Des vers français colonisent discrètement l'Irlande

AFP Publié le - Mis à jour le

Insolite Des vers de terre originaires d'Aquitaine, dans le sud-ouest de la France, ont été découverts en train de coloniser en toute discrétion une ferme irlandaise, peut-être aidés dans leur progression vers le nord par le réchauffement climatique, selon une étude publiée mercredi.

Des scientifiques qui étudiaient les vers de terre sur une exploitation agricole à Dublin ont découvert "des populations abondantes" d'une espèce endémique à la région Aquitaine, à plus de 1.000 kilomètres au sud de l'Irlande.

Ils vivent aussi naturellement dans le nord de l'Espagne, la Sardaigne et dans certaines parties de l'Afrique du Nord.

Ce sont les premiers vers de terre d'Europe du Sud dont on rapporte l'installation dans les anciennes régions glaciaires de l'hémisphère nord.

"Il est surprenant de constater que ces vers se sont si bien établis loin de leur habitat naturel, malgré les différences de climat et le fait que nous avons déjà beaucoup d'espèces de vers de terre", a déclaré à l'AFP Olaf Schmidt (University College de Dublin), un des co-auteurs de l'étude.

"Il est tentant de spéculer que de telles espèces méridionales n'arrivent à survivre plus au nord qu'en raison du changement climatique", a-t-il dit, soulignant que des recherches plus poussées seraient nécessaires pour confirmer cette hypothèse.

Les vers français ont été repérés dans six espaces distincts de la ferme irlandaise, à plusieurs centaines de mètres de distance.

Se nourrissant différemment que leurs congénères indigènes, ils ne seraient pas une menace pour eux. Mais leur régime particulier pourrait constituer un autre danger, en libérant du dioxyde de carbone, principal gaz contributeur de l'effet de serre.

Les vers ingèrent le carbone sous forme de matière organique, puis le rejettent sous forme de CO2.

"Si les nouveaux arrivants élargissent leur gamme et la taille de leur population, ils pourraient assimiler et donc libérer des sources de carbone qui restent enfermées dans les sols... quand seules les espèces indigènes sont présentes", a dit Olaf Schmidt.

"Toutefois, il se pourrait aussi que cette nouvelle espèce apporte une contribution positive à l'entretien de la structure du sol, au cycle des nutriments, etc.", a poursuivi le chercheur. "Nous avons besoin de davantage de recherches pour le savoir", a-t-il ajouté.

Les chercheurs ne savent pas exactement comment les vers français sont arrivés en Irlande. Ils ont probablement été importés dans les racines d'un lot de plantes.

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