1ère livraison de Coca Cola en Birmanie

Par Philippe Paquet Publié le - Mis à jour le

Société

La Birmanie vient de franchir une étape importante dans sa marche forcée vers la démocratie et l’ouverture au monde extérieur puisqu’elle a reçu lundi sa première livraison de Coca-Cola depuis plus d’un demi-siècle. Les sanctions américaines autant que la politique autarcique de la junte anciennement au pouvoir à Rangoon avaient privé des générations de Birmans du privilège de se désaltérer comme le fait le reste de la planète mondialisée. Et tout devrait aller pour le mieux puisque la multinationale annonce des investissements "significatifs" pour lancer une production locale d’ici trois à cinq ans.

Comme un bonheur ne vient jamais seul, les consommateurs de Coca-Cola pourront même régler la note avec Mastercard. Cette autre multinationale américaine a, en effet, noué des contacts avec les institutions financières birmanes pour permettre le paiement électronique dans un pays qui n’utilise encore que de magnifiques billets de banque ornés de fiers personnages à képis et galons. A ce rythme, les Birmans pourront bientôt vivre eux aussi à crédit et sortir des supermarchés avec des caddies remplis d’articles importés, fabriqués industriellement et pas nécessairement bons pour la santé. Mais un jour viendra sans doute où ils redécouvriront à leur tour les produits bio. La boucle sera alors bouclée.

L’homme qui est à l’origine de ce miracle, le président birman Thein Sein, va payer de sa personne puisqu’il aura l’occasion de tester et le Coca-Cola et sa Mastercard en se rendant dans quelques jours à New York pour l’Assemblée générale des Nations unies, rendez-vous doublé d’une visite officielle à Washington aux allures de consécration internationale pour celui qui se pose en Gorbatchev birman.

La démarche n’est pas dénuée de risques, cependant. Ce ne serait pas la première fois qu’un potentat serait surpris en pleine 5e Avenue par la nouvelle d’un putsch fomenté à la maison. Or, les tensions ont éclaté au grand jour avec un autre ex-général, Shwe Mann, le président de la Chambre basse du Parlement qui vient de dissoudre la Cour constitutionnelle. Proche de Thein Sein, celle-ci voulait rogner les prérogatives du Parlement.

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