Société

Les citoyens britanniques noirs sont plus susceptibles d'être arrêtés et fouillés par la police pour possession de drogue que leurs compatriotes blancs. Selon une étude menée par La London School of Economics et l'association Release (rapporté par le quotidien anglais The Guardian), ils risquent ensuite presque deux fois plus d'être inculpés.

Le rapport, basé sur les chiffres du Ministère de l'Intérieur, rapporte que 78 % des personnes noires sont inculpées contre 44 % de blancs. Il révèle également que ces discriminations se poursuivent au moment de la condamnation. Les personnes d'origine étrangère ont beaucoup plus de chances d'être criminalisées pour possession de drogue. 

Un exemple : à Londres, 12 % des personnes blanches trouvées en possession de cannabis ont été inculpées sur la période 2009-2010 et 75% ont reçu un avertissement. Parmi les communautés étrangères par contre, 21,5 % des personnes sont poursuivies et 65 % s'en sortent avec un avertissement. 

Les différences sont encore plus marquées dans certains quartiers de la capitale. La police des quartiers huppés de Kensington et Chelsea poursuit sept fois plus les personnes noires en possession de drogue que les blancs. Pourtant, l'étude révèle que la consommation de drogue est plus basse dans la plupart des communautés non-blanches que chez les citoyens blancs. Pour Michael Shiner, spécialiste en politique sociale et co-auteur de l'étude, "dans certains quartiers, les contrôles de drogue s'apparentent plus à une forme de contrôle social qu'un objectif de réduction des crimes".

En juillet, la Ministre de l'Intérieur, Theresa May, a annoncé une consultation de la police en charge des contrôle de drogue, les alertant sur les arrestations excessives des jeunes noirs. Pour Niamn Eastwood, qui a participé à l'étude, "rien n'a été réalisé". La situation s'est même dégradée, précise-t-elle.

En France, et c'est une première, 13 personnes ont attaqué l'Etat et le Ministère de l'Intérieur en justice début juillet pour des cas de délits de faciès. 

La Belgique n'est pas épargnés par ces délits qui se manifestent autant lors des contrôles policiers que lors des entretiens d'embauche ou à l'entrée des boîtes de nuit. Comme l'avait illustré une opération de testing menée en 2011 par le MRAX. Un groupe de jeunes issus d'Afrique du Nord et subsahrienne et un groupe de blancs s'étaient rendus dans des discothèques de Bruxelles. Le premier groupe a été systématiquement refusé sur la base de critères flous ou arbitraires.