Bugs Bunny, le cauchemar des petits

Ch.V. Publié le - Mis à jour le

Société

En deça de trois ans, mieux vaut éviter tout contact de votre enfant avec votre téléviseur. La grande majorité des études menées à ce sujet s’entendent sur ce point. Mais quand le bambin est en âge de comprendre, à son degré, ce qui se passe sur l’écran, les avis divergent.

De nombreux spécialistes pointent en effet du doigt depuis plusieurs années le fait que poster un enfant de 3 à 5 ans devant un téléviseur contribuerait à l’exciter au moment de tomber dans les bras de Morphée, et au pire, entraînerait des troubles de son comportement.

“Pas si vite !”, clament aujourd’hui des chercheurs américains, cités dans la sérieuse revue médicale Pediatrics, qui ont mené durant un an (pour le Seattle Children’s Research Institute ) des expériences au sein de plusieurs familles. La télévision n’est pas à proscrire de manière systématique pour l’enfant de 3 à 5 ans, concluent ces spécialistes qui ont, eux, décelé certaines vertus de la petite lucarne. Et notamment sa capacité de réduire “significativement les problèmes de sommeil” de l’enfant, commente Michelle Garrison, responsable de l’étude.

Selon elle, il n’est pas envisageable de proscrire la télévision pour ces jeunes enfants, étant donné que “ce média joue déjà un rôle majeur dans la vie de nombreuses familles”. L’équipe de recherche s’est donc attelée à “changer le contenu” des émissions visionnées habituellement par les enfants.

La majorité des petites têtes blondes soumises – sous l’œil bienveillant de leurs parents – à cette étude présentait au départ des troubles du sommeil et de la fatigue en journée. En leur proposant un contenu télévisuel plus approprié, sans pour autant en réduire la fréquence, les chercheurs ont abouti, au bout d’une année, à cette conclusion assez étonnante : la majorité des symptômes des enfants avaient disparu (moins de cauchemars, un endormissement plus rapide, une facilité à se réveiller le matin…).

Michelle Garrison ne s’étonne pas : elle avait veillé à ce que les parents visionnent la télévision en compagnie de leurs enfants pour les aider “à digérer ce qu’il y a sur l’écran”, tout en adaptant le contenu des dessins animés : “le fait que Bugs Bunny puisse être trop violent pour un enfant de 3 ans n’est pas toujours quelque chose qui fait tilt chez certaines familles. […] Alors qu’il est évident qu’on ne va pas regarder un film comme Transformers”. Face à un dessin animé ou à un film, l’enfant est inévitablement influencé par ce qui se déroule sur l’écran.

Publicité clickBoxBanner