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A quelque 1000 kilomètres de la Belgique, le Tyrol du Sud est une terre inconnue qui dépayse tout en ayant pas mal de points communs avec le plat Pays.


L'occasion était belle de faire connaissance avec la région du Sud-Tyrol à travers sa gastronomie. Ce jeudi dernier, deux chefs qui se sont rencontrés à Copenhague où ils ont travaillé tous les deux pour le célèbre restaurant Noma se sont donné rendez-vous à Bruxelles pour une battle en cuisine autour de la gastronomie belge et tyrolienne... De quoi voir que la région italienne et le Plat pays ont plus d'un point commun. Jakob Haller est retourné aujourd'hui dans son sud-Tyrol natif et y est traiteur expérimental. Installé dans une ferme, il y cultive les légumes qu'il cuisine. Le chef belge Yannick Van Aeken est l'ancien sous-chef du Noma. Après avoir quitté le piano de l'un des meilleurs restaurants du monde, il a roulé sa bosse avant d'ouvrir le petit Oficina, un restaurant végétarien où les légumes et les petits plats ont la part belle, rue d'Alost près du canal à Bruxelles.


23 étoiles brillent sur la région

© DR et Sud Tyrol Tourisme

Le Tyrol du Sud se situe aux confins de l'Italie et de l'Autriche. Comme en Belgique, on y cultive des pommes, beaucoup, on y produit du vin, mais aussi de la bière, entre lambic, stout et gueuze, à découvrir ! Et comme le dit le boss du centre de tourisme sud-tyrolien : "Là-bas comme ici, on ne se prend pas au sérieux et on sait ce que gastronomie et convivialité veulent dire". D'ailleurs, on le sait peu mais cette région compte 23 étoiles Michelin pour 19 restaurants et des plats « signatures » qui prennent le meilleur de l'Italie et de l'Autriche, du Sud et du Nord.

Last bu not least, on peut marier tout cela en se détendant au mieux, avec les Dolomites à l'horizon, dans d'incroyables hôtels-spas pour un rapport qualité-prix que l'on trouve peu ailleurs.


Délicieuse route des vins

© DR et Sud Tyrol Tourisme

Elle s'étend sur environ 20 km, entre Bolzano et Caldaro et son grand lac. Véritable décor de carte postale, avec des châteaux forts et des fermes fortifiées perchées en haut de collines. Les contreforts de la montagne sont tapissés de vignes. L'effet est très impressionnant : la cueillette ne se fait qu'à la main tant c'est pentu.

On s'est arrêté dans le magnifique domaine Manincor qui travaille en biodynamie depuis 2005. Michael Graf a repris les terres de ses ancêtres dont les armoiries montrent de quoi il retourne : Manincor, cela signifie la main sur le coeur. Il est le plus grand producteur en biodynamie travaillant ses propres vignes qui recouvrent 50 ha.

Entre magie (ou presque, la biodynamie), modernité (la cave dernier cri est glissée sous le vignoble fonctionne en géothermie ce qui permet d'économiser 30 % d'énergie), tradition (40 ha de pommiers pour fabriquer du jus essentiellement) et innovation (des cosmétiques sont produits à partir de « larmes de vigne », qui viennent de la sève montant après la taille), ce domaine est un enchantement qui se visite, entre histoire de raisin et Histoire de famille.

On vous recommande vivement le Cassiano et on y a découvert un vin venant d'un cépage qu'on ne connaissait (personnellement) pas : le lagrein, qui a bercé nos plats par la suite. Et qui est aussi à découvrir en assemblage avec du pinot noir.


La montagne avant tout

© DR et Sud Tyrol Tourisme

La montagne est partout bien sûr et les randonnées attendent les marcheurs confirmés comme les promeneurs du dimanche. De nombreux téléphériques permettent de remonter chaque vallée pour en découvrir la beauté sans passer des heures à grimper si on ne le souhaite pas. Des clochers de villages minuscules, des vaches (et des odeurs de vaches), des sapins, un paysage majestueux vous attendent dans la vallée. Aucune sensation étouffante, ici : on respire à pleins poumons, le cliché de l'urbain en pleine régénération!

Bien sûr il y a beaucoup de vallées, celle de la Sopra nous a conquis. Faites de Gompm Alm votre but de balade, vous trouverez au bout du chemin cette auberge de bois avec une grande terrasse pour les beaux jours et des assiettes à partager pour découvrir les fromages et charcuteries du coin ainsi que les plats traditionnels comme les canederli, des boulettes de pain rassis que l'on accompagne de chou. On fait passer ça d'un jus de pomme allongé d'eau pétillante, une boisson presque nationale, de bière ou de vin, le choix est très vaste.


Région de spas d'exception

© DR et Sud Tyrol Tourisme
Piscine intérieure de l'hôtel Vigilius - Thermes publics de Merano - Piscine extérieure de l'hôtel Therme à Merano - Jacuzzi en pierre naturelle extérieur au Vigilius Hotel

Imaginez, vous êtes en haut d'une montagne, autour des sapins, les crêtes qui se dessinent dans le soleil couchant, pas un bruit, à peine celui d'une marmotte qui s'affaire dans un coin ou le bruissement d'une aile de petite chauve-souris. Vous êtes en maillot de bain. Non, vous n'êtes pas à l'ouest... vous êtes assis dans un jacuzzi extérieur dont la chaleur vous transporte et les bulles vous délasse. C'est un moment d'exception que l'on peut s'offrir facilement au Sud Tyrol, les hôtels avec spas y sont très nombreux et débordent d'inventivité. L'approche design et nature étant privilégiée à chaque fois.

Mention plus que particulière pour l'hôtel Vigilius, un hôtel d'exception dans la région de Monte San Vigilio/Vigiljoch, non loin de Mérano. On y arrive exclusivement par téléphérique. L'établissement, de bois et de pierre, propose un spa hautement ressourçant, une cuisine gastronomique entre finesse et tradition (dans un restaurant installé dans un large grenier à poutres apparentes), une immense terrasse où prendre les premiers rayons du soleil et la montagne alentour pour y marquer de son pas les premières neiges et y faire des randonnées jusque 2600 m). Une adresse parfaite pour un moment que l'on veut à soi ou à deux et pour se réfugier quand l'agitation, là-bas en bas est vraiment trop forte.


>> Plein d'infos sur le Sud Tyrol sur le site (en français) de l'office de tourisme, ici