Insolite

C'est sous la célèbre artère de Whitechapel à l'est de la capitale britannique que les équipes d'égouttage seront à pied d'oeuvre trois semaines durant, pour désobstruer le réseau.

Les services compétents londoniens n'avaient jamais vu cela. Un fatberg (comprenez montagne de graisse) de 130 tonnes s'est formé sous Whitechapel. Et les responsables sont tout désignés, il s'agit tout simplement des Londoniens eux-mêmes. La compagnie Thames Water, gestionnaire des eaux de la capitale, a ainsi indiqué, entre les lignes, que c'est en raison de l'absence de bon sens des citoyens, qui jettent tout et n'importe quoi dans la cuvette des WC ou dans les éviers, que cette montagne de graisse s'est formée.

Couche-culottes, serviettes hygiéniques, tampons et autres sparadraps se sont en effet mélangé aux huiles usagées pour former cet immense amas, long de 250 mètres, soit plus de deux fois la longueur de la pelouse de l'emblématique stade de Wembley, et pesant 130 tonnes, c'est à dire le poids de onze bus à impérial.

Des statistiques qui dépassent largement le précédent fatberg repéré en 2013 dans les égouts londoniens dans le quartier de Kingston, qui ne faisait "que" 15 tonnes et qui avait nécessité dix jours de travail. Dans le cas présent, on parle de trois semaines pour anéantir ce bloc gras.

Autant dire que ce record les Londoniens s'en seraient bien passé, d'autant que Matt Rimmer, qui dirige les opérations de gestion des déchets à la Thames Water, affirme que cette situation est "évitable." Et d'indiquer que sa compagnie "se préoccupe quotidiennement de l'état du réseau des égouts londoniens, mais que ce genre de choses peut survenir très rapidement, et provoquer d'importants problèmes en termes d'inondations."

Outre les risques de refoulement dans les habitations, ce sont également des désagréments en surface qui sont à prévoir puisqu'une portion destinée au parking sur l'artère doit également être fermée. 

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Campagne de sensibilisation

Et quand Thames Water regrette cet événement "évitable", c'est précisément parce que pour éviter ce genre de désagréments, la société avait mis en ligne, en mai 2013 déjà, un module sur son site internet pour inviter les citoyens de la métropole à jeter à la poubelle tout ce qui n'a pas sa place dans les toilettes ou les éviers, à l'image des préservatifs, des serviettes hygiéniques, des huiles usagées, des pansements ou encore des cotons-tiges.

En effet, tous ces objets créées par l'homme ne sont pas dégradables, à' l'inverse du papier toilette, et ne se dissolvent pas dans l'eau. Plastique et tissus s’agglomèrent à la place et, mélangés à des graisses diverses, forment une masse solide comme celle, record, du fatberg.

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Récupération

D'une dizaine ou d'une centaine de tonnes, la méthode est la même pour détruire "l'équivalent d'un bloc de béton." Grâce au travail de huit personnes, qui utilisent des jets d'eau à haute pression, le bloc ne devrait être qu'une mauvaise histoire passée. Ce dernier est ensuite traité au site de recyclage de Stratford, où un énorme travail de récupération est prévu. Comme l'indiquait l'entreprise Countyclean, responsable de l'élimination du précédent fatberg, l'eau est extraite pour être retraitée, tandis que les graisses et les huiles servent à confectionner savons et du biodiesel. 

Un travail de recyclage qui aurait été bien moins ingrat avec davantage de citoyenneté.