Voyages

Un subtil mélange de traditions chinoises, japonaises et locales, une diversité de cultures pluri-centenaires.

Nous avons effectué le voyage à l’occasion de la fête nationale de l’île. Faisant partie d’une délégation de journalistes, nous assistons à un défilé dont le caractère principalement commercial surprend. Il est vrai qu’il ne s’agit pas d’énerver le grand voisin d’en face.

Anciennement appelée Formose, la République de Chine (23,55 millions d’habitants) par opposition à la République Populaire de Chine continentale (Pékin) dont les deux rives sont séparées par seulement 120 km, est devenue en peu de temps, avec la Corée du Sud, Hong Kong et Singapour, un des quatre dragons asiatiques. Le miracle économique taïwanais saute aux yeux. Taïwan se classe comme étant la 14e puissance mondiale en ce qui concerne la compétitivité avec des compagnies comme Acer (ICT), Asus (ordinateurs) ou Giant (bicyclettes), chacune leader mondial dans leur domaine. Le pays jouit d’un niveau équivalent à celui du Japon ou de l’Union européenne. Les entreprises taïwanaises fournissent une bonne partie des produits électroniques du monde, mais la grande majorité de ceux-ci est fabriquée dans leurs usines en République Populaire de Chine et dans d’autres pays d’Asie du Sud-Est.

Il y a entre les deux Chines une intense activité économique, principalement dans les domaines de la biotechnologie, l’industrie pharmaceutique et la nouvelle agriculture. Tsai Ing-Wen est la première femme à la tête de l’État. Elle prône une politique de statu quo par rapport à Pékin.

Taipei City est une capitale cosmopolite affichant un modernisme insolent, disposant d’un métro ultra-performant. Des milliers de scooters roulent à travers de larges avenues. Quant aux taxis ils sont sûrs et relativement bon marché. Des apothicaires traditionnels, avec leurs savantes préparations, côtoient les partisans de la médecine de pointe, dont on vante les mérites à grands frais publicitaires. On aperçoit çà et là des petits groupes adeptes du tai-chi. Il fait chaud et humide en cette saison. Au loin on devine la silhouette de la tour Taipei 101 dans une espèce de brume, telle une sentinelle qui veille sur cette cité débordant d’énergie.

La visite au Mémorial du généralissime Tchang Kaï-chek, figure historique du Kuomintang ayant fondé la nation actuelle après sa défaite face aux troupes de Mao, fait partie des grands classiques. Celle au Temple Logshan, consacré à la Déesse de la Miséricorde, où il est de coutume de brûler de la monnaie fantôme en offrande également. De vieilles dames jettent des pierres au sol, pratique consistant à les faire retomber trois fois de suite face ouverte vers le ciel afin d’attirer les bonnes grâces ou voir un vœu exhaussé. À l’extérieur du temple pris en carcan par d’immenses gratte-ciel, on perçoit le vacarme d’une ville comptant plus de 2,5 millions d’habitants.

Le Musée du Palais avec ses riches collections de porcelaines anciennes mérite à lui seul le voyage. Même les chinois d’en face font spécialement à cette fin le déplacement en grand nombre. La finesse et le raffinement des objets exposés raviront les amateurs d’art.

Un futur prometteur

Après une visite à un des nombreux marchés nocturnes, aux multiples produits Made in Taïwan comme de l’électronique à bon prix ou de l’artisanat local, nous partons vers le centre de l’île, plus précisément vers Taichung. Des trains à grande vitesse permettent, dès l’aube, de sillonner le pays sans grandes difficultés. Chacun attend patiemment, sur le quai aux emplacements indiqués, que les portes s’ouvrent. Vitesse de pointe 350 km/heure. La ville accueillera sur une superficie de plus de 60 ha une grande exposition florale du 3 novembre 2018 au 24 avril 2019 avec comme thème : Green, Nature&People. L’orchidée, dont les Taïwanais sont les maîtres incontestés, y sera à l’honneur. On attend 8 millions de visiteurs. Les infrastructures sont prêtes, les autorités locales confiantes.

Prochaine destination de ce court séjour, la ville de Tainan, plus au sud. Elle est connue pour ses nombreux temples, il y en aurait plus de 300 ! Non loin de là se situe la lagune de Cigu et ses parcs à huîtres. Nous y dégusterons sur une modeste embarcation des huîtres fraîchement sorties de l’eau et déposées sur un barbecue. Elles sont de petite taille au goût sucré. Il n’y avait qu’un verre de vin blanc qui manquait.

