Comment se forment les embouteillages ?

Jonas Legge Publié le - Mis à jour le

Société Touring a annoncé un week-end orange pour le premier traditionnel exode d'été en Europe. Des files risquent donc de se former ces vendredi 29 et samedi 30 juin en direction du sud.

Mais d'où proviennent ces embouteillages ? Pourquoi certains se forment alors qu'aucun incident n'est à signaler ? Comment les éviter ? Y a-t-il une vitesse optimale à atteindre pour fluidifier le trafic ? LaLibre.be a interrogé Caroline Pourtois, responsable de la Gestion du trafic routier au Service public wallon.

Comment expliquer que les bouchons reviennent comme une ritournelle à l'occasion des grands départs ? La capacité autoroutière est-elle trop limitée ?

Si vous avez plus de véhicules à faire passer que ce que la capacité ne permet, ça va coincer. Des calculs ont établi que 1800 à 2000 véhicules légers peuvent passer par heure sur une bande routière, ce qui fait près de 6000 lorsqu'il y a trois bandes. A 120 km/h, cela correspond au passage d'une voiture un peu moins de toutes les deux secondes. Cet exemple montre bien que le modèle est purement théorique car, à cette vitesse, sur autoroute, les véhicules seraient trop proches les uns des autres, alors que les gens respectent leurs distances de freinage. Mais c'est tout de même sur cette référence que nous nous reposons pour nos calculs.

A quels endroits cette capacité est-elle le plus souvent dépassée ?

Dans les grosses agglomérations, comme Bruxelles, Liège, Charleroi ou Mons. Cependant, en moyenne, la capacité est plus importante dans les grandes villes, où les gens ont l'habitude de se suivre et de conduire proches les uns des autres.

Comment expliquer que certains automobilistes sont parfois à l'arrêt alors qu'aucune file n'est constatée ?

Si un automobiliste freine brutalement, cela va entrainer une espèce d'onde de propagation et toutes les voitures qui suivent vont freiner, jusqu'à obliger l'une des voitures à s'arrêter. Dans le même temps, les véhicules précédents auront redémarré. C'est ce qu'on appelle des "vagues".

Quels sont les autres facteurs aggravants qui vont entrainer des files ?

En cas de pluie, les gens prennent leurs distances de sécurité et, dès lors, ils freinent. Vous avez donc moins de véhicule qui passent par heure. Les changements de bande, la présence de bus et de camions ainsi que les fortes différences de vitesses entre deux voies accentuent également ce phénomène.

Y a-t-il une vitesse optimale à atteindre pour fluidifier le trafic ?

La vitesse où l'on considère que l'on fait passer le plus de véhicules, c'est vers 60 km/h. Il faut donc amener à temps les gens à descendre de vitesse pour qu'ils roulent à une allure constante et qu'ils puissent se suivre de près. Cela requiert un tas d'équipements. Maintenant, éviter totalement une congestion, vous n'y arriverez pas si le nombre de véhicules est trop important.

Augmenter le nombre de voies de circulation, une solution ?

C'est une des techniques pour gérer un flux mais ça n'est pas la panacée car il y aura toujours des blocages à certains endroits à cause d'accidents ou de freinages brutaux.

Est-il envisageable que l'on fasse payer le trafic autoroutier durant les heures de pointe pour amener le trafic sur des routes secondaires ?

C'est une question politique. Nos autoroutes sont quand même fort imbriquées dans les zones urbaines donc il faut bien étudier le phénomène. Faut-il reporter le trafic autoroutier sur des routes nationales ou des petites routes ? Il faut étudier les éventuels danger et impact.

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