Etudier loin de chez soi

Fanny Leroy Publié le - Mis à jour le

Société

Jaime est équatorien. C’est un amour d’adolescent qui l’a amené en Belgique. L’idylle est passée, mais Jaime est resté. Intrigué par la justice internationale et ses ressorts, il étudie les sciences politiques à l’université catholique de Louvain (UCL), avant de parfaire sa formation par un master complémentaire en droit international aux facultés Saint-Louis. Polyglotte, il maîtrise, en plus de sa langue espagnole maternelle, le français, l’anglais et l’italien grâce à un échange Erasmus à Bologne. C’est le curriculum vitae bardé d’une formation solide et d’une expérience internationale variée qu’il rentre au pays.

Rapidement, il obtient un emploi dans les instances gouvernementales équatoriennes. Comme Jaime, près de 6 300 étudiants étrangers viennent intégrer l’enseignement de l’UCL à leur formation universitaire, le temps d’un baccalauréat, d’un master ou encore d’un doctorat. Soit un cinquième de la population universitaire. Mais qui sont-ils exactement ? D’où viennent-ils ? Et surtout pourquoi ?

"Parmi les étudiants étrangers inscrits en cycle complet, nous comptabilisons deux tiers de ressortissants européens et un tiers de jeunes originaires d’autres continents", détaille Pierre Escoyez, coordinateur du "Louvain International Desk". Et de poursuivre, "la mobilité est fréquente lors du deuxième cycle. Dans de nombreux pays, le baccalauréat est de qualité. Les étudiants viennent alors en Belgique pour se spécialiser dans une branche particulière suite aux conseils d’un professeur de leur pays natal". Parallèlement, des jeunes en échange de courte durée peuplent aussi la population universitaire. "De plus en plus important est le chiffre de ces étudiants d’échange qui continuent leur cursus à l’UCL après leur Erasmus ou encore reviennent pour un master complémentaire. Ils sont souvent séduits par notre cité universitaire", souligne encore le coordinateur.

Ce bouillon de cultures fait du campus de l’UCL un petit monde à lui seul. "Les étudiants étrangers ne sont pas perdus dans une grande ville. Ils peuvent rapidement entrer en contact avec des communautés analogues à la leur", poursuit Pierre Escoyez. Un soutien indispensable pour ces nouveaux arrivants, surtout s’ils viennent de loin. "Nous comptons de plus en plus d’Indiens, de Pakistanais ou de Chinois parmi nos étudiants étrangers. Signe de la mondialisation", ajoute-t-il. Pour eux, la note est plus salée. "Les étudiants issus de l’Union européenne bénéficient du même tarif d’admission que les étudiants belges. Par contre, pour les ressortissants hors Union européenne les tarifs fluctuent. Un étudiant issu d’un pays en voie de développement paie 1 923 euros en plus de son minerval. S’il est originaire d’un pays industrialisé, la facture s’élève à 3 845 euros en plus du minerval. S’il réussit sa première année, il ne doit par contre plus comptabiliser ce surplus", détaille-t-il encore. Un système aujourd’hui harmonisé entre les différentes universités belges.

Mais avant de s’affranchir de cette somme, l’étudiant doit montrer patte blanche. Soit un niveau suffisant en français (B1) et un cursus préalable suivi dans l’un des établissements de qualité repris dans la liste de l’association internationale des universités. Une fois passé ce premier écrémage, son cas est ensuite évalué par la faculté. "Sa candidature passe devant un jury qui peut l’amener à suivre une année préparatoire si son niveau semble insuffisant", poursuit Pierre Escoyez.

Une fois dans les couloirs de l’UCL, l’étudiant est pris en charge surtout lors des premiers jours. "Nous avons développé différents outils pour accueillir correctement ces jeunes. Des logements leur sont réservés, certains services sont effectifs dans leur langue ou en anglais et ils bénéficient aussi de séances informatives pour les intégrer au mieux", souligne le coordinateur.

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