Société

Le supplément "Quid" de ce week-end a partagé quatre tranches de vie contrastées de retraités qui ont donné un second souffle à leur vie.

Anne-Marie Beke passe quelques mois par an au Burkina Faso où elle est infirmière bénévole

Quelle que soit la distance, la technologie a parfois ses limites. Anne-Marie prévient d’emblée : "Ici, la connexion est très mauvaise. Impossible d’avoir une conversation via Skype. Mais je peux vous répondre par courriel." Marché conclu. C’est par correspondance écrite que nous allons découvrir le parcours et la personnalité d’Anne-Marie, aujourd’hui infirmière bénévole au Burkina Faso trois à quatre mois par an.

Rendre service, un besoin idéologique

Cette infirmière de formation a travaillé 37 ans dans le même hôpital et dans le même service de psychiatrie aiguë "avec la même motivation et le même enthousiasme."

Le 1er juillet 2014 marque le premier jour de sa retraite. "Un an avant cela, j’ai rencontré un Burkinabé à qui j’avais proposé d’offrir des services dans sa ville. A l’époque, cette proposition relevait du défi. Au fil du temps, l’idée a mûri et est devenue une occasion rêvée de répondre à un besoin idéologique. J’avais envie au fond de moi de mettre mes compétences gratuitement au service des nécessiteux", justifie Anne-Marie.

Depuis décembre 2014, tous les ans, 3 à 3,5 mois par an, Anne-Marie s’envole pour le Burkina Faso où elle assume bénévolement les consultations de psychiatrie. Le reste de l’année, la sexagénaire vaque à diverses occupations telles que la lecture, les voyages et le bénévolat en Belgique (consultation des nourrissons, secrétariat, visite de personnes âgées/malades, etc.)

Une nouvelle vie dans la continuité

Est-ce que ce bout de chemin appelé "retraite" représente une deuxième vie pour Anne-Marie ? "Il s’agit d’une nouvelle vie avec de nouveaux pôles d’intérêt. Mais après tout, je poursuis ma vie d’infirmière". Cette éternelle reconnaissante de la chance qu’elle a d’être en bonne santé est satisfaite personnellement de son choix : "C’est un plaisir de donner gratuitement. Et au-delà de cette satisfaction, ici, je m’émerveille chaque jour grâce à des rencontres, des coutumes, et je m’étonne perpétuellement de la générosité de cœur des gens malgré la pauvreté."

Choisir son propre rythme

En partant en Afrique et en étant à la retraite, Anne-Marie a doublement changé sa vision du temps. Sur ce continent où l’on répète à l’envi que "Les Européens ont la montre, mais qu’en Afrique, ils ont le temps", Anne-Marie apprécie de savourer chaque instant. "Fini les courses interminables derrière le temps, la pression des activités, des horaires et des échéances. Je peux profiter de chaque moment sans contrainte, si ce n’est celles que je choisis. Alors, je vis sans montre et je respecte mon propre rythme." Le temps, et le stress qui lui est inhérent, ne manque pas vraiment à Anne-Marie :" Ma vie a retrouvé toute sa saveur : le stress est désormais remplacé par un stress plus humain, plus relationnel". Et aujourd’hui, c’est" sans culpabilité ni stress" qu’elle peut s’asseoir et regarder le monde vivre.


Ce dossier est à découvrir en intégralité dans le supplément "Quid" de ce week-end.