des Caraibes, rarement démontée, adoptant le plus souvent la zen attitude, regorge de sites naturels retirés… tout bonnement idylliques. Baignade et farniente y sont les maîtres mots. Les "Baths" ("Les Bains"), situés au sud de l’île Virgin Gorda, font littéralement rêver. Voyez plutôt. Rochers en granit, sable blanc et baies d’eau translucide… le lieu laisse à découvrir de splendides piscines naturelles. Sous les rochers, vous pourrez vous balader en toute quiétude avant d’envisager, pourquoi pas, une pause plage sous le soleil des Antilles. Bref, zéro frustration dans ce paradis sur mer ? Avec la "final touch", soit les fameux bars de plage, il se pourrait bien que oui.

Au beau milieu de l’eau caribéenne, les voiliers se donnent en effet rendez-vous sur le mythique "Willy-T", un bateau rafistolé dédié à la fête et à l’incontournable breuvage local : le "PainKiller" (traduisez : "l’antidouleur"), un cocktail à base de rhum, de jus d’orange et d’ananas, de crème de coco et de noix de muscade, se boit comme du petit lait ! D’autres bars, sur terre cette fois, vous proposeront des dégustations similaires, parfois même en compagnie d’une poignée de membres de la communauté rasta. Le "Bomba Shack", situé à Tortola, vous accueillera ainsi sur quelques airs de reggae… pour célébrer la pleine lune. Last but not least, les plus fins connaisseurs d’entre vous pourront se retrouver dans le légendaire bar "Foxy’s" sur l’île de Jost Van Dyke où de nombreuses célébrités du monde se sont jadis encanaillées… Chacun appréciera.