Société Ce 30 août, les Espagnols célèbrent la traditionnelle Tomatina, une fête populaire mettant en avant un produit phare de l'Espagne : la tomate. Le rendez-vous devient de plus en plus prisé et a attiré pas moins de 22.000 personnes dans ce petit village de la province de Valence.

Chaque année, le dernier mercredi du mois d'août rassemble les habitants de Buñol et des alentours. Ce grand moment de rires et de divertissement se fait à coup de lancer de tomates. La journée commence à 9h du matin, sur la place du village. Un grand mât couvert de savon est érigé. En-haut de celui-ci se trouve un jambon. Les plus intrépides tentent de remporter le prix en grimpant dessus. A 11h, le coup d'envoi est lancé. En quelques secondes à peine, les lieux sont teintés de rouge. Les camions affluent pour réapprovisionner les soldats. A 12h, une explosion marque la fin de la bataille.

160 tonnes de tomates sont déversées chaque année dans les rues.

Une fête célébrée depuis 1945

Cette bataille est le point culminant d'un festival d'une semaine célébrant le saint patron, Saint Lluis Bertran. Selon la version la plus courante, cette "bataille" de tomates remonterait à 1945, lorsqu'un groupe de jeunes aurait provoqué une bousculade se transformant en bagarre générale. Depuis, cette bataille a lieu tous les ans.

Une affaire qui roule

La fête est devenue tellement connue que le bourgmestre de Buñol a déposé la marque "Tomatina". D'autres villes ont également demandé l'autorisation de l'organiser. "C'est encore de la publicité pour le village, fait-il valoir, et en fin de compte, tout le monde veut vivre l'expérience de la version originale, la nôtre, et c'est ce qui nous convient", a rapporté le bourgmestre à l'AFP.

C'est ainsi que des Tomatinas sont apparues en Colombie, au Chili, à Cuba, aux Etats-Unis, en Inde et même... en Corée du Sud.

Au-delà de la notoriété, la Tomatina a construit un réel plan d'investissement avec des produits dérivés, des trajets depuis les grandes villes d'Espagne, des séjours...

Et c'est sans compter les droits payés par les entreprises qui mettent en scène la fête dans leurs publicités comme Samsung ou Cover Moore.