L'Inde achète des archives de Gandhi avant leur vente aux enchères

AFP Publié le - Mis à jour le

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L'Inde a versé plus d'un million de dollars pour acquérir des lettres, documents et photos relatives au Mahatma Gandhi, empêchant de fait que ces documents soient vendus aux enchères à Londres, a-t-on appris mardi auprès du ministère indien de la Culture.

Les documents devaient être mis aux enchères ce mardi par la célèbre maison Sotheby's. Ils appartenaient à un ami très proche de Gandhi, Hermann Kallenbach, un architecte juif allemand que le père de l'indépendance indienne avait rencontré en 1904 en Afrique du sud.

Ces archives, comprenant notamment quatre décennies de correspondance (1905-1945) "pour la plupart jamais publiée" selon Sotheby's, avaient été estimées à entre 776.000 dollars et 1,086 million de dollars.

Un responsable au sein du ministère indien de la Culture, Sanjiv Mittal, a indiqué à l'AFP que le gouvernement avait versé 1,1 million de dollars (environ 813.000 euros) pour acquérir l'intégralité de la collection. Les documents seront transférés aux Archives nationales indiennes.

"Il y avait le sentiment que les lettres étaient importantes pour étudier la pensée de Gandhi sur différents sujets", a expliqué M. Mittal.

"Comme nous avons déjà quelques lettres échangées entre Kallenbach et Gandhi, nous avons pensé que ceci nous aiderait à combler les lacunes de notre collection", a-t-il ajouté.

C'est un historien indien, Ramchandra Guha, qui avait découvert les documents, dont des lettres échangées entre Gandhi et sa famille, ses amis et ses partisans, au domicile de la petite-nièce de Kallenbach, Isa Sarid.

Selon la presse indienne, le gouvernement a réussi à acheter les archives au terme d'intenses semaines de négociations avec la famille de l'architecte.

Y figurent notamment 13 lettres échangées entre les deux hommes, une écharpe en coton offerte par le Mahatma à son ami, ainsi que de nombreuses lettres écrites par les fils de Gandhi qui permettent d'en savoir plus sur la vie du Mahatma à son retour en Inde.

Dans l'une de ses lettres, Gandhi confie à son ami le 6 mars 1914, peu avant de rentrer dans son pays: "J'écris accroupi sur le sol et je mange avec les doigts. Je ne veux pas avoir l'air maladroit en Inde."

L'Inde a dans le passé déjà fait connaître sa désapprobation concernant des ventes aux enchères relatives à des objets ayant appartenu à l'apôtre de la non-violence, estimant qu'elles insultent la mémoire d'un homme ayant rejeté toute sa vie la richesse matérielle.

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