Voyages  tL’archipel des Seychelles est composé de 115 îles, dont la plus grande est Mahé. Mais saviez-vous qu’une Seychelles Cup - voile,pêche au gros, orientation - y est organisée par un Belge ?

Il fait quatre degrés à Paris quand nous embarquons, en ce soir de janvier. Sur les visages fatigués, cachés derrière les écharpes, brillent déjà les regards de ceux qui savent. Ceux qui y sont déjà allés. Les autres imaginent, rêvent. Pour certains depuis longtemps. Car un voyage comme celui-là, pour beaucoup, est le cadeau d’une vie, celui que l’on se fait pour célébrer un anniversaire, passer le cap de la pension. Une parenthèse enchantée à l’autre bout du monde, perdu au milieu de l’océan Indien.


Il fait vingt-cinq degrés quand on débarque à l’aéroport de Victoria, ville principale de l’île de Mahé et capitale de l’archipel. Au pied de l’avion, au bas de la passerelle, le personnel naviguant nous tend un parapluie : de grosses gouttes tièdes s’écrasent sur le tarmac, faisant flotter dans l’air un parfum de poussière mêlé d’odeurs marines. Sur les visages, on lit le bonheur d’y être enfin et la crainte que cette douche tropicale soit un mauvais présage. Mais ceux qui savent, ceux qui y sont déjà venus, accueillent l’ondée avec bienveillance : elle nettoie le ciel de ses quelques nuages pour mieux laisser la place à un soleil radieux. L’avion se vide, chacun a retrouvé son bagage et reçu à la douane le cachet lui ouvrant les portes du pays. Un tampon en forme de coco-fesse, emblème national, fait office de laissez-passer dans le passeport. Bienvenue aux Seychelles.

Et direction la marina, où nous attendent les bateaux de la Seychelles Cup, quatrième du nom, qui reprend du service après un break de neuf ans.


Des îles privatisées

En près d’une décennie, les choses ont bien changé. Là où un petit bâtiment servait à accueillir les amoureux de la mer se dresse aujourd’hui un complexe rutilant où s’alignent les boutiques de luxe. Devant les pontons, un restaurant, où nous attendent les tables dressées du petit-déjeuner. C’est là que Philippe Martin et son équipe, organisateurs de l’événement, attendent les concurrents pour un premier briefing. Consignes de courses et pour l’avitaillement, les chefs d’équipages les plus attentifs prennent des notes, tandis que les skippers seychellois jettent un œil à ce qui sera leur maison pour les dix jours à venir. D’autres, plus relax, contemplent le ciel et la mer et jouent les météorologues.

Il y a du vent, en ce premier jour. Oh, la mer n’est pas démontée, mais cela laisse présager d’une première régate plutôt sportive. Car c’est pour cela (aussi) que le groupe de Belges - et quelques Français - a fait le voyage : mêler sport et plaisir, farniente et pêche au gros.

Les bateaux pleins comme des œufs, on prend enfin le large. L’aventure peut commencer, à la découverte des îles jetées ça et là dans l’immensité bleue. On dépasse Cerf, puis Sainte-Anne, qui fait partie du National Marine Park. Au loin, on aperçoit le relief de Silhouette. "Certaines îles sont privatisées, aujourd’hui", nous explique Hubert, le skipper. "Des gens très très riches les louent pour y passer des vacances loin des regards…" Il se murmure que Johnny Depp et d’autres y auraient séjourné en famille.

Nous, nous mettons le cap sur Praslin, la deuxième plus grande des îles des Seychelles, bordées de plages paradisiaques, ombragées par les cocotiers. C’est au bord de l’une d’elles, parmi les plus belles - Anse Georgette - que s’est installé l’hôtel Constance Lémuria. Luxueux mais sans ostentation, l’endroit est surtout le repère des golfeurs, puisqu’on y trouve le seul 18 trous de l’archipel. En haut du 16e, la vue est tout bonnement hallucinante.


Délaissant les concurrents de la Cup et les catamarans, c’est à bord d’un bateau rapide qui assure la liaison entre différentes îles, que nous rejoignons La Digue, peut-être la plus sympathique d’entre toutes les îles. Ici, les cyclistes sont rois et dès le débarquement, on vous propose de louer des bicyclettes pour partir à la découverte des tortues géantes, de la maison d’Emmanuelle (où fut tourné le film avec Sylvia Kristel) et des anses aux noms exotiques : Source d’argent, Banane, Caïman… Ici plus qu’ailleurs, la vie nocturne est chaude et vibrantes les couleurs des maisons. Ce jour-là, perchés sur leurs vélos, nous croisons l’équipe d’Adrien Joveneau, venue à la rencontre de quelques Belges du bout du monde.


Bird, le paradis des oiseaux


Enfin, nous mettons le cap au Nord pour aller découvrir deux des plus beaux joyaux des Seychelles. Deux îles sur lesquelles il n’est permis d’accoster qu’en montrant patte blanche et, plus concrètement, la réservation d’une chambre dans le lodge qui s’y est établi. Il y a Denis, d’abord, où les eaux turquoise lèchent une plage d’une blancheur presque surréaliste. Très prisée des jeunes couples en lune de miel, elle est une invitation au farniente. Et il y a Bird, enfin. Un kilomètre carré dédié à la protection de la nature - faune et flore - sur laquelle viennent se reproduire tortues et oiseaux marins. Fous, sternes, paille-en-queue, ils sont plus d’un million en période de nidification. Un paradis (un de plus) pour ceux qui rêvent d’un retour à la nature puisque les bungalows sont 100 % écologiques. Sur l’appui de fenêtre, un couple de sternes blancs veille sur notre sommeil. Mais ici, pas besoin d’attendre la nuit pour rêver : on le fait toute la journée, les yeux grands ouverts.


Les mille saveurs du Jardin du Roi

Botanique. Perché sur les hauteurs d’Anse Royale, en haut de la colline du Domaine de l’Enfoncement, sur l’île de Mahé, le Jardin du Roi est un site botanique qui propose de partir à la découverte de la multitude des essences qui poussent aux Seychelles. L’occasion de cueillir des lychees, ramasser des noix de muscade, humer les gousses de vanille. Le plus souvent, c’est Michelle Georges, la propriétaire des lieux, qui accueille les visiteurs, dans ce grand domaine de 100 hectares, qu’elle dirige seule, à plus de 70 ans.

Par forte chaleur, on vous conseille vivement d’emporter casquette, bouteille d’eau et… anti-moustique. Car si, sur les plages, ces insectes sont pratiquement inexistants, dès que l’on entre dans la touffeur et la moiteur des terres, ils sont présents en nombre et plutôt affamés de sang frais !

Au Jardin du Roi, on peut également déjeuner. Les crêpes créoles sont la spécialité de la maison.

Infos : http://www.seychelles.fr/jardin-roi.php


L’archipel des Seychelles par trois

Y aller. Au départ de Paris Charles de Gaulle, le vol dure une dizaine d’heures. Comptez 800 € le vol aller-retour, hors promos. La compagnie propose également des vols entre Mahé, Praslin, Bird, Desroches… Infos : www.airseychelles.com.

Manger. A La Digue, l’hôtel Château Saint-Cloud, au cœur de l’île, est un point de chute idéal pour souffler et barboter dans la piscine d’eau douce. Et la cuisine créole y est savoureuse. Infos : www.chateaustcloud.sc

Dormir. Ouvert récemment, le Carana Beach, sur l’île de Mahé, propose des petits bungalows avec vue sur mer, à 45 minutes de l’aéroport. Pour passer une dernière nuit zen et sereine. Infos : www.caranabeach.com