Insolite

Un habitant de la Drôme a été interpellé la semaine dernière à son domicile par le service régional de police judiciaire. Il aurait juste envoyé un e-mail à l'ancien garde des Sceaux, Rachida Dati, sur sa messagerie au Parlement européen pour lui demander une "inflation", référence à son lapsus sur le plateau de Canal+.

C'est le journal français Libération qui a publié cette information et les propos de son avocat, Me Ivan Flaud. "Lorsque l'on m'a appelé pour une garde à vue pour outrages, je m'attendais à voir des jeunes qui avaient insulté des policiers. Sûrement pas à un homme d'une quarantaine d'années, qui avait envoyé un mail à Rachida Dati... Il a compris qu'il a fait une erreur mais il est complètement déstabilisé". L'avocat ne comprend pas pourquoi son client est resté 48 heures en garde à vue. Il trouve que la réaction de la police est disproportionnée. "C'est inimaginable! Totalement disproportionné! On marche sur la tête là! Son appartement a été perquisitionné, et son ordinateur saisi".

Après la garde à vue de 48h, l'homme a été déféré devant le parquet et présenté au juge des libertés et de la détention qui l'a placé sous contrôle judiciaire. Il comparaîtra le 3 décembre pour outrage à personne chargée d'une fonction publique et a interdiction d'approcher la "victime". Il risque jusqu'à 6 mois de prison ferme et 7500 euros d'amende.

Rachida Dati a publié sur son site un communiqué pour lever tout malentendu:"La différence avec, non pas le courriel, mais les courriels que j’ai reçus de cette personne, c’est qu’au vu de leur nombre et de l’insistance des propos qu’ils contenaient, je ne pouvais plus considérer sa démarche comme une simple plaisanterie. Je me suis sentie menacée. Au delà d’être une élue, je suis une femme et une mère, et j’ai tout simplement eu peur pour ma sécurité et surtout celle de ma fille."