Un vendredi à ne pas mettre un paraskevidekatriaphobe dehors !

Stéphanie Ciardiello Publié le - Mis à jour le

Insolite Le terme vient du grec : paraskevi (vendredi), dekatria (treize), et phobia (peur). A l’origine, il y a le 13, qui en lui-même est un chiffre porte-malheur. Regardez ce pauvre Jésus : s’il n’avait pas invité Judas à son dernier repas, lui et ses disciples n’auraient été que 12. 12, le chiffre parfait. Multiple de tant d’autres. 12 comme les douze mois de l’année, les douze constellations, les douze signes du zodiaque,… Tandis que 13 !

Même en F1, personne ne porte le n°13

D’ailleurs, la plupart des compagnies aériennes n’ont pas de 13ème rangée de sièges, tout comme certains hôtels n’ont ni 13ème étage, ni chambre n°13. Même en F1, personne ne porte le n°13. Une superstition qui date de la mort de deux pilotes portant ce dossard en 1926. Même Stephen King, le Roi de l’épouvante, est terrifié par le 13. A tel point qu’il ne lira jamais la page 13 d’aucun livre.

Pourquoi le vendredi 13 ?

D’abord, détrompez-vous : ce n’est pas partout pareil ! En Amérique latine, par exemple, c’est quand le 13 tombe un mardi qu’il faut trembler. Car le mardi est associé à Mars, Dieu de la guerre. En Occident, on prend comme prétexte le jour de la crucifixion du Christ. C’était un vendredi. Le Vendredi Saint. 12 siècles plus tard, Jacques de Molay, grand maître des Templiers qui est arrêté. C’était le vendredi 13 octobre 1307.

Le Freya’s Day…

Dans la mythologie nordique, Freya était la reine des Dieux, déesse de l’Amour que ses adorateurs célébraient le vendredi. D’où le mot anglais « Friday », pour « Freya’s Day ». Mais lorsqu’au Xème siècle, les pays du Nord se sont convertis au christianisme, on commença alors à raconter que Freya était en fait une sorcière. Bannie au sommet d’une montagne, elle avait coutume de se venger en invitant le diable et 11 copines sorcières tous les vendredis pour maudire les hommes et leur jeter de mauvais sorts. Quant au Dieu Odin, il se mord encore les doigts d’avoir organisé une petite fête ce vendredi-là, en compagnie de 11 de ses amis, oubliant Loki, père de plusieurs monstres. Le plus fourbes des dieux de la mythologie scandinave, qui, très fâché, s’invita lui-même à la boum d’Odin, et transperça le coeur de Balder, dieu de l’Amour et de la Lumière ! Il y a 40 ans, ce fut aussi un vendredi 13 qu’eut lieu le célèbre crash des Andes, celui de l’avion transportant l’équipe de rugby du Chili, et dont les survivants ne furent retrouvés que deux mois plus tard, après avoir du recourir au cannibalisme pour survivre.

Des preuves scientifiques ?

Là encore, aucune vérité universelle. Pire : les chercheurs se contredisent. En 1993, par exemple, des savants britanniques démontrèrent qu’il y avait davantage d’accidents de la route les vendredis 13 que les autres vendredis, et qu’en outre ces accidents avaient 52% de chances (ou plutôt de risques) en plus de faire des blessés. Mais voilà qu’en 2008, une étude néerlandaise montre qu’à l’inverse, il y a moins d’accidents, d’incendies et de cambriolages les vendredis 13 que n’importe quel autre vendredi du mois. Peut-être parce que les gens ont plus tendance à rester chez eux… Selon des sondages réalisés en 2004 aux Etats-Unis, il y aurait entre 17 et 21 millions d’Américains qui seraient paraskevidekatriaphobes. Quant aux statistiques, elles sont formelles : il y a un net recul de l’activité économique les vendredis 13.

Jour de chance !

Celle qui se frotte les mains, c’est la Loterie Nationale ! Un jour comme aujourd’hui, le nombre de bulletins validés va exploser. Des millions de cases cochées…dont les vôtres, peut-être ? Et si vous ne décrochez pas le pactole, rassurez-vous : 2012 nous réserve deux autres vendredis 13, en avril et en juillet !

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