Société

Il y a des jours comme ça où tout semble ligué contre vous. Et puis zut, vous avez envie de vous plaindre un bon coup ! Mais saviez-vous que ces messages négatifs sont mauvais pour votre santé et celle de votre entourage ? Voilà pourquoi nous avons testé une technique pour arrêter de se plaindre…

"Vous avez en main le secret qui vous permettra de changer votre vie.” Un ticket gagnant du Lotto ? Pas vraiment… Il s’agit d’un livre (tout de suite moins excitant…). Accompagné d’un bracelet (tout de suite plus intrigant…). “ Tu verras, me sommait une amie, ce livre est renversant. Il te fait prendre conscience de beaucoup de choses!

A force d’insistance, le voilà sous mes yeux, et, dans mes mains un bracelet couleur pourpre : “L’idée est simple, annonce l’auteur, Will Bowen, portez le bracelet et changez-le de poignet dès que vous émettez une plainte. L’objectif? Tenir 21 jours consécutifs avec le bracelet du même côté. Soit 21 jours sans vous plaindre. ” “ Facile! , me dis-je “ De nature optimiste, cela ne doit pas être bien compliqué…

Un bracelet pour prendre conscience

Le lendemain, me voilà au boulot, le bracelet au poignet. 9h45 : “Zut, l’imprimante est cassée.” Changement de poignet. Durant la pause de midi : “Je comptais faire un barbecue ce soir, mais il pleut…” Changement de côté. Entre deux verres d’eau : “C’est moi ou cette collègue n’arrête pas de se plaindre?” Déplacement du bracelet. Car critiquer revient à se plaindre, oui, oui !

Bref, les plaintes s’enchaînent. Moi qui pensais ne jamais me plaindre et ne faire que subir celles des autres ! Durant quelques semaines, je continue le défi et grâce à une discipline d’acier, le bracelet reste deux jours au même poignet… Puis, retour à la case départ. Et ainsi de suite. Aujourd’hui, il trône sur ma table de nuit. J’ai laissé tomber l’expérience pour un temps, mais peut-être, un jour, y parviendrai-je ?

Ce simple bracelet a le mérite de faire prendre conscience de l’omniprésence de la plainte, même quand on s’en croit éloigné. Et ça, c’est le premier pas vers la positive-attitude et vers la bonne santé !

Un mécanisme inconscient d’insatisfaction

La plainte est l’expression d’une insatisfaction personnelle qui découle d’un besoin inassouvi. Vous n’êtes pas reconnu au boulot pour votre travail ? Vous vous plaignez de votre patron, mais vous ne faites rien pour changer les choses. En plus, vous ne vous rendez pas compte que vous vous plaignez ! Car la plainte est un mécanisme inconscient. Nous râlons d’ailleurs entre 15 et 30 fois par jour, avant de prendre petit à petit conscience de ces lamentations.

Le cerveau est conditionné à la négativité

Cela fait du bien de se plaindre et c’est agréable de recevoir un peu d’attention. Alors, pourquoi arrêter ? Parce que c’est mauvais pour la santé. Le psychiatre Steven Parton a étudié l’effet de la plainte sur le cerveau. Il explique : “Partout dans le cerveau, il y a des connexions appelées synapses, séparées par un espace vide. Quand vous avez une pensée, une synapse crée un pont jusqu’à une autre et lui envoie un signal électrique. Or, plus ces connexions sont fréquentes, plus les synapses se rapprochent les unes des autres et moins le trajet est long à parcourir.”

Si vous habituez votre cerveau à la plainte, il aura tendance, par facilité, à emprunter cette “autoroute” fréquemment utilisée et donc à favoriser ce comportement. Il s’agit bien là d’un remodelage en temps réel de votre cerveau ou d’un conditionnement au négativisme.

Ce stress qui épuise

Le psychiatre va plus loin, et constate que sur le plan physique aussi, la plainte est néfaste. En vous plaignant, vous libérez du cortisol, l’hormone du stress. Celle-ci est utile pour faire face à des situations d’urgence, mais elle n’est pas faite pour durer. En vous plaignant trop souvent, vous êtes sous l’emprise d’une chimie qui nuit donc à votre santé. Résultat : votre système immunitaire est fragilisé et les risques de maladies cardiaques, de diabète ou d’obésité augmentent. Bref, rien de bien bon !

Une pollution contagieuse

Ô, vous qui vous plaignez ! Ceci commence à vous refroidir ? L’argument massue, si du moins il résonne en vous, c’est que la plainte est contagieuse. Et, jusqu’à nouvel ordre, aucun vaccin n’existe encore… Au sein d’un groupe, lorsque vous vous plaignez, vous polluez les autres. Pire encore, vous incitez les autres à se plaindre selon un processus de mimétisme (voir ci-contre) propre à l’être humain.

Serait-il temps d’arrêter de me plaindre de tout ce qui traîne sur ma table de nuit, d’enfiler le bracelet à mon poignet, et de relever le défi des 21 jours sans se plaindre ? Pour sûr, ma santé me remerciera. Mes collègues aussi. Mes amis aussi. Ma famille aussi. Allez, c’est décidé, cette fois, j’arrête de me plaindre !


Ce dossier est à lire en intégralité dans le supplément Quid de ce samedi.