Société

Angelo Valkenborgh, 34 ans, est un adepte du "bushcraft". Le Limbourgeois aime se retrouver dans la nature et survivre l’espace de quelques semaines à l’aide de ce qu’il y trouve.

Il fabrique ainsi son abri, ses ustensiles, ses objets de déco et cherche lui-même sa nourriture. Ce mode de vie épisodique prône un retour à nos racines et à un rythme de vie moins effréné qu’aujourd’hui.

A l’origine

Avant d’être happé par le bushcraft, Angelo menait une vie ordinaire. "Je sortais très souvent en discothèque, j’achetais de beaux vêtements", se souvient-il. Jusqu’au jour où il réalise que son job dans le domaine du marketing où, de son propre aveu, "tout devait aller très vite" ne le rend plus totalement heureux.

Son divorce va définitivement sonner le glas de son style de vie métro-boulot-dodo. "Puisque plus rien ne me retenait, j’ai vendu ma maison, j’ai quitté mon job et j’ai commencé mon aventure dans la nature".


Périples

Sa première expérience le conduit un mois en Suède en plein hiver avec un ami puis trois semaines seul dans une hutte en Bavière. "Cela m’a permis de faire le point sur moi-même, d’oublier mon divorce".

A partir de là, les voyages se succèdent et les techniques se peaufinent. "De manière générale, je me nourris de ce qu’il y a autour de moi, c’est-à-dire principalement de plantes. Je fabrique également des lignes de pêche pour tenter de capturer des poissons. Lorsque j’en ai l’occasion, j’attrape de petits animaux comme des grenouilles mais il en faut vraiment beaucoup pour faire un repas complet", regrette-t-il. Etant donné qu’il lui est souvent interdit de chasser de plus grosses bêtes sous peine d’être considéré comme un braconnier, il opte généralement pour un système D. Il raconte par exemple s’être déjà approvisionné en viande directement au supermarché pour avoir un apport suffisant en protéines. "Je l’ai ensuite faite sécher pour la conserver étant donné que je n’ai pas de frigo".


Malgré tout, il emporte toujours avec lui quelques objets "modernes" : son smartphone afin de partager ses péripéties sur Instagram et sa voiture "au cas où il lui arriverait quelque chose". Son baluchon ne contient que quelques vêtements, un couteau, une hache et un sac de couchage. "Pour m’occuper, je fabrique des bijoux, des ustensiles, des paniers, des cordes. Je ne m’ennuie jamais. Il y a toujours quelque chose à faire ou un endroit à explorer".


Une passion ou un virus ?

A terme, il aimerait pouvoir vivre ses séjours à l’étranger en autonomie complète, à la manière d’un vrai "homme sauvage" comme il aime à se décrire. "Je trouve cela très important d’essayer de s’en sortir par soi-même." Et ce, même si aujourd’hui il n’est plus vraiment seul étant donné que sa compagne, également passionnée de bushcraft, le suit dans ses expéditions.


"Quand j’ai annoncé pour la première fois à mes proches que je partais faire du bushcraft en pleine nature, ils m’ont dit que j’étais fou", se souvient-il. Depuis qu’il a acquis une petite renommée sur les réseaux sociaux et qu’il projette d’ouvrir sa propre entreprise où il donnerait des cours de bushcraft, il a acquis le respect de ses amis qui se sont mis à s’intéresser à ce qu’il faisait. "Avec le temps, ils ne me demandent plus pourquoi je le fais mais comment je le fais. J’aime bien ce changement".