Pour ce qui en est du shopping, certains considèrent le whisky taïwanais de la marque Kavalan comme étant un des meilleurs single malt au monde ! À consommer avec modération. Un large choix de thés, dont l’Oolong, produit en montagne, connu pour ses vertus apaisantes, de la poterie traditionnelle, du matériel électronique, des objets en jade constituent des achats intéressants.

De retour à Taipei, on en profite pour rencontrer quelques jeunes étudiants. Tous ont cette soif de découvrir le monde. Tous ont les deux pieds sur terre et le regard tourné vers un futur qui s’annonce prometteur. On compte 3,5 millions de chinois du continent qui chaque année visitent Taïwan. Ce nombre est sans cesse croissant. Les visites familiales sont désormais permises et cela dans les deux sens. Une chose est certaine, en visitant Taïwan, non seulement vous aurez l’impression de ne pas être considéré comme un touriste mais comme un véritable hôte, mais vous aurez également sur une petite surface, un bel aperçu de cette autre Chine.

© D.R.

5 bonnes raison de venir à Taïwan

Le Musée National du Palais

Le Musée National du Palais de Taipei, avec sa collection unique de porcelaines et céramiques provenant du palais impérial de la Cité Interdite à Beijing. Calligraphies anciennes, bronzes et objets en jade dont le célèbre chou en jadéite datant de la dynastie Qing. Il fait partie des quatre plus importants musées au monde. Il est possible d’avoir une visite guidée en français.

Taipei 101

Taipei 101 (508 m) se situe en plein centre financier. Jusqu’en 2009, il fut le plus haut gratte-ciel du monde, offrant une vue panoramique sur la capitale et sa banlieue. En forme de bambou, il est un symbole de croissance. Tenant compte des préceptes du Feng Shui, il est censé résister aux tremblements de terre et autres typhons. En sous-sol, Taipei 101 accueille le restaurant Din Tai Fung dont on dit qu’il sert les meilleurs raviolis chinois au monde. Voir les chefs préparer les plats est un spectacle en soi. La réputation d’excellence est méritée.

Les Parcs Nationaux

Les superbes Gorges de marbre de Taroko, situées à 2 heures de route de Taipei, sont un incontournable. Au Yushan NP, au centre de l’île, il est possible de faire l’ascension de la Montagne de Jade (3.952m), ainsi que du mystérieux Sun Moon Lake, où habitent les Thao - une des tribus indigènes - parlant encore une langue austronésienne. L’île verte, Green Island, sur la côte, est connue pour ses formations de corail, ses paysages côtiers pittoresques et sa source thermale d’eau salée.

La cuisine taïwanaise

La cuisine taïwanaise aux multiples facettes intégre des influences diverses avec sa grande variété de siao-chih (petits plats en mandarin), un vrai melting-pot culinaire. Il y a le canard laqué bien sûr, servi selon la grande tradition chinoise, le chef découpant d’abord la peau croustillante parfumée de miel. Chaque tranche de chair tendre est entièrement désossée et recouverte d’un bout de peau croquante, le tout enroulé dans une petite crêpe de blé. On termine par le potage. On trouve une grande variété de fruits de mer, algues et poissons crus. L’île ayant vécu sous domination japonaise jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, on notera une grande influence nippone sur la société taïwanaise, principalement auprès de l’ancienne génération. Taïwan est un réel paradis pour foodies, street food oblige. Comme grands classiques, mentionnons l’omelette aux huîtres avec sauces appropriées, le potage de nouilles au bœuf et le thé aux perles (de tapioca), aussi appelé bubble tea, très à la mode chez les jeunes !

L’Opéra de Taichung

L’Opéra de Taichung dessiné par le japonais Toyo Ito, ayant obtenu en 2013 le prix Pritzker, l’équivalent du prix Nobel en architecture, pour son œuvre. Il s’agit d’un bâtiment aux formes inhabituelles nécessitant de réelles prouesses architecturales.


Comment venir à Taïwan ?

En avion : Emirates. Au départ de Bruxelles, le vol dure un peu plus de 6h jusqu’à l’escale de Dubai. Comptez encore 8h30 en A380 avant d’arriver à destination. Coût approximatif, dépendant des promotions, moins de 700 € aller-retour. Pas de visa requis.

Se renseigner : Pour les étudiants désireux d’apprendre le mandarin sur place avec l’aide du gouvernement local, il y a le Huayu Enrichment Scholarship. L’objectif est d’encourager les citoyens belges et luxembourgeois à apprendre le mandarin dans des centres de langues rattachés aux universités taïwanaises. Se renseigner auprès du Taipei Representative Office in the EU and Belgium, square de Meeus, 26-27 à 1000 Bruxelles. Tél. : 02/287.28.00.