Buzz télé La question est revenue sur le devant de la scène politique française ces dernières semaines : celle de l'argent. Entre François Fillon (ses prêts non-déclarés, ses costumes et ses montres) et Marine Le Pen dont les assistants parlementaires sont visés par des enquêtes judiciaires, l'argent et l'éthique ont éclipsé les autres sujets de débat politique en vue de l'élection présidentielle. 

À gauche aussi, la question de l'argent a été évoquée à travers Julien Dray, un vieux de la vieille au parti socialiste, qui déclarait qu'un député avait "besoin de 9.000 euros par mois". D'après l'ami et ancien conseiller de François Hollande, bien payer les députés permet d'éviter la corruption ou les cas de cadeaux suspects reçus ceux-ci.

Invité hier sur le plateau d' On n'est pas couché sur France 2, Hervé Mariton, soutien de François Fillon, s'est exprimé sur le sujet de l'argent. Lorsque Laurent Ruquier lui demande pourquoi il souhaite, comme Julien Dray, augmenter le salaire des députés. Hervé Mariton commence par expliquer que c'est un débat difficile à comprendre pour la majorité des Français dont le salaire médian est 1.700€. De même, le député explique que la question de sa rémunération lui a été posée par élèves de primaires dernièrement et qu'elle était jugée très importante. Puis, le député des Républicains reprend en comparant son salaire, 5.000€ net/mois avec celui d'autres métiers comme les professeurs d'université ou de cadres français, il semble moins élevé.

Laurent Ruquier abonde en citant les footballeurs ou les animateurs de télévision. Ce à quoi Hervé Mariton répond : "par exemple, vous en une soirée, vous gagnez beaucoup plus que ce que je ne gagne en un mois... mais votre talent est infiniment supérieur au mien" conclut le député avec un sourire. 

Hervé Mariton souhaite simplement ouvrir le débat mais sans vraiment aboutir à un but. Mais rien que sa réflexion n'a pas plus aux autres personnalités présentes sur le plateau. "Vous n'arriverez pas à attendrir les Français sur le sort des députés", déclare l'acteur Lambert Wilson.  "Pourquoi vous avez voulu être parlementaire ?", reprend la journaliste Isabelle Saporta . "Pour servir" répond le député. "Et bien, voilà, normalement, quand on s'engage en politique, c'est qu'on a une certaine idée de la France, de son pays et on ne parle pas comme un boutiquier en essayant de se comparer à qui gagne plus de pognon que moi. C'est inaudible ce que vous dites. Moi j'ai 40 ans aujourd'hui, je n'ai fait que voter par dépit  depuis que j'ai le droit de vote. Et on a passé notre campagne présidentielle sur les costards de Fillon, sur les emplois présumés fictifs... On n'a posé aucune question de fond et quand on vous dit 'ce n'est pas bien d'avoir des conflits d'intérêts dans tous les sens' et vous nous dites : 'vous n'avez qu'à nous donner plus de pognon, on sera moins tentés'. Et bien désolé, c'est inaudible. C'est insupportable."

Hervé Mariton n'a pas apprécié et n'est pas d'accord avec cette vision du débat. "Très franchement, si j'avais voulu faire de l'argent dans ma vie, je suis très conscient de ça et je ne demande pas qu'on me plaigne, mais j'aurais fait autre chose que de la politique." 

Ruquier: "Je paie l'impôt sur la fortune et je suis contre sa suppression"

Dans la même émission, un débat a eu lieu sur l'ISF (Impôts de solidarité sur la fortune que paient les Français qui possèdent un patrimoine égal ou supérieur à 1,3 millions d'euros). Cet ISF, le camp Fillon souhaite le supprimer car il ferait fuir les riches Français hors du pays et donc coûterait plus à l'Etat que ce qu'il ne rapporte. De nouveau, levé de boucliers sur le plateau, et c'est Laurent Ruquier qui s'insurge contre le fait que les personnes soumises à l'ISF quittent le pays.  "Vous avez raison, ce n'est pas illégal, explique l'animateur. Ce n'est pas de l'évasion fiscale. Mais quand on gagne de l'argent, beaucoup d'argent, comme moi, qu'on est fier de payer ses impôts en France et de ne pas partir à l'étranger pour en payer moins, j'appelle ça de la moralité, monsieur." Et Laurent Ruquier de conclure avec son cas personnel. "Je paie l'ISF et moi je suis contre la suppression de l'ISF."