Buzz télé "On vous soupçonne d'avoir brûlé un feu rouge à vélo. On vous demande 100€." C'est de cette façon que l'émission satirique de la chaine publique VRT a voulu ironiser sur le projet de loi de Theo Francken voté jeudi à la Chambre. 

Dans le but de mieux se protéger du terrorisme, Theo Francken, secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration ainsi que Jan Jambon, ministre de l'Intérieur, ont fait voter par la Chambre jeudi soir un projet de loi facilitant l'expulsion des étrangers qui "représentent un risque pour la société". On peut lire le paragraphe suivant dans ce projet de loi. 

"En vertu de l’article 39/79, § 1er, alinéa 2, 4°, de la loi, l’étranger qui fait l’objet d’un arrêté de renvoi, pris sans avis préalable de la Commission consultative des étrangers, bénéficie actuellement d’un recours en annulation qui est suspensif de plein droit. Concrètement, cela implique que l’arrêté ne peut pas être exécuté de manière forcée ni pendant le délai de recours ni pendant l’examen de celui-ci. Vu que les arrêtés de renvoi sont appelés à disparaître et que l’avis de la Commission Consultative ne sera plus requis, il paraissait nécessaire de supprimer une telle garantie procédurale compte tenu des objectifs poursuivis par le Gouvernement. L’administration doit pouvoir agir plus rapidement et efficacement à l’encontre des étrangers qui représentent un risque pour la société. Les règles de procédure administrative et juridictionnelle doivent donc être adaptées en conséquence. Il n’est donc pas question que l’étranger qui fait l’objet d’une mesure d’éloignement pour des raisons d’ordre public ou de sécurité nationale bénéficie d’une procédure de recours lui conférant de plein droit le droit de rester temporairement sur le territoire."

Autrement dit, en cas de soupçon de "raisons impérieuses pour la sécurité nationale" par les autorités, elles pourront décider d'expulser un étranger sans qu'il ne soit jugé et sans qu'il n'ait de recours suspensif pour se défendre.

Sur ces entrefaites, l'émission satirique "De Ideale Wereld" a voulu concrétiser cette mesure. Elle a d'abord demandé aux citoyens s'ils étaient d'accord avec l'idée du gouvernement. Après des réponses de types, "il n'y a pas de fumée sans feu" ou "quand on voit passer le poissonnier, on a envie de moules", les personnes interrogées marquaient leur accord avec la proposition. Jusqu'à ce que l'intervieweur se déguise en policer suspicieux sans preuves. 

"- On vous soupçonne d'avoir récemment roulé à du 90 km/h quelque part où la vitesse est limitée à 70 km/h.

- Oui, mais un soupçon ?

- Oui, un soupçon.

- Madame, c'est un peu comme avec les moules. Vous avez envie de moules quand vous avez vu passer le poissonnier."

Avec un autre citoyen piégé, l'évocation de l'amende crée l'embarras.

"- On vous demande une amende 100 euros.

- Mais alors vous devez le prouver.

- Oui mais le prouver n'est pas nécessaire, le soupçon est suffisant."

La discussion de l'enquête et des procédures se poursuit avec une troisième personne.

"- Si on doit mesurer tout ça avec des ordinateurs, on n'est pas sortis de l'auberge. On a un soupçon et ça devrait être suffisant.

- Vous trouvez ça suffisant et je devrais être d'accord ?

- Il n'y a pas de fumée sans feu, hein monsieur.

- Oui, on vient de me dire la même chose. 

- Que voulez-vous dire ?

- Ils sont venus m'interviewer à propos de Francken."

Et pour cause, même procédé, mais victimes différentes...