Insolite

Hervé Morin. Rien à faire, son nom ricoche tout de suite sur le portrait du petit fonctionnaire européen. Morin, on l’image partir travailler de bon matin, la boite à tartines à la main. Déjà hanté par sa pause de midi, il sait qu’il va devoir se débarrasser des deux sandwichs jambon Herta préparés par sa femme Murielle pour aller au Quick avec les copains. Mais non, Morin se rêve à l’Elysée et tant pis s’il faut saouler Borloo, édenter Bayrou ou faire cracher à Villepin son sourire plasticien. Alors pour grimper, Morin a des idées. A la côte cet été, il est parti sauver l’euro. Sur la plage du Grau-du-Roi, il a distribué des capotes "L’euro te protège" à des touristes désormais incapables de se payer un maillot de bain. Aux dires de l’eurodéputée Rachida Dati, cette action ne serait toutefois pas parvenue à endiguer la "fellation" que la Banque centrale européenne (BCE) entend pourtant stabiliser à deux pour cent.

Le Real Madrid. Pour maintenir l’euro à flots, la BCE doit recevoir des banques certaines garanties (voir l’économie pour les Nuls : rubrique "collatéral"). Problème, les banques espagnoles n’ont plus grand-chose dans leur besace. Les maisons ne valent plus tripette, Julio Iglésias est désormais à la retraite et Alberto Contador a pourri le marché du steak espagnol. Mais Juan-Felix Sanchez, modeste employé du groupe bancaire "Bankia", s’est rappelé que sa banque avait autrefois consenti des prêts au Real Madrid pour les transferts de Kaka et Christiano Ronaldo. Ceux-ci ont donc été déposés comme garantie auprès de la Banque centrale européenne. Le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, notoire "fanaticien" du Barça, aurait toutefois parlé "d’actifs pourris", espérant les refiler au Quatar ou aux Etats-Unis endéans les dix ans, "comme tous les footballeurs en béquilles".

Les Néo-Zélandais. On les croit replets et plantus, le cerveau joufflu et le QI aussi stable qu’un ballon de rugby. Balayez les clichés, les Néo-Zélandais ont des leçons d’économie à nous planter. Dame Merkel veut éviter une dévaluation ? Les Néo-Zélandais paradent déjà avec la solution. Ils ont décidé de mettre en circulation quarante pièces marquées du sceau de "Star Wars". Succès assuré et inflation maîtrisée. On sent d’ici le pack de gaufres Suzy (quatre + un gratis) s’arrondir à deux (euros) Dark Vadors, le paquet de tabac (non pas ça) chuter à trois (euros) Chewbacca, et le triptyque de culottes Wonderbra descendre à quatre (euros) Princesse Leia. Note à benêts : si tous ces noms ne vous disent rien, prière de contacter Monsieur Giscard d’Estaing. Super Mario. En octobre, Super Mario (dit aussi Mario Draghi) pilotera la zone euro. Jean-Claude Trichet peut s’endormir dans la naphtaline, Mario va relancer la machine. Mario, il a beau te parler de "debito" et de "rigore", tout le monde prend ça pour de la poésie. Seule une ombre risque alors de peser au tableau : un homme, un seul, caché sous le fallacieux nom de Super Sarko. Thibaut Roland (st.)